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«OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire»: de qui se moque-t-on?

OSS 117 de qui se moque t on Christophe Brachet MANDARIN PRODUCTION GAUMONT M6 FILMS SCOPE PICTURES

Dans OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire, l’héroïne féminine, interprétée par l’actrice Fatou N’Diaye, représente le stéréotype de la femme noire: toujours en colère, sauvage et brute. Un cliché qu'on ne veut plus voir en 2021.

© Christophe Brachet / Mandarin Production Gaumont M6 Film Scope Pictures

Sorti le 4 août 2021 au cinéma, le troisième volet OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire marque le retour de l’agent secret Hubert Bonisseur de La Bath. Une parodie des romans d’espionnage OSS 117, dont le rôle principal est interprété par Jean Dujardin. Réalisé par Nicolas Bedos, le film se moque du politiquement correct. Pour s’autoriser à aligner les bonnes grosses blagues, il place l’intrigue en 1981, à la fin des années Giscard. Une époque où les questions de sexisme, de racisme et d’homophobie ne se posent pas. Claques sur les fesses des femmes (qui en redemandent), critiques sur le physique des moches et rires gras donnent le ton dès le début du film.

Hubert se rattrape en vociférant un «me too!» à l’une de ses collègues.

Stéréotype de la femme noire

Nostalgique des années 1980, je pensais regretter cette décennie qui m’évoque la liberté, l’insouciance, mon enfance, Alf et le fluo. Une époque où on était censés rire de tout.

Même si, en tant qu’afro-descendante, je me souviens des blagues de Michel Leeb qui me restaient en travers de la gorge déjà à l’époque (L’Africain, «Ce ne sont pas mes lunettes, ce sont mes narines», etc.).

Mais voilà que quarante ans plus tard, OSS 117 remet le couvert. Un long-métrage ponctué d’une avalanche de clichés. Par exemple? Le continent africain n’a pas de frontières propres. Tous les Africains se ressemblent, ce sont de grands enfants, ils jouent du tam-tam à longueur de journée. Quant aux personnages noirs, ils comptent pour beurre (blanc). Leur nom est à peine mentionné sur l’affiche (qui porte le trio masculin Dujardin-Bedos-Niney).

L’héroïne féminine, interprétée par l’actrice Fatou N’Diaye, représente le stéréotype de la femme noire: toujours en colère, sauvage et brute, une sorte de Barracuda avec des seins (Mister-T dans L’agence tous risques, pour rester dans les références années 80).

L’image fait hélas écho au siècle dernier avec ses expositions de villages africains. Le film se veut drôle mais, sous couvert de second degré, il fait ressortir les blagues qui ont blessé des groupes de personnes à l’époque. Aujourd’hui, il perpétue les préjugés. Franchement, est-ce qu’en 2021 on ne pourrait pas passer à autre chose?

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