culture

    «Brooklyn», une carte postale sur l’immigration

    «Brooklyn» est une romance fifties dans laquelle l’héroïne, une jeune immigrée Irlandaise, quitte avec courage famille et patrie pour faire carrière à New York. Un film réservé aux fleurs bleues et aux nostalgiques des lunettes papillon. En salle le 9 mars 2016. 

    Publié le 
    8 Mars 2016
     par 
    Juliane Monnin

    Réalisé par l’irlandais John Crowley, «Brooklyn» (nominé 3 fois aux Oscars 2016), aborde l’immigration en Amérique, juste avant la fermeture des services d’Ellis Island dans les années 50. Le long-métrage met en scène la talentueuse actrice Saoirse Ronan («Le Grand Budapest Hotel»), dans le rôle de l’immigrée irlandaise Eilis Lacey. Cette dernière vient s’installer à New York, sur les conseils d’un prêtre irlandais (l’excellent Jim Broadbent). 

    Ainsi, «Brooklyn» suit à la trace le parcours personnel de la jeune femme dans un New York populaire et suranné: ses doutes, sa tristesse de quitter sa mère et sa sœur, ses efforts d’intégration en tant que vendeuse dans un grand magasin de mode, sa vie quotidienne dans une pension, ses rencontres avec ses colocataires mais aussi sa volonté d’étudier et de prendre en main sa carrière.

    Du vague à l’âme au grand amour 

    En bon drame romantique qui se respecte, «Brooklyn» vous fera sortir vos mouchoirs (allergiques, passez votre tour) tant il vend une belle histoire d’amour. Une fois de l’autre côté de l’Atlantique, un bel Italien (le charmant Emory Cohen) va vite faire oublier le mal du pays de l’inexpérimentée Eilis. Mais une visite dans son Irlande natale va venir troubler son bonheur et elle va se retrouver écartelée entre deux pays… et deux hommes.

    Voilà le dilemme de notre héroïne qui n’a, selon le scénariste Nick Hornby qui a adapté le roman de Colm Toibin, rien à envier à la littérature classique:

    «La manière dont Colm (Toibin) décrit la souffrance de vouloir se trouver à deux endroits en même temps est déchirante et se prête particulièrement bien au cinéma. Si on aime «Orgueil et Préjugés», on aimera «Brooklyn» parce qu’Eilis est confrontée au même dilemme intemporel que les personnages du roman de Jane Austen: elle doit choisir entre deux hommes très différents.»

    A sa gauche, une communauté statique, hyper religieuse dont elle connaît déjà tous les codes, à sa droite, une autre vie, plus aventureuse et plus tendance (quand on songe à ce qu’est devenu Brooklyn aujourd’hui!), au sein de la communauté italienne.

    La possibilité d’un nouveau monde  

    Ce film traite avec beaucoup de pudeur de nombreuses thématiques telles que l’exil du pays, la quête de l’identité ou l’ambition. Les émotives seront sensibles au genre romantique (flirts au bal dansant de l’église, balades sur la plage de Coney Island, esthétisme «glace à l’eau» de la mode fifties omniprésent), et au rêve américain porté par ces Européens qui, à défaut de faire bonne fortune vivaient souvent dans une misère sans nom.

    Les cœurs tendres verront enfin, dans les escapades nocturnes des héros (trattorias et premiers baisers compris), l’optimisme qui régnait dans la période d’après-guerre et qui a contribué à construire le mythe de New York et son étiquette de terre de tous les possibles.

    Découvrez la bande-annonce de «Brooklyn»:

     

     


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