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    Tonya Kinzinger raconte sa fureur de vivre

    On l’a connue «Sous le soleil».

    Publié le 
    10 Février 2015
     par 
    Henry Arnaud

    Le mot can’t’ est banni de mon dictionnaire. Dans l’école de danse où j’allais, enfant, l’expression «je ne peux pas» était interdite. L’échec est autorisé, mais ne pas es sayer, ça, jamais!» Quatre décennies plus tard, sur la tournée francophone de «Danse avec les stars», Tonya Kinzinger continue de mettre en pratique cet enseignement au quotidien. «Cela faisait trente ans que je n’avais plus vraiment dansé. Au lieu de me dire que je ne pouvais pas, j’ai foncé. Même si je me plante, j’aurai essayé et tout donné.»

    Une combativité qui lui réussit, puisque celle qui fut la révélation de l’automne 2014 dans le show de TF1 attire actuellement les foules, qui viennent la voir danser en live. Depuis les années 1990, Tonya était davantage connue sous le prénom de Jessica, l’une des trois filles de la série «Sous le soleil», et c’est sa participation à l’émission de télé-réalité qui a fait découvrir au public l’attachante personnalité, femme à la fois forte et fragile, cachée sous le personnage. «J’ai failli me blesser plusieurs fois en direct à la télé, mais j’ai refusé d’en parler. Maman m’a appris à tenir tête aux épreuves. Elle a aussi tout fait pour m’offrir une vie plus belle que la sienne.»

    Destin et puissance de travail: voilà ce qui lui a permis de quitter l’Amérique pour une carrière d’actrice en France. Contre toute attente. «Ne jamais dire jamais, renchérit la Franco-Américaine: voilà qui résume ma vie. J’aurais pu rester dans ma ville natale de Monroe, en banlieue de Detroit, mais le destin en a décidé autrement. Le destin et ma rage de réussir.»

    Chaîne de montage chez Ford

    Née dans une ville ouvrière d’Amérique, la future actrice a grandi au pied des usines automobiles où Sunday, sa mère, travaillait sur une chaîne de montage. «J’avais 3 ans lorsque mes parents ont divorcé. Papa a disparu et maman a dû trouver un boulot. Elle s’est présentée chez Ford, la plus grosse entreprise de la région, qui faisait vivre la moitié de la ville. Elle a déposé son dossier et ils avaient un tel besoin de main-d’œuvre qu’elle a été engagée sur-le-champ. Elle a fait son premier jour en jupe, perchée sur ses talons hauts, et sans rien connaître à ce job. Elle a tout appris sur le tas!» Comme des milliers d’ouvriers, Sunday se retrouve à soutenir des cadences de production inhumaines. «Adolescente, j’ai visité l’usine où elle travaillait: je me suis crue en enfer. Maman installait des pare-chocs et des jantes, ce qui signifie qu’elle portait des pneus lourds. Au quotidien. A raison de douze heures par jour. Autant dire qu’elle s’est tué le dos au travail. Surtout que, pour payer nos factures, elle acceptait toutes les heures supplémentaires qu’on lui proposait, quitte à bosser sept jours sur sept.»

    Tiraillée entre un père biologique parti en Californie et une mère qui travaille jour et nuit, Tonya trouve le réconfort dans la danse. Et pense avoir trouvé sa voie à 12 ans, en découvrant le film «Fame» et l’école de spectacle new-yorkaise qu’il met en scène. «J’étais obsédée par ce lycée, prête à tout pour y être acceptée», se souvient-elle. «Malheureusement, je m’y suis présentée trop tard. A 16 ans. J’avais passé l’âge maximum d’entrée.»

    Heureusement, le destin veillait. Au moment même où l’école d’artistes de ses rêves la refuse, elle est accostée par un agent d’Eileen Ford, fondatrice de la plus grande agence de mannequins d’alors. «Je n’avais jamais songé à la mode. Je suis tombée dedans vraiment par hasard. Au début, c’est l’argent qui m’a attirée. Je gagnais en quelques heures ce que maman ne gagnait pas en une semaine à l’usine! Autant dire que je me suis sentie coupable d’avoir ce métier futile où l’on me payait pour sourire.»

    Rafraîchissante, la franchise de Tonya Kinzinger étonne. Quand elle avoue être mieux dans sa peau à 46 ans que dans sa jeunesse de mannequin, par exemple, alors même qu’elle posait pour les unes de grands magazines. «J’ai vu toutes les horreurs imaginables en débarquant à Paris. A 17 ans, je partageais un petit appartement avec trois filles de mon âge et l’on courait les castings. Heureusement que j’avais la tête sur les épaules. Ça m’a évité de sombrer dans les drogues. Je n’ai aucun regret, cela dit, mais je ne voudrais pas revivre ces années. Je me sens bien plus en accord avec ma tête et mon corps aujourd’hui.»

    A l’époque, entre un défilé de mode et une séance photos, elle est repérée par Alain Delon, qui l’engage pour «Dancing Machine». Le film sort en 1990. Elle a 22 ans et se met à enchaîner les séries télé à succès: «Extrême limite», «Sous le soleil»... Quatorze ans et plus de quatre cents épisodes plus tard, la jeune fille est devenue femme, maman de Sacha, 11 ans, qu’elle a toujours protégé des médias. «Il est mon bijou, mon jardin secret, beaucoup trop jeune pour être exposé au show-biz. C’est à lui de trouver sa voie. C’est un excellent pianiste, il aime les arts, mais cela ne l’oblige pas à en faire son métier. J’ai juste voulu lui transmettre, à travers la musique, cette même ouverture au monde que ma mère m’avait permise, très jeune, avec la danse.»

    Mère et meilleure amie

    C’est près d’Atlanta, en Géorgie, que la famille Kinzinger au complet passe la plus grande partie de l’année. «Ma mère est tout pour moi. Je sais les sacrifices qu’elle a faits pour me permettre de concrétiser mes rêves d’artiste. Depuis que je suis maman à mon tour, elle est devenue ma meilleure amie. J’appréhende sa disparition, car je sais que jamais personne ne m’aimera comme elle. Notre lien de sang est plus fort que tout. Heureusement, mon mari comprend. A 46 ans, elle me demande encore de l’appeler pour lui dire lorsque je suis bien arrivée à destination...» Aujourd’hui à la retraite, Sunday s’occupe de Sacha avec Bernard Lignon, époux de l’actrice, tandis que Tonya fait ses allers-retours entre Europe et Amérique. «Je suis partagée entre deux existences très différentes. Une part de moi serait heureuse dans ma campagne, entourée de chevaux – le lieu idéal pour voir grandir notre fils car la vie y est plus douce. Mais l’autre part de moi adore les expos, les spectacles et la vie agitée de Paris.»

    Confidences de femmes

    Le sujet le plus difficile à aborder est celui de cette fausse couche que, dans «Danse avec les stars», à l’automne dernier, elle révélait avoir faite. «J’évite d’en parler davantage car j’ai peur que l’on me critique à présent. Moi je voulais juste ouvrir mon cœur, partager ce drame avec les milliers de femmes qui l’ont connu elles aussi.» Ces femmes qui, sur la tournée, viennent spontanément la remercier dans les coulisses, après le spectacle. «En France, en Suisse, en Belgique, dans chaque ville où nous nous arrêtons, toujours l’une ou l’autre vient me faire part d’une expérience semblable. Comme si elle avait enfin trouvé quelqu’un à qui se confier. Je prends toujours du temps pour écouter, pour réconforter. C’est un traumatisme profond qu’on garde enfoui en nous, à vie.

    Maintenant qu’elle a prouvé ses talents de danseuse, Tonya a un nouveau rêve, dont elle n’avait jamais osé parler mais qu’elle confie tout spécialement à Femina: «J’adorerais rencontrer les ballets de Béjart, à Lausanne. Je dis rencontrer, pas danser: je sais bien que je suis trop vieille pour ça (rires). Mais la danse contemporaine me fascine.» Pour suivre des cours ou un stage avec la célèbre compagnie, Tonya Kinzinger se déclare prête à s’installer plusieurs semaines dans le canton de Vaud ou le Valais. «Par votre intermédiaire, l’appel est lancé... Ne jamais dire «I can’t». Si je le veux, je peux!»

    Curriculum vitae

    1968 Naissance à Monroe, près de Detroit (Michigan).

    1990 Début d’actrice. Elle est la star féminine de «Dancing Machine», face à Alain Delon.

    2003 Naissance de Sacha, son fils, cinq ans après son mariage avec Bernard Lignon.

    Questions d’enfance

    Odeur d’enfance Deux odeurs me rappellent mon enfance. Celle du parquet d’une salle de danse ou de théâtre, ce mélange de transpiration et de bois usé qui dégage une senteur unique. Et celle d’une écurie. Mon beau-père, Allen, m’a fait découvrir l’équitation à 7 ans, puis m’a offert mon premier cheval à 11 ans. Il s’appelait «Blaze Lady».

    Mon jouet fétiche Miss Beasley, une poupée de chiffon avec des lunettes et une robe à pois bleus et blancs.

    Mon bonbon favori Sweet Tarts. Des bombes sucrées et acides, roses et violettes.

    Mon dessert enchanteur Jan, la fille de mon beau-père, venait chez nous tous les week-ends. Elle a sept ans de plus que moi et m’apprenait à cuisiner. Ensemble, on faisait des cookies «chocolate chip». Un régal.

    Mon légume détesté Je n’ai jamais réussi à manger de petits pois. Ni enfant ni adulte.

    Mon premier amour Il s’appelait Pablo. J’avais 12 ans. Il était danseur et il m’adorait. Un jour, je lui ai demandé de m’embrasser. Il m’a répondu: «Je veux bien t’épouser un jour, mais je ne te toucherai pas car je préfère les garçons.»

    Mes premières vacances J’avais 3 ans quand mes parents se sont séparés, et je n’ai revu John, mon père biologique, qu’à 12 ans. Il m’avait invitée à le rejoindre en Californie, à Santa Cruz où il s’était installé. Et il m’a emmenée à Disneyland. C’était des vacances bizarres, émouvantes aussi. Au début, j’avais très peur de cet homme que je ne connaissais pas mais qui était «papa».

    Un vêtement dont j’étais fière Une paire de jeans Jordache, à 12 ans. Avec ma copine, on devait s’allonger sur le lit pour la fermer tellement c’était étroit et serré.

    Mon héros préféré Wonder Woman. Je m’enfermais dans ma chambre et je passais des minutes à tourner sur moi-même en espérant me transformer comme elle. Mais ça n’a jamais marché.

     

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