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    Interview de Julien Burri: des mots pour retenir la vie

    De son écriture de poète, il interroge le monde.

    Publié le 
    13 Avril 2014
     par 
    Loyse Pahud

    FEMINA Vous avez 34 ans, et cela fait la moitié de votre vie – 17 ans – que vous écrivez. Comment ça a commencé?
    JULIEN BURRI Mes premiers poèmes, je les ai écrits par amour. Une vraie quête de l’autre. J’étais amoureux d’un garçon, ce qui n’était pas évident. J’ai eu l’intuition qu’il me fallait inventer quelque chose autour de l’amour homosexuel. Cela dit, plus petit, je dictais aussi des histoires à ma mère.

    Vous aviez des modèles?
    J’aimais Cocteau, La Belle et la Bête, et puis je regardais sur France 3 l’émission «Un siècle d’écrivains». Je suis tombé sur Jean Genêt. J’ai vu qu’on pouvait écrire, créer et trouver son identité.

    Comment vous vous y prenez?
    Je suis d’abord un poète. Je n’ai pas de plan au départ. Les choses s’agencent de manière spontanée, en liaison avec des images et des sensations.

    Vous écrivez tous les jours?
    Presque tous les matins avant le travail. Si je n’écris pas, je suis malheureux. C’est une nécessité pour moi, j’ai l’impression que la vie, ma vie, ne veut rien dire sinon.

    C’est l’écriture qui donne le sens?
    Je répondrais par une image. Voilà, je suis enfant, tout seul sur une plage, et je regarde la mer qui efface tout ce qui ressemble à un château de sable. Eh bien, j’écris pour éviter que tout se défasse. Pour dresser un barrage.

    Pas de message pour les lecteurs?
    Plutôt que leur dire ce qu’ils doivent penser, je préfère leur offrir un véhicule qu’ils puissent habiter. J’aimerais que ça résonne en eux.

    Parlons de «Muscles» et de son personnage, le bodybuilder… Un peu vous?
    Pas tant que ça. Mon personnage est un «Musclor», il a quelque chose d’enfantin. Un peu l’équivalent d’une Barbie au masculin. Moi je vais au fitness plusieurs fois par semaine mais je ne me suis jamais fait des injections pour me gonfler. Ce monde m’intéresse toutefois et je l’observe. Je vois des êtres obsédés par la masse, au sens littéral, qui doivent incarner dans leur corps, la place qu’ils cherchent dans leur vie.

    Vous êtes moderne? Pratiquez Facebook, selfies, Instagram et Cie?
    Je ne suis que sur Facebook et j’ai mon site internet (www.julienburri.ch). Le monde virtuel m’intéresse bien sûr. D’ailleurs, je pense que les Selfies risquent de devenir rapidement ringards. Mais je n’ai jamais eu envie de faire comme tout le monde, ce que j’aime, ce sont les livres en papier, la poésie.

    Et vous produire aussi! Vous faites de multiples lectures, créez des événements avec le chanteur et poète Lausannois Stéphane Blok…
    C’est vrai, j’ai cette envie de me confronter à un public. De donner mes textes avec mon corps. Cela crée une tension en moi, une impatience.

    Des musiciens que vous écoutez beaucoup?
    Stéphane Blok, Bashung, le rappeur français Booba, le groupe de hard rock Metallica, Madonna, Monteverdi… J’adore la musique baroque.

    Des livres importants?
    Madame Bovary
    de Flaubert, je pourrai le relire chaque année, mais pour le moment je l’ai lu trois fois. Belle du Seigneur d’Albert Cohen. La trilogie d’Agota Kristof qui me fascine par sa construction.

    Un lieu capital?
    Je voyage surtout dans ma tête ou dans des lieux imaginaires comme la ville de Playtime de Tati. Je me rends régulièrement en Hollande où j’ai de la famille. Et ce pays est présent dans chacun de mes livres. Sinon, l’Italie, particulièrement Venise en hiver, me manque, il y a longtemps que je n’y suis pas allé. En fait, ce sont les personnes que j’ai aimées qui m’ont ouvert à des paysages.

    On va clore par votre geste beauté, vous qui arborez un magnifique tatouage…
    Un parfum, Terre d’Hermès. J’adore cette association de notes de cèdre et de silex, entre autres. C’est un poème!

     

     

     

     

     

     

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