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On reprend contact avec son corps

Histoire de se donner l’envie d’avoir envie, comme le chante Johnny… On fait du sport, on se glisse dans un bain, on se met de la crème, on use et abuse de tous ces petits riens qui nous rappellent que l’on habite une enveloppe charnelle susceptible de nous donner du plaisir. «Etre bien avec soi-même, se sentir désirable, c’est crucial, même et surtout lorsque l’on n’a pas de partenaire», souligne Laurence Dispaux, psychothérapeute, conseillère conjugale et sexologue.

Et ce n’est pas Coralie Bally qui va la contredire. Directrice de Pole Emotion, une école de pole dance qui propose aussi des cours de strip-tease, elle utilise le mouvement et l’art de l’effeuillage comme «une approche pour se sentir mieux dans son corps, pour apprendre ou réapprendre à s’aimer». L’important n’est donc pas de se dévêtir ou de s’enrouler lascivement autour d’une barre verticale, mais de se sentir séduisante. En la matière, «tout est une question d’attitude, et cela commence par bien marcher et se tenir droite. Beaucoup de femmes adoptent une posture voûtée, et le simple fait de se redresser leur évite de se désoler sur leurs seins qui tombent!»

On bouge, on danse

Comme le rappelle Laurence Dispaux, le mouvement est l’une des clés pour renouer avec sa féminité. On tend à se trouver plus féminine et à identifier ce que l’on aime dans sa silhouette lorsque l’on bouge ou danse. Un aspect fondamental de nous-même que nous oublions facilement entre les courses, le boulot et notre Liste de Choses à Faire longue comme le bras.

Première étape, on se concentre sur son bassin: «Est-ce qu’on l’habite, est-ce qu’il bouge, est-ce qu’on le cache ou le montre?», demande la sexologue. Qui nous enjoint à bouger illico, sans attendre d’avoir perdu deux, cinq ou dix kilos: «Ne pas se focaliser sur ses défauts et aimer son corps tel qu’il est», voilà le début du savoir-séduire selon Laurence Dispaux. Qui rappelle aussi qu’il est essentiel de se regarder «comme un tout, sans se focaliser sur une zone de cellulite ou un bourrelet». Pour se lancer, on garde en tête que les mâles, contrairement à nous, ont tendance à voir un ensemble et non les détails – cette vision globale est d’ailleurs pile ce qui les handicape gravement lorsqu’il s’agit de retrouver le pot de moutarde dans le frigo.

On se met aux fourneaux

Pas parce que certains ingrédients sont réputés aphrodisiaques, mais parce que, comme le résume Sophie Schmutz, de La Folie des Saveurs (l’école de cuisine où elle propose notamment un cours spécial Saint-Valentin), «préparer un bon repas, prendre du temps pour son ou sa partenaire, c’est un geste d’amour qui donne une bonne énergie». Un geste également valable pour les hommes, rappelle-t-elle. «A chaque couple ensuite de voir où cela le mènera – ou pas! Et je préfère mettre des huîtres, gingembre et fruits de la passion au menu, ou cuisiner un plat qui se mange avec les mains, pour plus de sensualité, que prôner l’usage de la corne de rhinocéros, elle aussi réputée aphrodisiaque», rigole-t-elle.

Orchydia, coach en relations amoureuses, mise également sur l’alimentation pour booster la libido. Doutant que nous soyons suffisamment réceptifs aux éventuelles vertus des aliments, elle préfère prôner le manger léger: «Si l’on se nourrit tout le temps de fast-food et d’aliments lourds, il ne faut pas s’étonner de n’avoir aucune énergie sexuelle ou vitale.» Pour retrouver la pêche, elle conseille de privilégier fruits et légumes, bref, les aliments alcalins – «un mot dans lequel on entend… câlin».

On prend du temps pour soi

Pour Laurence Dispaux, «rêvasser est essentiel, car la rêverie amène le fantasme». Donc oui, on va flemmarder encore un moment sur ce canapé, sans culpabiliser parce qu’on aurait dû ranger ou faire les courses. Mission suivante: écouter ses fantasmes. Pour nourrir son imaginaire, elle nous encourage: «Il faut s’autoriser à se nourrir des regards réciproques avec les hommes que l’on peut croiser.

Ensuite, lorsque l’on voit une personne à son goût, pourquoi ne pas se faire un petit film?» Pas besoin de passer à l’acte, l’idée est plutôt de recycler – totalement ou en partie, à chacune de voir – scènes, images, émotions dans sa vie de couple. Mais au fait, les fantasmes, on les garde pour soi ou on les partage avec son conjoint? Cela dépend des personnes, répond la sexologue, pour qui l’important est davantage de «les laisser s’exprimer et les écouter».

On ne se laisse pas aller

«J’ai rencontré beaucoup de femmes qui se négligeaient, s’habillaient n’importe comment et ne comprenaient pas pourquoi leur couple battait de l’aile», soupire Coralie Bally. Que l’on se rassure, l’idée n’est pas de se jeter sur ses talons aiguilles et sa trousse de maquillage au saut du lit. «On peut adopter une tenue détendue, à condition d’en choisir une qui nous met en valeur. Même lorsque l’on porte un vêtement confortable, le message que l’on donne à son partenaire doit rester: «Nous sommes un homme et une femme dans un rapport de séduction et non deux colocataires.»

Avis aux hommes, c’est aussi valable pour eux: le port du caleçon troué ou du peignoir douteux et la pratique semestrielle de la douche ne nous donnent pas précisément envie de leur sauter dessus. «Prendre soin de soi est un message qui annonce à l’autre que l’on fait attention à lui, que l’on fait un effort pour lui plaire, exactement comme lorsque l’on se met aux fourneaux pour lui préparer un bon petit plat», rappelle Sophie Schmutz.

On assume son audace

On arrête de se demander ce que les autres – voisins, collègues, copines – vont penser de notre nouvelle coupe de cheveux, de la longueur de cette jupe, de la hauteur de talons de nos dernières bottes (et encore moins du fait qu’on se soit encore acheté une paire de bottes). «Osez être jolie et séduisante, tout simplement», résume Coralie Bally.

On lui dit quand il est à croquer

Aux oubliettes les reproches, la colère, l’agacement, véritables extincteurs de libido, rappelle Laurence Dispaux. Donc on ne dit pas: «Tu ne me fais jamais de massage!» ou «tiens, tu as encore mis un sac de patates aujourd’hui?» – eh oui, c’est également valable pour nos camarades de jeu – mais on tâche de complimenter l’autre les jours où il a tout bon.

Bien sûr que cela arrive! Tiens, ce matin il a fait le café, il porte un pull qui met en valeur ses beaux yeux verts ou vous le trouvez à croquer quand il sort de la douche… Eh bien exprimez-le, au lieu de le garder pour vous. Cela aura aussi le mérite de modifier votre point de vue en vous remettant en mémoire pourquoi vous êtes tombée amoureuse de cet homme-là, un jour, même lointain. Et cela l’amènera peut-être à en faire autant.

On casse la routine

Pas besoin de s’envoler à Honolulu pour changer ses habitudes: Coralie Bally rappelle que cela peut consister à «mettre un pull un peu décolleté, troquer des sous-vêtements ternes contre des roses, bref, tout ce qui peut nous amener à nous sentir sexy». Pour les couples avec enfants, s’offrir une soirée à deux par semaine en donnant les petits à garder peut être salutaire, conseillent Coralie Bally et Laurence Dispaux à l’unisson. Cela permet de sortir de son rôle de parents et de sa fonction au travail, bref, de redevenir simplement un homme et une femme.

On range sa chambre à coucher

«Ce que vous mettez sous vos yeux influence votre humeur», rappelle Orchydia. Un amas de linge et de vieilles chaussettes, un lit aux draps douteux, cela vous donne envie de faire des galipettes, à vous? Et en plus de nous remonter la libido, un chez-soi en ordre, c’est excellent pour le moral. Ça, c’est le feng shui qui le dit.

On réinstaure une once de mystère

Après quelques années de cohabitation, on a tendance à ne plus vraiment faire attention à l’autre et à bondir hors de la salle de bains le visage tartiné d’un masque à l’argile verte en braillant: «Qui a encore oublié de baisser la lunette des WC?» Pour restaurer une saine distance, pas besoin de faire compliqué, «fermer la porte de la salle de bains et l’utiliser chacun à son tour peut suffire», rappelle Laurence Dispaux. Impossible? Pour elle, cela peut aussi se passer dans notre tête: «Préserver son espace psychique, son jardin secret, est une autre option, comme surprendre l’autre de temps en temps et se laisser surprendre.»

On ralentit, on s’écoute

On sort du «faire», comme le conseille Catherine Delorme, d’Espace Tantra Yoga. «Le but de la sexualité tantrique n’est pas forcément d’atteindre l’orgasme, mais plutôt de sortir de la superficialité des relations pour aller à la rencontre de l’autre», résume-t-elle. Cette superficialité, autrement dit le sexe pour le sexe, lasserait rapidement, surtout les femmes: «La démarche tantrique nous permet de prendre conscience des mécanismes qui nous empêchent d’être en relation avec nous-même et avec l’autre.» Famille, éducation, société, croyances nous amènent à les ériger, nous coupant ainsi de nos émotions.

Catherine Delorme prône un retour à «un sain égoïsme, à écouter ce qui se passe en soi et en son ou sa partenaire. A recréer un lien avec notre intimité, qui libérera notre énergie vitale et sexuelle.» Etre à l’écoute, laisser venir, se donner de l’espace sans chercher à le combler ou à combler l’autre… cela semble plus facile à dire qu’à faire. Elle nous propose d’explorer cette attitude au moyen d’un exercice en apparence tout simple: «Commencez par sentir votre main, sa chaleur croissante, et caressez votre partenaire avec cette perception de votre main. Soyez à l’écoute de cette sensation sur son corps sans autre but, ne cherchez pas à combler l’autre, écoutez-vous. Plus lentement vous effectuerez ce geste et plus vous entrerez dans la sensation de la main, dans le corps et dans la découverte du corps.» Une caresse qui se suffit à elle-même, où l’on ne va rien chercher à obtenir de l’autre.

On use et abuse du baiser, hautement libidogène

En médecine chinoise, on considère que la bouche est reliée par des méridiens au périnée et au coccyx, deux points d’énergie sexuelle. Pour les philamatologues ou spécialistes de la science du baiser, cet acte diminuerait le stress. Par ailleurs, embrasser augmente notre fabrication d’ocytocine, l’hormone de l’amour, et fait baisser notre taux de cortisol, celle du stress. Une étude réalisée au département de psychologie expérimentale de l’Université d’Oxford s’est récemment intéressée à ce comportement de séduction humain, aussi répandu qu’il est unique. Les chercheurs se sont interrogés sur la fonction du baiser. Résultat, il y en aurait trois: évaluer (on ne sait trop comment) la qualité des gènes du partenaire, accroître l’excitation, notamment pendant les préliminaires, et maintenir la relation. Un éventail très complet.

Albertine
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