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L'abus de tranquillisants et somnifères augmenterait le risque d'Alzheimer

Pas loin du tiers des plus de 65 ans consomment des benzodiazépines comme tranquillisants ou comme somnifères, et le plus souvent de façon chronique, relève le professeur Bernard Bégaud, pharmaco-épidémiologiste (Inserm/université de Bordeaux).

Le responsable de cette nouvelle étude, à paraître prochainement dans une revue scientifique et dévoilée par le magazine Sciences et Avenir, espère que l'"on ne va pas attendre encore quinze ans de continuer à être les champions du monde de la consommation de psychotropes", avant de réagir. D'autant, explique-t-il, que ce n'est pas la première étude qui va dans le sens d'une association entre la consommation au long cours des benzodiazépines - tranquillisants, somnifères - et la maladie d'Alzheimer.

Chaque année, en France, plusieurs milliers de cas d'Alzheimer, soit quelques pourcent des nouveaux cas, seraient ainsi attribuables à ces traitements par benzodiazépines (BZD) ou apparentés, et leurs génériques: Valium, Témesta, Xanax, Lexomil, Stilnox, Mogadon, Tranxène, etc. Environ 120 millions de boîtes sont vendues par an. La France consomme cinq à dix fois plus de somnifères ("hypnotiques") et d'anxiolytiques que ses voisins européens, rappelle Sciences et Avenir.

"Limiter les prescriptions inutiles"

"Si en épidémiologie, il est difficile d'établir un lien direct de cause à effet, dès qu'il existe une suspicion, il paraît normal d'agir et d'essayer de limiter les nombreuses prescriptions inutiles", explique le Pr Bégaud. La durée du traitement aussi devrait respecter les règles et ne pas excéder douze semaines par exemple pour les anxiolytiques.

Les malades présentent souvent des troubles du sommeil, de l'anxiété, voire de la dépression, avant que la maladie d'Alzheimer ne soit diagnostiquée. Aussi, l'étude a sélectionné parmi les sujets de plus de 65 ans de la cohorte Paquid dédiée à l'étude de cette démence, ceux qui ne présentaient aucun de ces symptômes pouvant être interprétés comme signes avant-coureurs de la maladie au moment de la prescription.

En comparant consommateurs et non-consommateurs de BZD, les chercheurs bordelais ont retrouvé l'association entre prise chronique de ces psychotropes (durant deux ans à plus de dix ans) et le risque d'Alzheimer. "Quand on considère la souffrance terrible pour la personne, pour sa famille, pour l'entourage et le coût pour la société de cette maladie, c'est un signal qui ne peut pas être négligé", affirme le spécialiste. Un effet délétère des BZD se traduirait par plusieurs milliers de cas induits de cette démence, d'après lui.

Contrairement aux chutes et fractures occasionnées par les BZD, les effets cérébraux ne sont pas immédiats, et ne sont perceptibles que quelques années après le début du traitement, relève ce médecin. La majoration du risque, 20 à 50%, peut paraître minime à l'échelle individuelle, mais pas à l'échelle de la population du fait de la consommation de ces traitements par les personnes âgées, d'après lui.

La façon dont agirait les BZD sur le cerveau pour augmenter ce risque reste cependant un mystère. Le problème était déjà évoqué en 2006 dans un rapport de l'Office parlementaire des politiques de santé sur les médicaments psychotropes. "Depuis, il ne s'est strictement rien passé", déplore le spécialiste.

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