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Zoom boom: les visios dopent la demande de soins esthétiques

Dossier ZOOM Daly and Newton Getty Images

En matière de soins esthétiques, «Le confinement, ce moment étrange, a accéléré des tendances déjà existantes, il a peut-être créé un basculement plus rapide vers des démarches déjà entamées, dans un sens comme dans l’autre d’ailleurs», analyse Michel Messu, sociologue et auteur d’Un ethnologue chez le coiffeur (Ed. Fayard).

© Getty images

Au temps d’avant, la visioconférence était plutôt rare, les apéros WhatsApp quasi inexistants et les vœux de joyeux anniversaire à grand-maman par Skype interposé un brin science-fictionnels. Mais voilà, depuis ce printemps, on passe plus de temps que jamais sur Zoom et compagnie. Ce qui signifie des heures à parler face à sa caméra, à échanger avec ses collègues à distance… mais surtout, soyons honnêtes, à se regarder soi-même et – pour pas mal d’entre nous – à se trouver des rides et des ridules, des cernes trop marqués, un teint brouillon, un nez tordu… bref, on a mauvaise mine.

Du coup, chez pas mal de monde, pointe une subite envie de s’intéresser à ce qui existe sur le marché de la médecine et des soins esthétiques pour améliorer tout ça. Du simple peeling aux acides de fruits en passant par la rhinoplastie ou les désormais très en vogue injections de botox ou d’acide hyaluronique, les professionnels du domaine sont unanimes: «Disons qu’en Suisse, on va davantage demander un soin qui ne se voit pas trop, type je reviens de vacances, qui va donner un air plus détendu à la personne, estime le docteur Alexandre Campanelli, dermatologue à Genève. Ici, on veut rester soi, mais en mieux. On ne va pas vers des lèvres trop repulpées ou des pommettes trop saillantes.»

Alors certes, l’Europe et la Suisse sont encore loin de régater avec les USA ou la Grande-Bretagne. Le site Save Face, qui recense les professionnels britanniques des soins esthétiques, a ainsi enregistré une hausse de trafic de 40% depuis la première vague et le confinement. Mais chez nous aussi, l’intérêt est très marqué. «Plusieurs fois par jour, en consultation, mes patientes me disent: Je ne me supporte plus ou Je ne me reconnais plus, en rapport avec ces fameuses réunions vidéo Zoom», a remarqué le docteur Sophie Menkes, directrice médicale de Forever Institut, à Genève. Du coup, elle commence par expliquer à ses patientes que l’image sur écran déforme le visage et que, selon la lumière utilisée, il met en avant des zones d’ombre et confère un air vieilli au visage.

En anglais, on l’appelle déjà la lockdown face, le visage du confinement.

Miroir, ô miroir…

Toujours plus prompts à créer des néologismes, les Anglo-saxons ont aussi trouvé un nom à ce phénomène sociétal, le Zoom Boom.

«C’est sûr, la tendance est beaucoup plus marquée aux USA où la médecine esthétique est davantage démocratisée mais, clairement, on sent nous aussi une augmentation de l’intérêt depuis le début de l’année, observe Véronique Emmenegger, cofondatrice et directrice médicale de la Clinic Lémanic. Les gens arrivent avec de nouveaux arguments. Il y a Zoom, certes, mais j’entends beaucoup me dire: Je suis à la maison et je ne supporte plus de me regarder dans le miroir.»

Parmi les soins qui cartonnent? Les injections, donc, mais aussi les peelings chimiques, voire l’insertion de fils résorbables pour un petit effet lifting sans chirurgie. La rhinoplastie est également toujours très demandée.

«Depuis deux ans environ, on constate un regain d’intérêt marqué des jeunes – entre 25 et 30 ans – pour le nez, un effet probablement lié aux selfies», ajoute Mme Emmenegger.

Evidemment, rien de totalement nouveau ici-bas. Depuis plusieurs années déjà, le marché des soins esthétiques prend de l’ampleur. Traitements plus sûrs, plus nombreux aussi et un peu moins chers, expliquent cette tendance, sans même évoquer la disparition d’un certain tabou à avouer être passé par la case médecine esthétique. Toutefois, l’épidémie a accéléré la tendance: autant il était facile de donner le change – et d’avoir l’air pimpant – le temps d’un selfie (avec l’aide d’un filtre ad hoc), autant il est difficile d’être au top du glamour durant une séance de près d’une heure sur Google Meet un lundi matin à 9 heures après avoir visionné durant la nuit l’intégralité de la quatrième saison de The Crown.

Maîtriser son corps, coûte que coûte

«Les soins du corps, voire le travail sur son apparence en général, sont un phénomène large et ancien, mais il est vrai que le confinement a exacerbé cela, analyse Michel Messu, sociologue et auteur d’Un ethnologue chez le coiffeur (Ed. Fayard). Pour faire en sorte de ne pas souffrir de cette apathie contrainte, pour continuer à maîtriser son corps, il a fallu innover! L’offre de cours de gym online, qui explose, participe de cette même envie de rester dynamique et jeune malgré la situation.»

Le phénomène touche d’ailleurs tous les sexes. «Un homme a mentionné qu’à cause du Covid, il avait des réunions en ligne ou des interviews et qu’il voyait ses défauts, raconte Maeva Di Fazio, chargée de communication chez Masculin Center, qui exploite plusieurs centres de soins réservés aux hommes en Romandie. Nous lui avons prodigué un soin classique avec épilation et il fera six séances de photorajeunissement prochainement.» Si les hommes sont moins enclins à se tourner vers les injections, le confinement a tout de même fait apparaître une nouvelle demande chez les plus de 50 ans. «J’ai été frappée par le nombre de questions autour des implants capillaires sur le haut du front, note Véronique Emmenegger, parce que – on le comprend en discutant avec eux – ils ont été surpris de se trouver vieillis en assistant à des visioconférences!»

Les soins du contour des yeux, tous sexes confondus, sont plébiscités, surtout depuis qu’ils sont autant mis en avant… par le port du masque. «Quand quelqu’un se présente à la clinique en disant: J’ai mauvaise mine, ça peut être une bonne solution, car ça résout pas mal de choses en même temps», assure Véronique Emmenegger. Alternativement, ils envisagent un petit coup de laser pour enlever la couperose, les taches de vieillesse et embellir en même temps le teint, les possibilités sont nombreuses.

Garanti sans éviction sociale

Par ailleurs, cette période singulière offre un avantage à celles et ceux qui souhaitent faire le pas: du temps. Pour se renseigner, évidemment, mais surtout pour se reposer après le traitement. «Les patients profitent aussi de cette période pour faire tous les traitements qui occasionnent effets indésirables et éviction sociale: chirurgie, injections avec risque d’hématomes, traitements laser qui peuvent laisser des croûtes ou créer des rougeurs temporaires», observe encore Sophie Menkes.

Temps à disposition, possibilités plus nombreuses que jamais, reflet de son visage renvoyé à longueur de journée, le tout prenant place dans une société plus tournée que jamais vers l’image, les facteurs qui expliquent ce boom des soins esthétiques s’additionnent.

«Le confinement, ce moment étrange, a accéléré des tendances déjà existantes, il a peut-être créé un basculement plus rapide vers des démarches déjà entamées, dans un sens comme dans l’autre d’ailleurs», analyse Michel Messu.

Ainsi, celles et ceux qui hésitaient depuis longue date à franchir le pas ont trouvé là la motivation supplémentaire nécessaire. A l’autre bout du spectre, paradoxalement, cette vie en semi-confinement a permis à d’autres de s’affranchir de certains diktats, en renonçant par exemple à la coloration capillaire, à l’épilation ou au maquillage. «Mais quoi qu’on fasse, l’importance du regard des autres n’a pas changé. On veut toujours projeter une image de soi qui reflète notre identité et être confiné n’a pas tellement changé les choses», conclut Michel Messu.

Avoir l’air en forme en visio en 6 points

Choisir son emplacement. L’idéal est de se placer face à une fenêtre ou de profiter d’une source de lumière latérale. Si vous avez la peau claire, préférez un fond neutre et clair, vous éviterez d’être surexposé et d’apparaître tel un fantôme. Surtout, on évite la lumière qui vient du haut pour contrer l’effet cernes de zombie.

Si besoin, ajouter de la lumière. Pas assez de lumière naturelle? Munissez-vous d’une lampe de bureau, à placer derrière votre écran. Les pros des selfies le savaient déjà, mais les ring light, ces ampoules LED circulaires, sont la panacée pour unifier le teint. Elles représentent toutefois un petit budget.

Vérifier ses réglages de caméra. Farfouillez dans les réglages de votre application de visioconférence. Certaines ont une option du type Retoucher mon apparence, comme Zoom, qui ajoutera un léger flou, rendant le grain de peau plus lisse.

Ne pas hésiter à sortir sa CC cream. La caméra faisant ressortir les rougeurs, le premier réflexe est de (res)sortir sa CC cream, qui unifiera le teint et atténuera les irrégularités. Préférez des produits matifiants, la caméra ayant tendance à nous rendre brillant. Il existe par exemple de petits papiers matifiants à utiliser juste avant sa séance online.

Surélever son ordinateur. Si on travaille sur portable, il y a fort à parier que la caméra soit placée trop bas. Surélever l’ordinateur permet de mettre en valeur le visage.

Sourire. Oui, un léger sourire est le meilleur remède contre la mauvaise mine. De quoi éviter ce que les Anglo-saxons appellent élégamment la RBF (pour Resting Bitch Face).

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