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Cannes 2021: «Olga» à la Semaine de la Critique

Cannes 2021 olga a la semaine de la critique

«Pour Olga, Elie Grappe s’est inspiré d’un fait réel qu’on lui avait raconté et qui retraçait l’histoire vraie d’une violoniste ukrainienne, arrivée en Suisse juste avant Euromaïdan. Il avait envie de transposer cette histoire troublante dans le milieu de la gymnastique en créant une héroïne à la carrière bouleversée par la révolution», partage Jean-Marc Fröhle.

© DR

Inspiré des récits initiatiques, Olga traite la question de l’identité par le prisme de l’adolescence. Le réalisateur français de 27 ans Elie Grappe met en scène le parcours bouleversant d’une gymnaste ukrainienne de 15 ans. L'héroïne est tiraillée entre deux terres: la Suisse, où elle s’entraîne pour le Championnat Européen en vue des JO et l’Ukraine où sa mère, journaliste, couvre les événements d’Euromaïdan (manifestations pro-européennes en Ukraine qui ont débuté en novembre 2013). Produit par la société genevoise PointProd (en partenariat avec CinemaDeFacto), le film sera présenté le 9 juillet 2021 à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes. Interview du producteur Jean-Marc Fröhle.

FEMINA Appréhendez-vous les futures critiques à Cannes?
Marc Fröhle
Quand une partie de la vie d’un film se joue en quelques jours, oui, forcément. Pour l’heure, tous les signaux sont au vert. Je suis très confiant. On a un très beau film. Il a toutes ses chances. Le simple fait qu’il soit sélectionné en compétition dans cette exigeante Semaine de la Critique, c’est déjà une jolie reconnaissance. Le film est également en lice pour la Caméra d’Or, on est vraiment heureux.

Le film est-il féministe?

Oui, entre le casting composé majoritairement de protagonistes féminines fortes et l’équipe de tournage formée à 50% de femmes, ce qui n’est de loin pas toujours le cas. Je ne vais pas me définir comme féministe, par égard sémantique pour les combattantes de la cause, mais je reste toujours attentif à la représentation des genres.

L’univers cinématographique reste encore un bastion très masculin.

Alors, si on peut contribuer et s’aligner sur l’effort international d'équilibre des genres, on est plus que ravi.

Pourquoi cette histoire?

Pour Olga, Elie Grappe s’est inspiré d’un fait réel qu’on lui avait raconté et qui retraçait l’histoire vraie d’une violoniste ukrainienne, arrivée en Suisse juste avant Euromaïdan. Il avait envie de transposer cette histoire troublante dans le milieu de la gymnastique en créant une héroïne à la carrière bouleversée par la révolution.

Y avez-vous cru dès le départ?

Oui. D’abord, je crois en Elie Grappe, à ses talents de réalisateur et de scénariste. Je l’ai rencontré durant sa formation au sein du département cinéma de l’ECAL - École Cantonale d’Art de Lausanne. J’ai produit son travail de diplôme Suspendu, un court-métrage traitant de l’obstination de l’exercice et de l'entraînement dans le milieu de la danse classique. Quand, il m’a proposé Olga, en 2016, je n’ai pas hésité une seconde. Ensuite, je crois énormément aux fictions mettant en scène des femmes dans l’univers du sport. Cette thématique reste très largement sous-estimée et dévalorisée en Europe pour des raisons qui m’échappent. Donc en tant que producteur, ce projet était important pour moi.

Qu’est-ce qui fait la beauté du film?

Cette fiction s’inscrit dans la tradition des films de type coming of age. Vous savez, ces films qui retracent les moments charnières du passage de l’enfance à l’âge adulte avec toute la complexité entourant la perte de l’innocence. Elie Grappe est parti de ce genre, mais il l’a revisité, transcendé.

Tourner durant la pandémie, c’était un challenge?
Initialement, on devait filmer durant les Championnats d'Europe de gymnastique à Bercy et lors d’un meeting international à Stuttgart. Mais, le tournage a été interrompu au mois de mars 2020 parce que les deux événements ont été annulés à cause de la crise sanitaire. Il n’y avait aucune compétition à l’horizon et donc aucune possibilité de finir le film. Notre casting d’athlètes d’élites ne pouvait plus s’entraîner. Plus les semaines passaient, plus on estimait que le film était en danger. On a cherché désespérément un moyen de le terminer. La seule option qui s’offrait, c’était de reconstituer un championnat en studio.

© DR

Qui a donné l’input de la reconstitution?
Je me suis réveillé un matin, j’ai vu que l’équipe s'était dispersée, ça n'allait pas. Je me suis dit qu’on devait agir. Alors, j'ai suggéré qu’on évalue la faisabilité d’une reconstitution en studio, sans vraiment trop y croire. Finalement, le coût était moins élevé qu’on ne l’imaginait, alors on a foncé. On a reconstitué le championnat d’Europe de gymnastique à Stuttgart. Puis, on a enchaîné avec les tournages à Macolin, Lausanne, Kiev et Stuttgart.

Quelle ville vous a-t-elle particulièrement marquée au niveau du tournage?

On a été très bien accueillis dans toutes les villes. Mais, c’est vrai qu’à Kiev, où on a tourné de nombreuses scènes dont un accident, c’était assez extraordinaire. On avait une équipe hollywoodienne sur place. On n'en revient toujours pas. Et d’ailleurs maintenant, tous les responsables ukrainiens baladent le film comme s’ils l’avaient produit alors qu’ils n’ont pas contribué financièrement. C’est très rigolo de constater ça à Cannes. Mais ce n’est pas grave, c’est toujours positif.

Passer des conditions réelles en studio, ça change la donne, non?

On a relevé le défi. Le réalisateur était content puisqu’il a pu bénéficier de conditions idéales pour le tournage. Filmer dans des conditions réelles, entre deux vrais moments de compétition, ça aurait été un exercice complexe et stressant.

Une séquence marquante?

Il y a une scène assez incroyable du stade avec 20 000 spectateurs. Mais, en réalité, il n’y avait que 100 personnes. Aujourd'hui, on peut faire des miracles avec les effets spéciaux. C'est toujours impressionnant.

On vous glisse la date de sortie d'Olga dès qu'elle est dévoilée.

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