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Brrrrr!

Cet hiver, je me baigne

A la plage de Lutry, le fond de l’air est frais en ce mois de décembre. Et on ne parle même pas de l’eau qui affiche, elle, un timide 9 degrés. L’été et le farniente en maillot de bain semblent bien loin, la buvette de la plage est fermée depuis longtemps et pourtant, il y a foule. Le temps d’enlever la doudoune, puis presque tout le reste, voilà qu’on se jette à l’eau plus ou moins rapidement, plus ou moins silencieusement. Et la scène se reproduit un peu partout sur les rives romandes. La baignade en eaux froides n’a jamais eu autant d’adeptes.

Parmi les courageux de ce matin, il y a Licia, Karine et Nicolas. Désormais, ils se donnent rendez-vous ici toutes les semaines. «On a commencé juste avant la première vague, raconte Licia, jeune maman. Ça fait un bien fou, comme un shot de bien-être.» Si elle et Karine nagent et papotent quelques minutes presque comme si de rien n’était, Nicolas, lui, commence par des exercices de respiration et de yoga, puis reste immobile dans l’eau. «Il y a un aspect un peu méditatif. Et je suis convaincu des bienfaits pour la santé.»

Il suit la méthode de Wim Hof, ce Hollandais qui a grandement popularisé la baignade glaciale, super-star dans son domaine, ausculté par de nombreux médecins, d’abord incrédules face à sa capacité de résistance au froid. Consécration ou pas, il est l’invité de marque de Gwyneth Paltrow dans une des émissions du Goop Lab (disponible sur Netflix). C’est d’ailleurs la combinaison Wim Hof/Gwyneth Paltrow et pseudo-confinement qui aurait offert ce regain de popularité au bain froid.

«Comme je ne pouvais pas partir en vacances, ni suivre mes cours de yoga, j’ai commencé fin avril, avec une eau à 13-14 degrés, et je continue. Je me réjouis surtout de me baigner quand il neige, je n’ai pas encore pu le faire!» évoque ainsi Ilaria, autre nouvelle convertie.

Elles sont givrées

Les habitués, eux, ont clairement remarqué une hausse de la fréquentation des hauts lieux de baignade hivernale. «Là on part vers des moments plus critiques, faut vraiment se motiver pour y aller, mais oui, il y a vraiment plus de monde qu’avant», apprécie Anne-Laure, qui pratique depuis une dizaine d’années, le plus souvent à la plage du Stand, à Tolochenaz, ou cette fois à Vidy, tout près du théâtre homonyme, en compagnie de sa cousine. Mais elles sont loin d’être les seules, c’est ici un des hot spots de la pratique. «T’es pleine d’énergie toute la journée et c’est un super anti-stress! Après, il ne faut pas en abuser, c’est comme le bon vin», s’amuse Anne-Laure.

Un peu plus à l’est, à Cully, équipée d’un bonnet de laine et de chaussures amphibies, Patricia a récidivé cet hiver. «Il faut entrer dans l’eau sans trop réfléchir, de toute façon tu ne peux pas vraiment t’y habituer. A chaque fois, c’est un petit exploit, une victoire sur toi.» Comme pas mal d’autres habitantes du village, elle fait partie des givrées du lac, un groupe d’intrépides nageuses, menées par Anne Carrard.

«Je pratique deux trois fois par semaine, le matin ça me met de bonne humeur, ça me procure vraiment une sensation de bien-être, raconte cette dernière. Après, car sur le moment c’est plutôt une petite torture!»

Bonne humeur, bien-être, voire euphorie ou petit côté addictif, l’ensemble des baigneuses et baigneurs évoquent les mêmes bienfaits immédiats. Après, il y a aussi la douche froide, mais c’est sans vue sur les Alpes.

bain eau froide lac plage lutry hiver
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Karine, friande de sensations fortes, ne peut plus décrocher: «Ça lave les soucis et la nature environnante est tellement belle.»

© Sophie Brasey
bain eau froide lac plage lutry glacée
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Anne-Laure se baigne depuis une dizaine d’années dans le Léman, peu importent les températures. Ce jeudi, l’eau est à environ 9 degrés.

© Sophie Brasey
bain eau froide lac plage lutry gelé
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Licia et Nicolas (immergés, à gauche) ont démarré les baignades en eau froide un peu avant le premier confinement, pour essayer, et se sont pris au jeu.

© Sophie Brasey
bain eau froide lac plage lutry confinement
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Et même l’auteur de ces lignes s’est prêté au jeu. Il y est même retourné depuis.

© Sophie Brasey

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