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Saisie de données par ci, commande de billets par là, opérations bancaires, ou postales... Les entreprises et les services publics nous font bosser. Sans nous payer. Démonstration sur une journée ordinaire.

6 h 45

Le réveil sonne. A regret, j’abandonne mes rêves et la couette. Pas le temps de traîner aujourd’hui. Douche, habillage, maquillage, petit-déjeuner. Je saisis mon sac favori et mes lunettes de soleil et je me rue dans l’ascenseur toutes griffes mode dehors. C’est évidemment entre le 5e et le 4e étage que je me rends compte que j’ai oublié le sac-poubelle. Pas question de laisser les restes du poisson d’hier soir jouer au parfum d’ambiance, je remonte. Petit détour non prévu par le point de collecte le plus proche. Eh oui, ma commune vient de supprimer le ramassage des ordures à domicile.

7 h 30

Arrêt de bus. Tiens, le distributeur a changé et je ne suis pas la seule à essayer de déchiffrer le mode d’emploi. «La touche pour 3 arrêts, c’est laquelle?» Viiite, le bus arrive alors que j’en suis à mon 3e essai. Un charmant retraité qui, lui, maîtrise la bête, vient à mon secours. Merci, mais le bus est parti. Décidément, un abonnement s’impose.

7 h 50

A la gare: je farfouille dans mon sac. Il est où ce billet? Pour éviter les files – au guichet ou devant les distributeurs – je me suis mise à «faire» mon billet moi-même. Bon, hier soir, j’ai dû m’y reprendre à deux fois. Je ne maîtrise pas encore parfaitement la manœuvre et l’encre de mon imprimante est limite (achat d’urgence à glisser pendant la pause de midi). Ce serait peut-être le moment de passer au smartphone. Mais lequel? Je vais lancer une procédure de consultation par mimes proches les plus geeks et surfer sur des sites comparatifs dès que possible…

8 h 40

Je bois un café tiré en vitesse à la machine de la cantine et j’allume mon ordi. Ça clignote, ça sonne, je dois im-pé-ra-ti-ve-ment installer le programme qui le mettra à jour. Oh noooon, pas aujourd’hui, pas maintenant, j’ai un dossier urgent à rendre, moi! Pas moyen d’y couper, cela fait plusieurs jours que je remets l’opération en espérant que la machine va oublier, qu’elle va se rendre compte qu’elle fonctionne très bien avec son «vieux» programme (âge: 1 an à tout casser),mais on ne la lui fait pas. J’imprime les instructions… Le début est simplissime, mais au point 5 ça se complique. Je ne comprends rien, mais alors rien du tout. Une touche semble essentielle pour l’opération, mais laquelle? Nulle, je suis nulle! Heureusement, une collègue regonfle mon ego à l’hélium. «Appuie sur celle-ci.» «Mais c’est pas la bonne!» «Si, mais elle a un autre nom dans le mode d’emploi.» Bon, la suite se déroule sans anicroches, au travail! L’honnêteté m’oblige à reconnaître que le nouveau programme est plus pratique et, surtout, plus rapide.

12 h 15

Avec les courses que je dois faire pendant la pause déjeuner, je renonce au plat du jour du petit bistrot d’à côté avec des collègues: un self s’impose. Prise de plateau, queue devant les plats, commande, consommation, paiement à la caisse, jet des déchets dans la grande poubelle, dépôt du plateau. La nourriture était correcte, ce n’était pas cher et je n’ai pas perdu de temps. Pour aujourd’hui, c’est l’essentiel.

13 h 30

J’ai acheté de l’encre et du papier pour mon imprimante et il me reste du temps pour quelques courses. Direction mon supermarché habituel. Je prends un chariot et je fais mon choix. Au rayon légumes, ça sent enfin le printemps. Côtes de bettes, oignons et carottes nouvelles me tentent. Hop, des sacs plastique, j’emballe, je pèse (zut, les carottes c’est quel numéro déjà?) et je colle les étiquettes. En entrant, j’ai aperçu ma caissière préférée. La dernière fois qu’on s’est parlé, elle s’inquiétait pour sa fille qui toussait sans arrêt. J’irai aux nouvelles. Pas de self-scanning donc pour cette fois. C’est vrai que quand il y a du monde, ça va plus vite (sauf quand un produit rebelle refuse de «passer»), mais, en ce moment, c’est calme. Ouf, la petite va mieux, rien de grave. Je paie, je remplis mon cabas et vais remettre mon chariot en place.

13 h 50

Une brève halte au bancomat pour prendre un peu d’argent et me revoici au bureau devant mon ordinateur. Le temps file à toute allure, mais je devrais avoir bouclé le dossier demandé à temps. Yesss! A 18 heures, j’ai fini.

21 h

Après un trajet en sens inverse et un chouette apéro tapas avec des amis, me voici de retour à la base. Le masque relaxant, ce sera pour une autre soirée. Là, je dois encore réserver par Internet la voiture que je veux utiliser après-demain. Promis, cette fois-ci je n’oublierai pas au retour de faire le plein à la station-service. Au fait, pourquoi les appelle-t-on encore comme ça? Remplir mon réservoir et payer à une machine, c’est moi qui le fais, non? Je démarre mon ordinateur. Une fois sur le site, j’entame la procédure et… ça bloque. Manœuvres de sauvetage type, rien. J’éteins, je rallume, nada. Vérification des connexions (en me glissant derrière une table à la poursuite d’un câble, je casse un petit vase que j’aimais beaucoup), rien de suspect. J’ai atteint les limites de mes compétences, vive la helpline. Vite dit… Plus je poireaute au bout du fil, plus je m’énerve. Enfin, le «sauveur» répond et c’est parti pour un dialogue en langue étrangère non sous-titré. Entre une utilisatrice francophone lambda et un technicien qui parle l’informatique, on ne se comprend vraiment pas. Il finit parme conseiller de lui envoyer un mail. Ah bon? Et je fais comment si mon ordinateur ne fonctionne pas? J’abandonne, on verra bien demain. Quitte à être survoltée, autant utiliser cette énergie pour envoyer des factures à mon assurance. Une enveloppe, un timbre et c’est réglé? Pas vraiment, puisque je dois d’abord coller soigneusement un code-barres sur chaque feuillet. Au fait, ils sont où ces codes-barres?

23 h

Visage mille-feuillé sur l’oreiller, corps lové sous la couette, je respire (avec le ventre évidement) pour me mettre en condition de relaxation et d’endormissement. Entre inspiration et expiration, je revis ma journée de travail, plutôt active aujourd’hui. Panneau publicitaire, employée de la voirie, technicienne, serveuse, employée de banque, réparatrice d’ordinateur (enfin, c’était l’objectif), employée d’assurance, je n’ai franchement pas chômé. Oh, et j’allais oublier que j’ai aussi fait mon travail!

Denis Kormann, www.deniskormann.com/
1 / 2© DR
Denis Kormann, www.deniskormann.com/
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