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Lorsqu’on évoque l’étude sur les OGM réalisée par l’Université de Caen, Aline Clerc, responsable agriculture à la Fédération romande des consommateurs (FRC) commente: «Celle-ci a fait du bruit, car c’était la première à poser la question de ce qui se passe si l’on se nourrit exclusivement et sur le long terme d’aliments transgéniques.» Or, en Suisse, les garde-fous sont nombreux. En 2005, le peuple et les cantons ont voté un moratoire de cinq ans sur l’utilisation d’OGM dans l’agriculture, que le Conseil fédéral a prolongé jusqu’en 2013. Cette fin septembre, le National a accepté d’étendre ce moratoire au 31 décembre 2017, décision que les Etats doivent encore approuver.

Par ailleurs, les OGM prévus pour l’alimentation humaine sont soumis à autorisation: seules 1 variété de soja et 3 de maïs transgéniques sont autorisées. Mais une quarantaine d’OGM ont été agréés pour nourrir les animaux. Bonne nouvelle, la plupart des labels helvètes excluent de leur certification les bêtes nourries de cette façon. Quant aux grands réseaux de distribution, ils ont fait le choix de ne pas commercialiser d’aliments contenant des ingrédients OGM. Chez Coop, «pour les produits au label de confiance VIVA Coop Naturaplan, l’enseigne garantit que le recours au génie génétique est exclu à tous les niveaux. Sous ce label nous proposons de la viande et des œufs d’animaux nourris sans OGM», assure Sabine Vulic, porte-parole du distributeur.

La politique est similaire chez Migros, qui affirme «ne posséder dans son assortiment aucun aliment végétal contenant des OGM.» Pareil pour la viande, volaille comprise, le lait et les œufs suisses. Les marques propres à ce distributeur, telles Terra Suisse, Heidi et De la région, ainsi que tous les produits biologiques suisses ou importés répondent également à ces normes.

C’est au niveau des produits d’origine animale importés que les choses se gâtent: s’ils ne sont certifiés par aucun label, «impossible d’affirmer que les animaux n’ont pas été nourris avec des aliments contenant des OGM», communique-t-on chez Migros. «C’est effectivement le cas lorsque l’on achète de la viande, des produits laitiers ou des œufs provenant de l’Union européenne», relève Aline Clerc. «Nous souhaitons mettre en place une déclaration pour informer les consommateurs et l’on s’achemine vers une mention «nourri sans OGM», ajoute-t-elle. Pour le moment, l’ordonnance sur l’étiquetage et la publicité des denrées alimentaires (OEDAI) exige que les produits OGM soient étiquetés et portent l’indication «génétiquement modifié». Toutefois, cette mention n’est pas obligatoire lorsque la concentration en OGM ne dépasse pas les 0,9%. Dans ce cas, on peut consommer des OGM sans en être objectivement informé. «D’un point de vue éthique, cette pratique est discutable», reconnaît Christian Richard, chimiste cantonal adjoint au canton de Vaud. Il poursuit: «Il est difficile de garantir le 0%, car, de la récolte en passant par le transport, la fabrication et le conditionnement, les sources de contamination peuvent être nombreuses pour les aliments.»

Une traçabilité des plus complexes

Des analyses sont effectuées par sondage dans les industries ou les magasins, sur des produits susceptibles d’en contenir - principalement le riz, le maïs, le soja et leurs dérivés. Garantir qu’un produit ne contient aucun OGM est ardu. En effet, il s’agit de mettre en place un système de traçabilité sans faille qui permettra de le suivre, documents à l’appui et soutenu par des analyses appropriées, de la matière première à sa commercialisation. Cela peut coûter cher et c’est, finalement, le consommateur qui risque d’en faire les frais.

Les autorités sanitaires cantonales effectuent chaque année des tests sur des denrées susceptibles de contenir des OGM. Résultat, en 2011, «aucun OGM n’a été décelé dans 93% des échantillons. Des composants d’OGM ont été détectés dans 42 échantillons (7% de l’ensemble des échantillons), dont l’un était issu de la production biologique», apprend-on sur le site de l’Office fédéral de la santé publique. Autrement dit, pour avoir la certitude de ne pas en consommer, la seule solution semble être de se nourrir exclusivement des produits de son propre potager. Faut-il aller jusque-là? Nos spécialistes s’entendent pour affirmer que non. «Il ne faut pas s’alarmer, tempère Aline Clerc. Les substances autorisées ont été testées, sur 90 jours, certes, mais si l’on consomme une fois ou l’autre un produit contenant 0,9% d’OGM, le risque pour la santé est nul.»

L’étude de l’Office fédéral de la santé publique

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