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6 étapes pour obtenir (et maintenir) un dressing idéal

6 étapes pour obtenir (et maintenir) un dressing idéal

«S'habiller toujours pareil est une manière d’inciter nos interlocuteurs-trices à s’intéresser à ce que l’on dit, plutôt qu’à ce que l’on porte.» - Anne Montecer

© GETTY IMAGES/BRO VECTOR

1. Le tri, la base d’une garde-robe organisée

Désolée pour toutes celles et ceux qui rêvaient de sauter sur la case «garde-robe hautement Pinterestable» sans passer par l’étape «j’ai-rempli-50-sacs-de-110-litres-et-je-n’ai-même-pas-touché-aux-manteaux-d’hiver». Avant de partir courir les petites marques de mode écoresponsables, un tri massif s’impose. Le concept: on réunit sur son lit tous (oui, TOUS) les vêtements que l’on possède, ainsi que les accessoires et les sous-vêtements. Et on les passe chacun en revue, pour être certain-e de garder les pièces qui nous vont encore, dans lesquelles on se sent bien, que l’on porte avec plaisir.

«Pour celles et ceux qui ont de la peine à se séparer de leurs affaires, je conseille de créer une pile «seconde chance», explique Anne Montecer, autrice de l’ouvrage Le dressing idéal: la garde-robe pour se réconcilier avec son image et consommer autrement (Éd. Leduc). On les conserve un moment, histoire de voir si ces derniers nous manquent, si on souhaite les reporter… ou les recycler!» Quant aux vêtements que l’on veut donner ou jeter, mieux vaut s’en débarrasser immédiatement une fois le tri terminé. Ils risquent sinon de trouver le moyen de réinfiltrer le fond de nos armoires sans qu'on y prête attention.

Après ce nettoyage en profondeur, un tri saisonnier est vivement recommandé pour garder un dressing bien rangé, composé uniquement de vêtements qui nous vont et que l’on porte.

Pour y voir plus clair, on suspend les rescapées sur des cintres (pantalons, manteaux, t-shirts, …) Seule exception: les pulls en laine, qui se déformeraient ainsi. On préférera les plier et les ranger sur une étagère ou dans un tiroir.

L’astuce à garder en tête: Avant de commencer le tri, notez vos critères sur une feuille de papier. Par exemple «Je me défais de tous les vêtements que je n’ai pas porté depuis 1 an», «Je ne garde que les habits dont la matière me plaît», «Je mets de côté tout ce qui me fait penser à mon époque Miley Cyrus» (on ne juge pas!), etc. Une fois que l’on s’attaque au tri, on aura les idées plus claires en cas de doute sur ce petit pull pailleté super beau mais qui gratte beaucoup trop, ou sur cette paire d’escarpins qui nous donne une allure folle (coucou, Kate M.!) mais que l’on n’a pas enfilé depuis le mariage de Camille et Simon en 2014…

La mauvaise idée: «Je ne suis pas fan de l’idée de joie, chère à Marie Kondo, que je trouve trop stricte et militaire, note Anne Montecer. Selon moi, les états d’âme changent très vite. J’ai une vision bien plus pragmatique: je garde ce que je porte.»

2. Non, les basiques ne sont pas chiants!

    C’est après la naissance de son second enfant qu’Anne Montecer a eu le déclic: «J’ai toujours baigné dans la mode, j’étais gavée de tendances, de photos. Tout allait trop vite, je n’arrivais plus à suivre! Et malgré les sommes importantes que je dépensais dans la mode, j’avais toujours le sentiment de ne rien avoir à me mettre, d’être très stressée chaque matin devant ma penderie.»

    «Au départ, j’ai entrepris cette démarche pour me simplifier la vie. Et ça a tellement bien fonctionné pour moi, que j’ai décidé de partager mon histoire sur Instagram, puis dans un livre.»

    Ainsi, Anne Montecer a cessé d’acheter des pièces ultra tendances qui se démodaient hyper rapidement pour investir dans de beaux basiques, durables et écoresponsables. Un véritable changement de paradigme! «Les basiques, ce sont nos meilleurs amis, ceux sur lesquels on peut toujours compter. Et promis, ils sont loin d’être ennuyants! On peut les porter de mille et une façons, les accessoiriser, les faire correspondre au style que l’on souhaite.»

    Comment sélectionner ses basiques? Seul, le vêtement doit être beau, avoir une belle matière, une belle coupe. «Un t-shirt blanc acheté 10 fr. dans une enseigne de fast-fashion a de fortes chances de se déformer au premier lavage», observe la spécialiste. Tandis qu’un basique de qualité, choisi dans une matière noble, fera toute la différence et tiendra sur la durée. La base d’un dressing responsable!

    Où trouver ses (nouveaux) basiques: Chez les Sublimes, la marque d’Anne Montecer, mais aussi sur Fair’Act, qui répertorie des marques et des boutiques suisses de mode avant-greenistes. Be chic Be ethic propose également un annuaire d’e-shops répondant à ses exigences «slow fashion».

    3. La durabilité comme phare dans la mode

      L’industrie de la mode est ultra nocive pour la planète. Le textile est le troisième secteur qui consomme le plus d’eau dans le monde, juste après la culture du blé et du riz. Il représente également 10% des émissions de gaz à effet de serre mondiaux et a des conséquences sociales désastreuses dans de nombreux pays comme le Bangladesh ou le Pakistan. Comme de plus en plus de consommateurs-rices, Anne Montecer n’as plus pu fermer les yeux sur ce désastre: «Une fois que l’on se penche sur ces aspects, il n’est plus possible de consommer comme avant. Cela donne vraiment une autre vision des choses.»

      «Les gens ont de plus en plus conscience de cela, je le ressens. On ne peut plus dire «je m’en fiche» en 2022.»

      Pour l’experte française, la fast-fashion est «le mal incarné», même si elle refuse de jeter la pierre aux client-e-s: «C’est facile de reprocher aux gens d’aller chez Zara ou H&M, mais on ne s’attaque pas au coeur du problème. C’est aux États, aux gouvernements, de prendre les mesures qui s’imposent. Ça me dépasse que des enseignes comme Shein ou Boohoo puissent continuer de vendre ainsi. Et les plus jeunes sont les cibles de ce marketing agressif.»

      Le bon réflexe à avoir? Se rendre dans des friperies. Mais attention, cela demande de la patience et de l’anticipation: impossible d’être certain-e de trouver LE manteau camel dont on rêve ou le jeans qu’il nous faut pour cet automne. Plusieurs «chasses aux trésors» sont souvent nécessaires. Il peut également être pertinent d’écumer les sites de ventes d’occasion tels que Ricardo ou Anibis si l’on cherche une pièce précise.

      La bonne habitude à ancrer: Anticiper les saisons en se concoctant une liste d’accessoires ou de vêtements à se procurer (à faire également pour le dressing des enfants: on trouve des pépites en seconde-main, à condition de s’y prendre bien à l’avance). Il sera ainsi plus facile de se créer, au fil des semaines, son dressing idéal pour l’hiver, le printemps, l’été ou l’automne. De plus, cela permettra d’espacer les dépenses… et d’économiser! La seconde-main coûte bien moins cher et permet, souvent, de s’offrir des pièces de très belle qualité.

      Le piège à éviter: On ne fait pas du seconde-main la nouvelle fast-fashion. L’idée n’est pas de consommer davantage, que le vêtement soit vendu neuf ou déjà porté! Gare aux tentations…

      4. Les étiquettes, nos nouvelles BFF

      Avec leurs signes inconnus, elles effraient. Souvent, elles grattent ou dérangent, on finit par les couper sans même y avoir prêté attention. Erreur! Si l’on souhaite consommer la mode autrement, il est impératif de savoir décrypter les étiquettes. Car non, toutes les matières ne se valent pas, loin de là. «Le polyester, dérivé du pétrole, est à éviter absolument, explique Anne Montecer. C’est sans doute la pire matière possible, car il libère des microparticules dans les eaux de lavage, puis dans les océans. De plus, le polyester fait transpirer.» La spécialiste note également l’acrylique (qui gratte), l’élasthanne (autre dérivé du pétrole) et le nylon (idem!) dans la liste des matières à bannir.

      Sur quelles matières miser? Les matières naturelles, pardi! Coton bio, lin, soie, laine… On valide. Même si elles ne sont pas parfaites (le coton, notamment, nécessite beaucoup d’eau), elles sont bien plus confortables et vieillissent mieux. Le cupro (fibre 100% biodégradable) et le lyocell sont également respectueux de l’environnement. Enfin, la viscose n’est pas idéale, car son processus nécessite l’usage de gaz toxiques polluants.

      Les ressources qui nous viennent en aide: Vous hésitez avant de vous offrir une pièce? Jeter un œil aux valeurs de la marque, à ses différents labels. La chaîne YouTube de Céline Séris est parfaite pour se familiariser avec ce domaine si vaste, ponctué de nombreux pièges. Des vidéos à regarder absolument pour devenir, vous aussi, expert-e- en la matière (vous l'avez?).

        5. Trouver son style pour éviter les achats compulsifs

        Comment en être? Nous sommes beaucoup à en rêver: trouver enfin LE style qui nous révélera, qui nous rendra heureux-se, bien dans ses baskets (ou ses boots léopard, selon ses préférences). Pour décrypter les vêtements qui nous flattent le mieux, dans lesquels on se sent bien ou powerful, Anne Montecer conseille de se prendre chaque jour en photo. «Très souvent, à travers les clichés, on voit émerger le style qui nous correspond, observe-t-elle. On voit tout de suite ce qui nous va. Et on finit par connaître sa garde-robe par cœur! Cela stimule la créativité.»

        Un vrai plus lorsqu’il s’agit de lutter contre les achats compulsifs: impossible de se retrouver avec un blazer magnifique mais qui ne va avec aucun autre vêtement. «Il faut également apprendre à dire «non», à se détacher de l’avis des vendeurs-euses. Et ne jamais aller faire du shopping pour se remonter le moral, le bénéfice qu’on en retire est si éphémère!»

        Et si on arrêtait de vouloir trouver la perle? Avoir une signature mode, un style identifiable au premier coup d'œil, avouons-le: ce n’est pas à la portée de tout le monde. Et tant mieux! Ce que l’on adore avec les vêtements, c’est l’idée de pouvoir raconter des histoires, se sentir féminin-e, masculin-e, élégant-e, extravagant-e… Si l’on se sent perdu-e, revenons à l’essentiel, aux vêtements qui correspondent à notre mode de vie, aux bons basiques qui nous facilitent le quotidien et nous donnent de l’allure avec trois fois rien. Allons à l’essentiel, débarrassons-nous du superflu. Moins de prises de tête le matin, plus de sous à la fin du mois: une option qui ne se refuse pas.

        Si l’on décide d’acheter malgré tout: On évite à tout prix les soldes. Les panneaux «bonnes affaires» et «incroyables réductions» ont le don de nous faire acheter n’importe quoi à n’importe quel prix. Dans son téléphone ou sur son agenda, on crée une liste de vêtements durables dont on rêve. Avant de sortir sa Maestro, on prend le temps de s’assurer que le nouvel achat correspond à nos critères et figure sur la fameuse liste. Un doute? C’est certainement que ce craquage ne correspond pas à nos besoins et à nos valeurs.

        6. Et si on s’habillait toujours pareil?

          L’autrice de Dressing idéal le martèle haut et fort: «Il n’y a rien de mal à s’habiller tous les jours pareil!» Les marques, les tendances et certain-e-s influenceurs-euses s’échinent à vouloir nous faire croire le contraire. On se sent souvent contraint-e de ne pas reporter les mêmes vêtements que la veille, car «que vont penser les collègues?», «ça ne se fait pas, il faut changer chaque jour d’habits», «c’est la honte d’être habillé-e pareil deux jours de suite!». Tss tss tss: et si on envoyait valser ces règles archaïques?

          Steve Jobs, Inès de la Fressange, Jane Birkin… Les célébrités sont plus nombreuses qu’on ne le pense à s’habiller toujours de la même façon. Et franchement, qu’est-ce que ça fait du bien d’arriver au bureau sans être décryptée de la tête aux pieds! «C’est une manière d’inciter nos interlocuteurs-trices à s’intéresser à ce que l’on dit, à nos idées, plutôt qu’à ce que l’on a sur le dos, observe Anne Montecer. En portant toujours le même look, le créateur d’Apple expliquait que cela lui donnait du temps pour se concentrer sur les choses importantes dans sa vie. Il avait aussi remarqué que les gens l’écoutaient davantage lorsqu’il prenait la parole.»

          Le mantra à garder à l’esprit: Non, le talent ne se trouve pas dans nos vêtements! Et porter tous les jours la même chose, c’est tout sauf grave. Vive l’uniforme, si cela nous libère et nous permet d’avoir davantage confiance en soi.

          Dire «bye bye» à sa machine à laver: C’est un fait: on lave bien trop nos vêtements. Cela pollue, utilise de l’eau, nous fait perdre (beaucoup!) de temps, abîme nos fringues… Apprenons à reconnaître les habits vraiment sales de ceux qui ont juste besoin d’être un peu rafraîchis. Souvent, il suffit de les aérer quelques heures. Faites le test!

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