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Les check-up sont-ils utiles?

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«Le check-up s’adresse à toutes et à tous, y compris à des personnes qui se considèrent en bonne santé. Les études scientifiques recommandent régulièrement un contrôle médical. Votre médecin traitant est votre partenaire privilégié pour réaliser un tel bilan. La Policlinique médicale universitaire (PMU) offre aussi cette possibilité.» Pour les internautes qui découvrent ce message que la Policlinique médicale universitaire (PMU) diffuse sur le site internet du CHUV, l’affaire est entendue: même si l’on n’a aucun symptôme, un bilan de santé régulier est une bonne mesure de prévention, dont les bénéfices sont démontrés.

L’idée sous-jacente est d’ailleurs largement relayée par toute une série de professionnels de santé: identifier précocement certains facteurs de risque (hypertension artérielle, excès de cholestérol, obésité, tabagisme), et les traiter le cas échéant, permettrait de prévenir le développement de certaines maladies, cardiovasculaires et cancéreuses, notamment. Le fait que la plupart des établissements d’assurances exigent un check-up de leurs assurés potentiels pour sélectionner les risques semble confirmer le bien-fondé de cette démarche. Ces recommandations, de nombreuses personnes les suivent, se soumettant à un check-up régulier, parfois dès l’âge de 35 ans. Par ailleurs, comme le relève l’Office fédéral de la statistique dans une enquête parue en 2005, «avec l’âge, les visites de contrôle («check-up») représentent une part de plus en plus importante des consultations médicales». Pourtant, selon les récentes conclusions d’un travail de synthèse de la littérature scientifique, il n’existe en réalité pas de preuve des bénéfices de ces bilans de santé, ni sur la morbidité, ni sur la mortalité par cancer ou par maladies cardiovasculaires, ni sur la mortalité en général.

Par ailleurs, les check-up auraient des effets nocifs: «Certains éléments indiquent que les bilans de santé entraînent davantage de diagnostics et de traitements, et donc d’effets secondaires liés aux médicaments, précise Lasse Krogsbøll, qui a dirigé les travaux. Ils ont aussi des effets psychologiques négatifs, puisqu’ils transforment en patients des personnes en bonne santé.» Ces conclusions sont pour le moins déroutantes: recommande-t-on depuis des décennies une mesure dont on n’a pas la preuve qu’elle est efficace et non dommageable? La question mérite d’être posée, car ce travail de synthèse a été mené par le Centre nordique Cochrane à Copenhague, un centre de recherche et de formation indépendant, membre de la Collaboration Cochrane.

Limiter les examens pratiqués

La Collaboration Cochrane est un réseau international indépendant à but non lucratif, dont la mission est de préparer et de diffuser des évaluations systématiques (revues systématiques) sur les effets des mesures de santé. Ces évaluations sont reconnues internationalement pour leur fiabilité, due notamment à la rigueur de la démarche. Un processus qui consiste à sélectionner les études les mieux faites parmi toutes celles qui ont été publiées sur un sujet précis, pour en synthétiser les résultats. «Cette revue systématique est importante, même si elle comporte des limites, estime le professeur Jacques Cornuz, directeur de la PMU. Amon sens, elle confirme l’orientation très restrictive que nous avons adoptée depuis 10-15 ans: à la PMU, nous ne pratiquons que les examens fondés sur les recommandations d’un panel d’experts américains indépendants, qui se fonde sur les meilleures preuves disponibles. C’est-à-dire un dépistage régulier de l’excès de cholestérol, de l’hypertension artérielle et de l’obésité, mais pas de formule sanguine, ni d’éléctrocardiogramme, ni d’examens radiologiques, par exemple. Nous sommes avant tout dans le conseil et les propositions de dépistage ciblé – rien de systématique. Les conclusions Cochrane devraient en fait surtout retenir l’attention des médecins et des cliniques qui procèdent à des bilans comportant toute une série d’examens dont l’utilité reste douteuse.»

«Ceux qui pratiquent des dépistages systématiques sur des personnes en bonne santé doivent pouvoir en documenter les bénéfices et se fonder sur un rapport bénéfice/risque favorable, rappelle Lasse Krogsbøll. Or, en dépit de nos recherches dans les meilleures preuves disponibles, nous n’avons rien trouvé de tel.»De fait, pour le chercheur, les connaissances actuelles permettent seulement de prodiguer les conseils suivants: «Allez trouver votre médecin si vous vous sentez malade ou si vous avez des inquiétudes quant à votre santé. Soyez actifs physiquement, ne fumez pas. Et ne faites pas de check-up.»

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