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Chronique: «Sex Education», éduque-moi, oh oui!

Chronique: «Sex Education», éduque-moi, oh oui!

«Malgré les avancées du féminisme, de la question de genre, des droits des LGBTQIA+, nos ados sont toujours jugés pour vouloir vivre les plaisirs de la chair» - Marie Fourquet

© Sam Taylor / Netflix

Je suis cette mère d’ados qui veut bien faire. Celle qui pose trop de questions, qui court après l’ado fuyant, s’acharne sur son silence. Maladroite, je marche sur des œufs pour ne pas dire le mot de trop, celui qui fait claquer les portes; mais je trébuche souvent.

Je veux toujours vérifier qu’ils sont au clair avec le consentement, la contraception et les MST.

Bref, je suis pénible à toujours parler sexe sur le ton de la prévention. A vérifier que toutes les infos sont OK. Parce que mes parents à moi étaient si coincés. Seulement… je suis peut-être plus ouverte, mais je suis rabat-joie!

Heureusement, il y a Sex Education! Ça m’a remis l’église au milieu du village. Jouir, c’est le kiff! Alors pourquoi je leur cause toujours génital et gynécologie?

Les ados ne pensent qu’à ça

La saison 3 est enfin là et ils nous ont tellement manqué! Maeve, Otis, Aimee et les autres lycéens de cette brillante série anglaise, produite par Netflix. Série répondant à mon besoin viscéral d’avoir des ados à porter de main, là, coincés dans mon écran! Je peux les regarder s’ébattre et se débattre avec leurs histoires de cœur, de cul et leurs parents gauches! Pour apprendre moi aussi plein de trucs. L’attachante Lily et son fétichisme des extraterrestres, la sexualité d’Isaac en fauteuil roulant, le tendre Adam qui fait ses premiers pas d’homosexuel.

Tout me bouleverse. Je ris, je pleure, j’ai peur pour eux quand ils chantent les jubilations du sexe dans leur lycée puritain. Puis je comprends qu’il faut surtout faire l’éloge de la diversité et de l’exploration des sexualités. Voilà ce que me raconte Sex Education en 2021.

Malgré les avancées du féminisme, de la question de genre, des droits des LGBTQIA+, nos ados sont toujours jugés pour vouloir vivre les plaisirs de la chair. En fiction, la sexualité des jeunes est souvent représentée de manière dramatique et malsaine. Pas cette fois! Ici, les ados ne pensent qu’à ça et alors? C’est joyeux.

Je réalise qu’avoir constamment peur pour eux ne les aide pas à s’épanouir. Et si on leur faisait confiance au lieu de les jalouser en secret?

Mais la série va plus loin que la question adolescente, car c’est nous, spectateurs, qui sommes éduqués. Sex Education ose le thème de la grossesse de Jean Milburn qui, à 48 ans, doit constamment se défendre de vouloir un bébé tout comme Hope, la méchante directrice vivant dans la détresse d’enchaîner les FIV depuis trois ans sous l’œil réprobateur de sa doctoresse. Oui, le sexe sert aussi à faire des bébés, mais nos bébés avec qui on veut, comme on veut et quand on veut!

Polyamour et kinky sexe

La série est délicieusement intelligente, même si on espère une saison 4 qui explorera kinky sexe, asexualité et polyamour! Parce que les personnages toujours blessés par l’infidélité, c’est un peu boomer.

On progresse tous! Grâce à Sex Education, je lâche un peu mes ados et quand on parle sexe, cul ou sentiments, c’est maintenant dans la joie, car cette série, ils la dévorent aussi, et elle est faite pour ça!

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