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L'équipe d'Alois Stutzer de la Faculté des sciences économiques a mené son expérience avec des étudiants lors d'une action pour le don du sang organisée par la Croix-Rouge, a indiqué mardi l'Université de Bâle. Les 1850 participants ont reçu de manière aléatoire un des trois questionnaires préparés par les chercheurs.

Le premier groupe a simplement été informé de la possibilité de donner son sang. Les membres du deuxième groupe ont dû eux déterminer par écrit s'ils s'engagent ou non à donner leur sang. Les répondants au troisième questionnaire ont également été priés de donner leur consentement ou leur refus par écrit, mais ils pouvaient différer la décision.

Motivation doublée

Chez les membres du groupe 2, la probabilité de don du sang a plus que doublé par rapport au groupe 1, passant de 5% à 12%, ont indiqué les chercheurs dans la revue "The Economic Journal". La probabilité a d'ailleurs aussi augmenté dans le groupe 3, mais dans une moindre mesure.

Cette progression ne s'applique toutefois qu'aux étudiants qui n'ont jamais réfléchi auparavant à la question du don du sang, relativisent les chercheurs. Les sondés qui, comme le questionnaire le montrait, s'étaient déjà intéressés à l'utilité de donner son sang, n'ont pas été influencés.

Le fait d'exiger du sondé qu'il s'engage par écrit conduit celui-ci à s'interroger sérieusement sur les avantages ou inconvénients du don du sang. Il est appelé à déterminer la valeur et l'utilité sociale qu'ont pour lui le don du sang, en conclut l'équipe bâloise.

Pensées désagréables refoulées

Si une personne ne participe pas à une activité favorable au bien commun, cela ne signifie pas pour autant qu'elle rejette cette activité en soi, poursuivent les chercheurs. Peut-être n'a-t-elle tout simplement jamais sérieusement examiné la question.

Ce cas de figure se présente en particulier lorsque le thème en question est désagréable. Par exemple, personne n'a envie de s'imaginer un jour avoir besoin d'une transfusion, expliquent les chercheurs. Parce qu'ils refoulent ces pensées désagréables, beaucoup de donneurs potentiels passent à côté de l'utilité du geste, qui permet de sauver des vies.

Alois Stutzer et ses collègues envisagent d'autres possibilités d'utilisation de leur découverte. Leurs prochaines expériences devraient permettre de définir s'il est possible d'envisager ainsi d'augmenter la motivation pour le don d'organes.

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