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Les poules ont la cocotte: mode d'emploi pour bien s'en occuper

Poule tendance maison

Le choix de la race dépend de plusieurs facteurs: une famille avec de petits enfants, qui souhaite une poule docile, choisira plutôt une Barnevelder naine ou une poule de soie; ceux qui souhaitent offrir des œufs à tout le quartier opteront pour une Marans ou la rousse fermière.

© Getty Images

«C’est la première fois que j’ai autant de personnes qui m’appellent pour acheter des poulettes, on dirait que le confinement a donné des idées.» Marie-Claire, paysanne fribourgeoise, résume à elle seule la tendance qui s’est accentuée ces dernières semaines: les Suisses craquent pour la volaille. Pas l’émincé de dinde sauce curry, mais la poule pondeuse, donc. A tel point qu’au même titre que les pièces de rechange pour les vélos électriques, le matériel pour bien les accueillir devient difficile à dénicher. Merci la pandémie.

Car qui dit mieux? Une poule, en plus de la compagnie fort divertissante, c’est une source de protéines avec ses œufs et ça se délecte de pas mal de restes de cuisines, épluchures et miettes de pain. Difficile pour un chat ou un chien de tenir la comparaison… «La poule est le nouvel animal de compagnie à la mode, s’enthousiasme Florian Gobet. On s’y attache très vite et elle nous redonne un contact à la terre.» Sa petite entreprise, qui permet de louer poules et tout le matériel nécessaire à leur installation, a plutôt bien vécu la période du confinement. «Le printemps a été très intense pour nous, le nombre de contacts et de ventes, surtout avec l’option bio, est en hausse cette année par rapport à 2019.»

Et la même tendance s’observe chez tous les professionnels de la branche, des simples éleveurs jusqu’à la fondation Pro Specie Rara. «C’est probablement dû à la tendance de vouloir consommer plus local et aussi parce que les gens veulent être plus autosuffisant au niveau de leur alimentation», note Barbara Ringgenberg, collaboratrice scientifique au sein de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV).

Locale, durable, rapidement amortie, et pile en ligne avec la tendance à la décroissance, la poule remplit donc toutes les cases. Et bien plus que ça. «Avoir des poules, c’est du bonheur, la simplicité à l’état pur. Quand je rentre du travaille, je m’assieds un moment et je les regarde vivre, ça suffit à me détendre», s’enthousiasme Michel Ding, passionné de poules depuis son enfance, la faute à sa grand-mère. Désormais, il élève et vend plusieurs races de poules, dont certaines en voie d’extinction, et donne des mini-cours de formation pour les grands béotiens qui veulent en adopter. «J’ai réalisé, aux questions parfois surprenantes qu’on me pose, que beaucoup de personnes ne savaient pas très bien comment ça marche, une poule!» Ses cours, à Murist (FR), font toujours salle pleine - surtout des jeunes et des jeunes familles - et ses poules appenzelloises, italiennes saumon ou Marans s’arrachent. «Je croule sous les demandes. C’est bien simple, les commandes ont triplé et j’avais déjà plus de 100 poussines réservées pour cette année, c’est incroyable.»

L’aventure vous tente, mais vous ne savez pas par quel bout commencer? Pas de panique, on vous a préparé un vademecum. Demain, vos omelettes n’auront plus la même saveur.

Le B.-A-ba pour s’occuper des poules

Les poules

D’abord, savoir qu’on ne prend pas une poule, mais des poules. Idéalement 2 ou 3 pour commencer. Attention, sauf si le vendeur le spécifie, on ne sait jamais si la petite poulette deviendra bien une poule ou un coq, bruyant et ne produisant pas d’œuf, donc. Toujours poser la question ou choisir des bêtes déjà sexuées mais, du coup, plus chères.

L’alternative éthique, c’est d’opter pour ce qu’on appelle des poules de réforme, «c’est à dire des poules qui ont déjà pondu des œufs pendant un an sur une exploitation agricole et qui seraient sinon abattues», explique Barbara Ringgenberg. L’option est plus avantageuse, tout en sachant qu’elles produiront un peu moins d’œufs. «Elles vivront ainsi encore quelques années et pourront avoir une belle fin de vie.»

Après, le choix de la race dépend de plusieurs facteurs: une famille avec de petits enfants, qui souhaite une poule docile, choisira plutôt une Barnevelder naine ou une poule de soie; ceux qui souhaitent offrir des œufs à tout le quartier opteront davantage pour une Marans ou la rousse fermière, assez courante.

Mais où dénicher votre future compagne à plumes? Pas mal d'agriculteurs et éleveurs de volaille passent par internet pour atteindre le citadin, que ce soit via Anibis ou des sites propres. Des structures comme Pro Specie rara proposent aussi des listings d'éleveurs. Pour une poule de base, comptez entre 5 et 10 fr., plus pour des espèces plus rares.

Vous vous tâtez encore? La solution peut passer par une location saisonnière, poules, poulailler et tout le matériel nécessaire, histoire de voir comment cela se passe, et ne pas avoir à retrouver un toit à ces pauvres gallinacées si vous réalisez que, finalement, vous n'êtes pas si poules-friendly que vous le pensiez.

Le poulailler

Les conditions de détention sont définies dans l’Ordonnance sur la protection des animaux, et l’OSAV a créé une petite fiche thématique plus spécifiquement dédiée aux poules détenues à titre de loisir. En résumé, le poulailler doit être suffisamment spacieux pour que les bêtes puissent se retirer et s’éviter et doit pouvoir contenir perchoirs, pondoirs, mangeoires et abreuvoirs. «Nous recommandons de détenir un maximum de 4 poules par mètre carré pour des groupes de 2 à 15 individus», précise Barbara Ringgenberg. Côté budget, il faut compter quand même quelques centaines de francs, entre 200 et 400 fr. en moyenne.

Attention, car de nombreux poulaillers vendus sur internet ne répondent pas à ces normes.

La nourriture

La poule n’est pas compliquée, elle mange presque de tout. Une bonne partie de vos restes de cuisine crus destinés au compost feront donc leur bonheur. Gare à certains aliments bien spécifiques, qu’elles ne digèrent pas, comme les pelures de pommes de terre ou les peaux d’agrumes, de bananes et de kiwi, notamment. Il faudra tout de même aussi les nourrir avec des mélanges de graines ou de farines et, idéalement leur laisser un petit parcours dans l’herbe, afin de partir à la chasse aux insectes et picorer un peu.

Les soins

Un poulailler, ça s’entretient. Pour le confort des poules, il faut toujours couvrir son sol avec un peu de foin ou de paille et le nettoyer régulièrement (toutes les deux semaines max.) à fond. Pour éviter la prolifération de parasites (le pou rouge est la bête noire des poules), on peut déposer dans les coins et interstices de la poudre de coquillage, que l’on trouve dans les brico loisirs ou les magasins type Landi.

Les précautions

D’abord, sachez que les humains ne sont pas les seuls à adorer les poules. Les renards et les fouines en sont particulièrement friands. Du coup, pour éviter un drame, il faut blinder son poulailler, soit en électrifiant le grillage ou le filet, soit en s’assurant que l’endroit où les poules nichent la nuit est impénétrable. Et gare aux portes automatiques, qui se ferment et s’ouvrent à une heure prédéfinie pour nous éviter la corvée quotidienne. «J’ai régulièrement des témoignages de personnes qui se sont retrouvées le matin sans poules, car la porte ne s’était, ou pas fermée entièrement, ou fermée trop tôt, enfermant des poules dehors», avertit Michel Ding. Il vaut donc mieux, si possible, vérifier que toutes les bêtes sont bien au chaud et à l’abri une fois le soleil couché.

Les obligations

Dernière étape, afin que tout se passe bien: enregistrer ses protégées auprès du service cantonal compétent. C’est obligatoire, même si on ne possède que 2 poules à titre de loisir. S’assurer aussi auprès des services communaux que le règlement de police ne contient pas de dispositions spécifiques. Locataire? Un coup de téléphone à sa régie, au propriétaire ou à l’Asloca sera le bienvenu. Enfin, rien d’obligatoire cette fois, mais Barbara Ringgenberg vous conseille tout de même d’aller sonner chez vos voisins, afin de leur annoncer que vous allez héberger des poules. Surtout si vous faites le choix d’avoir un coq.

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