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A Milan, un matou s’est retrouvé il y a quelques mois, devant les tribunaux. Accusé par son maître de lui couper ses moyens en l’épiant au moment d’accomplir le devoir conjugal. Plutôt cocasse, l’affaire. Reste qu’elle soulevait une question aussi banale que gênante: comment avoir une vie sexuelle active lorsqu’on dort avec son animal de compagnie? Pas simple. Eloïse, propriétaire de Bonbon, un vieux matou, en a fait l’expérience. Cette Lausannoise de 27 ans se souvient que son ex fermait systématiquement la porte de la chambre à coucher lorsque le couple se mettait au lit. Pour empêcher le chat d’entrer. «Un jour, il a oublié, confie-t-elle. Bonbon s’est posté juste à côté du lit et a fixé Loïc pendant qu’on faisait l’amour. Mon copain m’a dit: «Je ne peux pas, il me regarde!»

Selon Juliette Buffat, sexologue à Onex (GE), c’est plus souvent l’homme qui est gêné par la présence de l’animal pendant ses ébats. Rivalité? Après tout, l’intrus à quatre pattes s’immisce, par sa présence, dans l’intimité du couple. En spectateur, la plupart du temps. Voire pire. «Nous étions sur le canapé avec ma copine de l’époque, un dimanche après-midi, se souvient Pedro, 29 ans. En plein milieu de l’acte, son chat est apparu dans mon champ de vision. Il m’a fixé pendant quelques secondes avant de grimper sur mon torse (j’étais sur le dos, elle à califourchon sur moi). Je l’ai repoussé une demi-douzaine de fois de mon bras. Il revenait à chaque fois sous mon menton, jusqu’à ce qu’un geste un peu brutal de ma part ne le fasse définitivement déguerpir. Nous avons pu ainsi terminer tranquillement ce que nous étions en train de faire. A deux.» D’autres prennent le voyeur avec bonhomie, mais sont confrontés aux réactions de leurs partenaires. Ainsi, Marc, 30 ans, qui vit avec deux chats, raconte que sa première petite amie possédait aussi un félin. «Quand on se mettait au lit, elle le jetait toujours dehors, sûre qu’il allait être traumatisé. Moi, je pense que la dimension sexuelle de la chose lui échappait complètement.»

Pas si innocents

Les grands yeux que Mistigri et Médor posent sur nous pendant que nous batifolons seraient donc innocents? Pas si sûr, pour le vétérinaire Antoine Adam. «J’imagine qu’ils comprennent ce qui se passe, car c’est aussi le cas lorsqu’il voient des membres de leur espèce copuler, dit le praticien de St-Prex (VD). En revanche, ils ne perçoivent pas nos phéromones car ils ne peuvent sentir que celles produites par leur propre espèce.» Quant au risque que l’animal soit choqué de voir «papa» et «maman» s’agiter sous la couette, rappelons que chats et chiens ne sont pas des enfants. Dans une meute, rappelle le vétérinaire, «lorsque la femelle dominante copule, les autres assistent à la scène sans que ça pose de problème.»

Aux Etats-Unis, un sondage de l’American Pet Items Association révèle que 62% des maîtres de chats et de petits chiens partagent leur lit avec leur animal. En Suisse, aucune enquête n’a encore été consacrée au sujet. Mais selon les estimations de l’Office fédéral vétérinaire, 26% des ménages helvétiques possèdent un ou plusieurs chats et 13% un chien. Si la proportion de Suisses qui dorment avec leur compagnon à quatre pattes est la même qu’aux Etats-Unis, on peut en conclure que 930 000 chats et 280 000 chiens helvétiques font lit commun avec leur maître. Soit plus d’un million d’animaux qui soit assistent aux ébats des humains, soit se voient éjectés de la chambre au moment crucial. Pourtant, le sujet est rarement abordé ouvertement. «La question semble taboue, confirme Juliette Buffat. Comme les parents qui dorment avec leur enfant, les maîtres ne mettent pas en avant qu’ils dorment avec leur bête. Cela fait partie de leur vie intime.» Lorsque la cohabitation se passe bien, aucune raison d’en parler.

Et dans le cas contraire, comment avouer qu’on est gêné ou jaloux de la présence de l’animal ou, pis, qu’on a l’impression que la bête est jalouse de nous? «Il peut y avoir de la rivalité, si le chien est un mâle et que sa maîtresse a un nouveau copain, poursuit le vétérinaire Antoine Adam. Ce n’est pas réellement de la jalousie car pour être jaloux, il faut pouvoir se projeter dans la tête de l’autre. Les chiens ou les chats en sont incapables. Mais en laissant le chien dormir là où il veut, en l’occurrence le lit de sa maîtresse, on lui donne le rôle de chef de meute.» Et quand on lui vole sa place de dominant, même le plus mignon des toutous n’apprécie pas. D’où un risque de grognements, de morsures, voire d’automutilations car l’animal est déboussolé. Pour éviter d’en arriver là, mieux vaut ne jamais s’habituer à dormir avec son animal. Mistigri et Médor ne sont pas des doudous vivants.

En bref

New York: éducation sexuelle obligatoire

Pour la première fois depuis près de vingt ans, les écoles et lycées publics new-yorkais inscrivent à leur cursus un cours d’éducation sexuelle. Selon le New York Times, le cours sera obligatoire pour tous les élèves dès la 5e année (aux Etats-Unis, dès 10 ans). Il sera donné à partir de la rentrée du 8 septembre. Le but? Sensibiliser en particulier les ados noirs et latinos qui, statistiquement, sont ceux chez qui on rencontre le plus de grossesses non désirées et de MST.

Sex toys nocifs

Les sex toys sont dangereux pour la santé. C’est ce qu’affirment les écologistes allemands, qui ont alerté leur gouvernement sur la composition des plastiques utilisés dans la fabrication de vibromasseurs et autres gadgets sexuels. Ces derniers contiendraient trop de phtalates. Or les phtalates sont accusés, comme les parabènes, de perturber le système hormonal et de favoriser cancers, malformations du fœtus et stérilité. Les Verts demandent aux autorités de mettre en place une réglementation limitant la quantité de substances chimiques contenues dans les jouets sexuels.

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