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Une femme sur deux a déjà utilisé un vibromasseur au cours de sa vie. C’est ce que concluait, en 2009, une étude du Journal of Sexual Medicine menée auprès d’Américaines de 18 à 60 ans. Pas étonnant que l’industrie mondiale du sex toy pèse aussi lourd: 27 milliards de francs par an. Et le marché est en pleine croissance... Que de chemin parcouru en cent trente ans! Si l’on avait dit au Dr Mortimer Granville, inventeur en 1883 du premier vibromasseur électrique au monde, que sa création servirait un jour à donner du plaisir aux femmes, ce sujet de sa Gracieuse Majesté aurait sans aucun doute trouvé l’idée saugrenue. Quoi, une lady pourrait être satisfaite sexuellement autrement qu’en se faisant pénétrer par un pénis masculin? Shocking!

Hysteria ( sur les écrans romands dès le 14 décembre) plonge au cœur de cette Angleterre victorienne où une maladie était considérée comme la plus répandue de toutes, hormis la fièvre: l’hystérie. Ses symptômes? Insomnie, irritabilité, crises de nerfs, humidité excessive du vagin, voire «suffocation de la matrice». Ses victimes? Les femmes. En particulier celles de la haute société, corsettées dans un puritanisme de bon aloi. Pour soigner leurs patientes, les médecins usaient d’une méthode remontant à l’Antiquité: le massage vulvaire. En d’autres termes, la masturbation comme remède, déjà préconisée par Galien, médecin de l’Antiquité. Après tout, le désir féminin n’était-il pas considéré comme pathologique? La tâche deman dant un effort physique de la part des praticiens (certaines séances peuvent durer une heure) Mortimer Granville imagine alors un appareil susceptible de soulager les crampes dont il souffre quand il traite ses patientes. Son idée n’est pas neuve puisque, quatorze ans plus tôt, l’Américain George Taylor avait déjà conçu un appareil similaire fonctionnant à la vapeur. Mais le «Granville’s Hammer» (le marteau de Granville) est une véritable révolution technologique car il marche grâce à une nouvelle source d’énergie qu’on commence tout juste à découvrir: l’électricité. En outre, l’objet permet de traiter jusqu’à six patientes en une heure. Fortune assurée.

A l’Exposition universelle en 1900

Ce que le film ne raconte pas, c’est que l’histoire de l’invention de Mortimer Granville ne s’arrête pas là. Il faudra une vingtaine d’années au vibromasseur pour quitter les cabinets médicaux et devenir un objet d’usage courant. Lors de l’Expo universelle de Paris, en 1900, une collection de sex toys est présentée aux visiteurs. Deux ans plus tard, la firme américaine Hamilton Beach met en vente le premier exemplaire grand public. Puis le grand magasin Sears l’ajoute à son catalogue de vente par correspondance. Une publicité datant de 1918 le décrit comme «une aide que toute femme apprécie» et précise qu’il est «très satisfaisant et utile pour l’usage domestique». Mais si l’usage s’en démocratise, le vibromasseur reste présenté comme un masseur corporel. Même si personne n’est dupe.

Très vite, on voit apparaître des vibromasseurs dans les premiers films pornographiques. Plus question désormais pour la société – encore très pudibonde – du milieu du XXe siècle d’admettre qu’on en possède un. L’objet du délit est confiné dans les sex-shops et les maisons closes. Mais la révolution sexuelle aidant, il retrouve ses lettres de noblesse. Le premier vibro sans fil est breveté le 28 mars 1968. Dans les années 70, la firme japonaise Hitachi lance un modèle à tête ronde. Suivra, dix ans plus tard, le «rabbit» qui stimule à la fois le vagin et le clitoris. Encore une décennie et on voit apparaître le vibro de poche. De nos jours, il en existe sous toutes les formes: canard, œuf, rouge à lèvres, téléphone... Certains fabricants américains ont même imaginé des modèles imitant des carottes, des concombres et des épis de maïs. La vague écolo aidant, les sex toys modernes sont composés de matérieux non toxiques (sans phtalates) et biodégradables. Qu’on ne s’y trompe pas: le vibromasseur n’est pas définitivement entré dans les mœurs pour autant. Aujourd’hui encore, la vente d’«articles obscènes» – sex toys, donc – est passible d’une peine d’un an de prison et de dix mille francs d’amende. Pas dans quelque nation intégriste du Moyen-Orient, mais aux Etats-Unis. L’Alabama est ainsi l’un des huit Etats américains à interdire la vente de jouets sexuels, alors qu’il autorise celle d’armes semi-automatiques. A croire qu’il y a plus dangereux qu’un pistolet: un orgasme féminin.

A voir: «Hysteria», de Tanya Wexler. Avec Hugh Dancy, Maggie Gyllenhaal, Rupert Everett. Sortie le 14 décembre 2011 sur les écrans romands.

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