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Question à mille points: que peuvent bien avoir en commun les forêts, la trisomie 21 et l’élimination de la discrimination raciale? Ils sont tout trois «célébrés» le 21 mars. Par ailleurs on aura pensé, la veille, à ne pas consommer d’entrecôte parisienne, puisque le 20 mars est la Journée internationale sans viande. Le tout en s’hydratant suffisamment en prévision du surlendemain, Journée mondiale de l’eau. Vous l’aurez compris, difficile de trouver dans le calendrier une date qui ne soit pas la Journée internationale ou mondiale de quelque chose, sans parler des journées nationales et européennes. A la louche, il y en aurait au bas mot 250. A la louche, car il n’existe pas d’organe officiel qui recense toutes ces célébrations, et c’est bien là que le bât blesse: n’importe qui peut proclamer la journée du pissenlit, de la souris sans fil ou de l’amour du prochain (qu’il ne faudra pas mélanger avec la Journée mondiale de la gentillesse, le 13 novembre).

A elle toute seule, l’Organisation des Nations Unies (ONU) et ses agences en ont officialisé plus d’une centaine (lire encadré). La plupart d’entre elles sont certes hautement sérieuses, mais l’accumulation en elle-même rend parfois l’exercice périlleux. Ainsi, mieux vaut par exemple ne pas confondre le 12 août (Journée internationale de la jeunesse) avec le 12 juin (Journée mondiale contre le travail des enfants) et le 12 février (Journée internationale des enfants soldats). Compliqué.

Un peu de sérieux

Mais l’ONU n’est de loin pas la seule à promulguer des Journées avec un «J» majuscule. Nombre d’entre elles sont ainsi le fait d’ONG, comme la Journée mondiale des lépreux, créée grâce à l’impulsion du philanthrope suisse Raoul Follereau, surnommé l’apôtre des lépreux. D’autres sont nées sous l’impulsion de l’église catholique (la Journée mondiale de la paix, le 1er janvier), d’autres encore d’associations, de groupes de pression, voire carrément d’entreprises. Une marque de pistaches a ainsi promulgué le 26 février Journée mondiale de la pistache, alors qu’elle est déjà celle contre l’ordonnance sur les brevets en Inde, un sujet autrement plus sérieux.

Recensement en ligne

Vincent Tondeux, créateur de sites Internet, est devenu un peu par hasard une référence dans ce drôle de domaine. C’est à force d’entendre chaque matin à la radio, sur le chemin de son bureau, qu’il y avait telle ou telle journée fêtée ce jour-là qu’il a eu l’idée de créer, en 2004, journée-mondiale.com. Un site tout simple qui tente de recenser ces journées. «Notre première surprise a été de réaliser qu’il y en avait beaucoup! Nous continuons d’ailleurs à en ajouter, au fur et à mesure. La plupart du temps, ce sont des gens qui nous appellent pour nous signaler que nous avons oublié telle journée. Nous faisons des vérifications, regardons si elle est effectivement déjà célébrée d’une manière ou d’une autre, et nous l’inscrivons dans notre base de données le cas échéant. Nous en avons aujourd’hui 240.» A boire et à manger, pourrait-on dire, mais il faut tout de même se méfier des apparences. «Regardez la Journée mondiale du lavage des mains. Au premier abord, on pense à une blague, mais si on creuse un peu, on réalise que l’objectif sanitaire de cette journée est très important, et que se laver les mains éviterait des milliers de morts!»

Pareil pour le 19 novembre, journée mondiale des toilettes. Pas question ici de faire la promotion du canard WC, mais simplement d e rappeler qu’avec 2,4 milliards de personnes qui vivent aujourd’hui sans toilettes, l’enjeu de santé publique est énorme. Et cette journée, promue par l’Organisation mondiale des toilettes, permet de braquer les projecteurs sur cette problématique, sensibiliser les gens et lever des fonds.

Car c’est bien à cela que sert une Journée. «En communication, les Journées sont un excellent filon!» analyse Mario Sessa, chargé d’enseignement à l’Institut des sciences du langage et de la communication de l’Université de Neuchâtel. «Si elle est «connue», comme la Journée mondiale de lutte contre le sida (lire interview ci-contre), on est «condamné» à en parler. Si elle ne l’est pas, ou a un intitulé un peu saugrenu, elle mérite qu’on la fasse connaître.»

Trop, c’est trop!

Seul obstacle à leur notoriété, leur nombre grandissant: ainsi, il faudra choisir si l’on préfère, le 29 octobre, militer contre le psoriasis ou les accidents vasculaires cérébraux. Ou s’il vaut mieux parler des droits de l’enfant ou de l’herpès le 20 novembre. Choix cornélien. «Comme il y a énormément de journées, elles attirent l’attention à une seule condition: qu’elles soient relayées auprès du public, nuance Mario Sessa. Faites l’exercice, et demandez autour de vous combien de journées les gens connaissent. Une personne lambda pourra en citer une dizaine, pas plus, et toujours les mêmes. Celui qui en connaît davantage est un militant.»

Dernière tendance dans le monde déjà pléthorique des Journées: celles «sans». Sans portable, sans Facebook, sans viande, sans voiture… Un mois avant Noël, le 26 novembre était ainsi la Journée mondiale sans achats. Pas sûr que la consigne ait été très suivie. «Comme pour l’offre d’information, le choix est ici pléthorique, nous sommes donc condamnés à faire des choix, en fonction de nos affinités respectives», conclut Mario Sessa.

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L’ONU, grand pourvoyeur de journées

Plus de la moitié des Journées mondiales et internationales sont le fait de l’ONU. Mais l’impulsion de départ vient le plus souvent d’une ONG, qui veut donner un rayonnement particulier à la cause qu’elle défend en créant une journée ad hoc. L’ONG doit alors demander à un pays (la plupart du temps celui dans lequel elle est basée) de relayer sa demande auprès de l’assemblée générale des Nations Unies. La demande, qui prend la forme d’une résolution, est alors votée. Si elle est acceptée, elle est marquée dans la liste officielle de l’ONU. Ainsi, c’est l’association ATD Quart-Monde qui a demandé à la France de la soutenir pour la création de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, le 17 octobre. «La responsabilité de donner une certaine visibilité à ces journées se partage entre l’ONU, les autres organismes internationaux et les ONG, explique Corinne Momal-Vanian, directrice du service de l’information des Nations Unies, à Genève. Par exemple, c’est l’Office mondial de la santé, l’OMS, qui a institué en 1987 la Journée mondiale sans tabac, le 31 mai.»

En général, l’ONU fait la promotion de ces journées sur ses sites Internet et via les médias sociaux. «C’est l’occasion de mettre à jour les infos, de publier des statistiques, et nous planifions des événements ici, au Palais. Le 27 janvier, nous organisons ainsi un événement solennel en lien avec l’Holocauste (ndlr: Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste), avec concerts et exposition photo.» Question existentielle: pourquoi certaines journées sont-elles mondiales, et d’autres internationales? «Cela dépend de la formulation qu’ont choisie les initiateurs du projet, et cela n’a pas de rapport avec le soutien reçu par la résolution. D’ailleurs, la très grande majorité d’entre elles sont adoptées par consensus.»

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