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Au pied du massif du Vercors, le long de l'Isère, des centaines de noyers s'alignent en rangs réguliers sur une herbe d'un vert vif. "Ici, la noix fait vivre toute une vallée. Elle a sauvé l'agriculture locale", se félicite Yves Borel, président du comité interprofessionnel de la noix de Grenoble. A tel point que des associations locales dénoncent aujourd'hui "l'uniformisation du paysage" engendrée par la multiplication des noyers, soupire-t-il.

De fait, la noix a un succès fou, en raison d'une série d'études sur les bienfaits de sa consommation régulière pour la santé. En août, un article de la revue "Nutrition and Cancer" réalisé par quatre chercheurs de la faculté de médecine de Marshall University (Etats-Unis) soulignait encore les vertus de la noix dans la lutte contre le cancer du sein. Dans ce contexte favorable, la noix de Grenoble jouit en outre d'une réputation mondialement reconnue, grâce à une AOC accordée dès 1938.

"Lors de salons à l'étranger, j'ai souvent été surpris de l'aura de la noix de Grenoble auprès des acheteurs turcs, indiens...", témoigne Pierre Gallin-Martel, président de Coopénoix. Leader français de la noix, la coopérative exporte plus de 80% de sa production, principalement en Allemagne, Italie, Espagne. "Notre problème aujourd'hui, c'est qu'on manque de volumes. Cela nous oblige parfois à refuser des contrats", assure M. Gallin-Martel.

En Europe, le marché est déficitaire et doit recourir aux importations, venues de Californie ou du Chili. Mais depuis quelques années, les Américains, premiers fournisseurs de noix sur le vieux continent, semblent se tourner vers la Chine et les nouveaux marchés asiatiques. "Cela nous laisse de la place. Pour la noix de Grenoble, c'est du pain bénit", se frotte les mains Yves Borel. Une nouvelle d'autant plus réjouissante que la récolte 2011 s'annonce bonne, avec des volumes attendus en hausse de 20% et des noix d'un beau calibre.

En 2010, les 1047 producteurs de noix de Grenoble avaient produit 10 132 tonnes de fruits secs sur près de 7000 hectares de vergers allant de la Savoie à la Drôme. Même bonne, la récolte 2011 ne devrait cependant pas suffire à satisfaire une demande insatiable. "Nous demandons aux producteurs de planter. Et sans tarder", affirme M. Gallin-Martel.

Martelé depuis plusieurs années, le message semble avoir du mal à passer, du fait notamment de la lenteur du retour sur investissement: un noyer a besoin de 8 à 12 ans pour atteindre la maturité. En parallèle, les producteurs négocient donc avec l'Inao (Institut national de l'origine et de la qualité) l'entrée d'une nouvelle variété de noix dans l'AOC aux côtés des trois variétés actuelles. "Cela permettrait de donner une nouvelle dynamique" à la production, explique M. Gallin-Martel.

Premier producteur européen, la France produit quelque 42 000 tonnes de noix par an, loin derrière la Chine (979 000 t) et les Etats-Unis (376 000 t).

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