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    Se perdre chez le géant suédois en pleine conscience

    Chaque semaine, Sonia Arnal, la rédactrice en chef de Femina, croque dans son édito le quotidien, avec humour et ironie. Ce 29 avril 2018, elle nous évoque la dédale de son impatience…

    Publié le 
    29 Avril 2018
     par 
    Sonia Arnal

    Droit dans le mur, je suis arrivée. Tellement agaçant que j’ai failli faire comme Pépé, le fils de Soupalognon y Crouton dans Astérix en Hispanie: croiser les bras et cesser de respirer en menaçant de mourir sur place. La fois d’avant, ce n’est pas dans un cul-de-sac que j’ai fini ma course, mais à la sortie du magasin alors que je pensais que le rayon linges de bain était encore loin devant… bref, chaque fois, je me sens comme une de ces souris qu’un ami faisait circuler dans des labyrinthes du temps de sa thèse en biologie. Sauf que moi, je ne fais pas partie d’un projet de recherche, j’essaie de faire des courses chez un géant de l’ameublement suédois.

    Enfant, j’adorais pourtant y aller. Cette idée d’avoir recréé des pièces entières, voire des appartements, me ravissait. Je jouais à la maison de poupée grandeur nature, à la dînette aussi.

    Assise à table je proposais très courtoisement: «Vous reprendrez bien un peu de thé, très chère?» Je testais tous les lits, je chérissais le fantasme d’avoir moi aussi un jour une mezzanine.

    Mon chat vit en lévitation

    Et là, c’est le drame

    Maintenant que je sais que devoir descendre une échelle de deux mètres cinquante avant toute chose chaque matin que Dieu fait est une très mauvaise idée, c’est moins drôle. Pourtant, je pars confiante, je répète durant le trajet la liste des pièges à éviter (ils sont nombreux), je me prends en main, quoi. Ça commence assez bien: je passe au travers des décos et accessoires de saison qui me font de l’œil sans en fourrer plein mon sac, je reste concentrée sur l’objectif, genre deux taies d’oreiller, une housse de couette, deux linges de douche et c’est tout.

    J’étais pas mal, ce jeudi, à peine deux trois babioles même pas totalement inutiles s’étaient-elles glissées dans le fameux cabas bleu. Et tout d’un coup, j’ai craqué. J’ai voulu quitter le chemin balisé qui nous fait faire des S dans tout le magasin pour prendre un raccourci et gagner du temps. Funeste erreur.

    Je me suis pris un mur et j’ai dû rebrousser piteusement chemin, remonter un étage, repasser devant la cafète et ses boulettes de viande.

    Je le savais, pourtant, que la précipitation ne me vaut rien et me ramène chaque fois à la case départ. Certains vont au yoga ou la méditation, moi c’est à l’enseigne suédoise que je me rends pour mon cours de patience. Mais je redouble chaque année…

     

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