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«On est partis faire les 26 cantons en van»

Road trip 26 cantons

Nous entretenions la flamme des enfants en leur faisant tenir ce que j’ai appelé des cahiers de gratitude. Chaque jour, ils y consignaient ce qu’ils avaient aimé, les épisodes heureux, des anecdotes.

© Thomas Terrettaz

J’aime l’aventure et, sans être Sarah Marquis ou Mike Horn, je souhaite que mes enfants découvrent qu’il existe autre chose que Penthalaz, qu’ils s’ouvrent aux autres et à la beauté du monde. Dans la famille, c’est vrai, c’est un peu moi la droguée du voyage. Du coup, les autres sont bien obligés de suivre! Il faut dire que cette passion vient de loin dans notre couple, puisque notre lune de miel a pris la forme d’un périple de deux ans autour du monde façon routard. En famille, nous avions déjà une expérience de trois mois en Inde puis en Nouvelle-Zélande et, l’an dernier, nous étions partis en van vers la Grèce, traversant l’Italie à l’aller et les Balkans au retour.

Cet été, nous voulions voyager deux mois au Portugal, mais la crise du Covid rendait la chose un peu délicate.

Nous avons alors sauté sur l’idée d’amis qui voulaient que leur nouveau van passe par tous les cantons. Mais ce qu’ils planifiaient sur plusieurs années, nous avons décidé de le faire en quelques semaines. Avec une nuit dans chaque canton, ça nous semblait jouable. Et puis, pour intéresser les petits, il faut se fixer des buts et des défis ludiques.

Le 13 juillet, nous avons embarqué avec nos quatre garçons de 13, 8, 5 et 2 ans et demi, complétés des deux filles de 7 mois et 11 ans que nous accueillons en ce moment. Nous avions aménagé nos deux vans, d’increvables bus VW T4 de 1998. Toutefois, à huit, il a fallu faire preuve d’un peu d’organisation. A l’étape, chacun avait sa tâche: les tables à sortir, les chaises, l’installation du réchaud à gaz et ses deux feux, l’abaissement des sièges et la mise en place des lits, la préparation du repas…

Les cantons romands ont été l’occasion de roder cette organisation, de rencontrer des amis, de visiter entre autres les gorges de l’Areuse (NE), de monter au Chasseral (BE) ou de tester le téléski nautique d’Estavayer (FR). C’est en Suisse alémanique que les choses sont réellement devenues sérieuses. Nous nous étions équipés comme des touristes, avec le Guide du routard Suisse et le Passeport Loisirs, qui permet de bénéficier d’une entrée gratuite pour une entrée payante pour plein d’activités.

Cahiers de gratitude

Nous avions un plan de route mais, côté activités, nous y allions au jour le jour. Nous avons ainsi découvert Conny-Land (TG), notre Europa Park suisse, avec ses manèges et ses otaries, mais aussi le lac du Klöntal (GL) et ses airs de fjord norvégien. Dans notre circuit, nous avons intégré la fabrique de chocolat Camille Bloch, à Courtelary (BE), l’inventeur du Ragusa, aussi bien que le Technorama de Winterthour (ZH) ou la baignade dans le Rhin. Toutefois, c’est le Lion de Lucerne – sculpté dans la roche en mémoire des gardes suisses morts pour Louis XVI – qui, avec sa beauté d’animal blessé, a le plus touché les enfants.

De notre côté, nous avons été époustouflés par le Brunnital (UR), la vallée qui monte vers le col du Clausen, et les abords du lac des Quatre-Cantons.

Partout, des centres de loisirs aux minigolfs, des musées aux circuits de karting, il y avait très peu de monde. A Lucerne, le parking du lion blessé a même été converti en place de pique-nique.

Le parking de nos vans pour la nuit, justement, s’est révélé plus simple et sympa que nous le redoutions. L’application Park4Night recense tous les spots pour installer son camping-car ou son van. Certains sont même carrément idylliques, en bordure de lac ou de forêt. Comme il y a des photos, on choisissait au feeling. Souvent, on trouve des toilettes, des aires de pique-nique et c’est toujours très propre. Comme nous n’avions qu’une douchette rudimentaire, surtout destinée aux bébés, nous profitions de points d’eau, de piscines ou des lacs pour nous laver vraiment. A quelques reprises, il a fallu faire avec des odeurs désagréables, mais ça n’a jamais refroidi notre enthousiasme!

En fait, nous entretenions la flamme des enfants en leur faisant tenir ce que j’ai appelé des cahiers de gratitude. Chaque jour, ils y consignaient ce qu’ils avaient aimé, les épisodes heureux, des anecdotes. C’était une manière de dire merci pour ces jolis moments.

Ils y dessinaient aussi le drapeau de chacun des cantons que nous traversions. Pas plus qu’eux, je ne me souvenais que les armoiries de Schaffhouse comprenaient un bélier! En y ajoutant mon propre journal de bord, nous nous sommes constitué un compte rendu de nos aventures familiales au jour le jour, pour plus tard.

La douche froide

Est-ce que les Suisses sont sympas avec les touristes de leur propre pays? Oui, vraiment. Lorsqu’on arrive, on sent parfois qu’on perturbe les habitudes, mais quand les enfants paraissent, tout se détend. Souvent, les questions fusent et la curiosité brise rapidement la glace. Surtout, nous nous sommes rendu compte de la chance que nous avions de vivre dans ce pays si sécurisant, si facile, sans peur de braquage ou de vol.

Conduire et visiter la journée, avant de s’arrêter sur un spot, généralement en fin d’après-midi, monter le camp, manger, une petite veillée et au lit vers 22 h… notre vie était finalement bien réglée et presque plus tranquille qu’à la maison! Trop, sans doute. La veille de la fête nationale, alors que les Grisons, le Tessin et le Valais nous tendaient les bras, un de nos vans a connu un problème d’embrayage puis de liquide de frein. Le verdict du garagiste zougois a été sans appel: plus de cols pour notre engin si nous voulions continuer à rouler! Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, nous avons passé un 1er Août tout simplement génial chez des amis fribourgeois. Nous avons ensuite mis le cap sur la maison, non sans avoir acheté une de ces guirlandes de drapeaux cantonaux. Pour le souvenir, bien sûr, mais aussi pour que les enfants puissent poser des colles à nos invités, bien en peine de faire mieux qu’eux dans la reconnaissance des armoiries cantonales. Pour la suite, nous avons plein de rêves, mais il s’agira surtout de croquer la vie à pleines dents, sans peur du risque, et de transmettre ces valeurs à nos enfants.

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