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«Nous avons tout quitté pour ouvrir une maison d'hôtes en Provence»

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«Nos amis nous disaient qu’on n’avait pas besoin de partir en France pour ralentir. En même temps, on se plaint tout le temps du stress de nos vies, et on se demande que faire pour que cela change. Partir permet une coupure et repenser le quotidien.»

© DR

Gérer des chambres d’hôte, c’est un rêve pour beaucoup de gens, mais ce n’était pas vraiment le nôtre. Nous avions surtout envie de changement, mon mari et moi. Nous avions fait le tour de nos vies professionnelles en Suisse. Notre projet devait être familial, convenir à tous les deux, avec nos aptitudes respectives, et nous permettre de passer plus de temps avec notre petit garçon. Michael est plutôt axé finances, moi je travaillais comme assistante de production à la radio, à nous deux nous avions de nombreuses qualités à mettre en avant. L’idée de la chambre d’hôte est alors apparue. Un projet compliqué en Suisse si l’on n’est pas propriétaire d’un bâtiment qui s’y prête. Nous ne voulions pas non plus trop nous éloigner. Nous avons opté pour la Provence, pour la beauté de ses villages préservés et la douceur de son climat.

Nous avons commencé nos recherches bêtement sur internet, en tapant «Maison d’hôte Provence à vendre» dans Google! Nous avons eu de la chance, nous avons eu le coup de cœur pour la première que nous avons visitée. Et pourtant, nous avions une très longue liste d’exigences! Celle-ci les cochait toutes. Nous ne sommes pas assez bricoleurs pour assumer de longues rénovations, donc elle devait être rénovée, avoir le cachet de l’ancien et habitable immédiatement. Nous voulions une école à proximité, limiter l’utilisation de notre voiture, et un environnement vivant. C’est le cas de Pernes-les-Fontaines, où nous sommes installés (en plein centre!), un charmant village historique de taille moyenne, avec des commerces, des restaurants, ce qui nous permet de travailler toute l’année.

Les gens viennent volontiers hors saison, il y a suffisamment de choses à faire même quand nous avons fermé la piscine. Deux de nos cinq chambres sont équipées d’une baignoire balnéo et nous avons un hammam, parfait pour des week-ends cocooning en amoureux en automne ou en hiver! Et nous sommes à seulement quatre heures de Genève.

Nous avons commencé l’exploitation au début de cette année, et ce premier été a été bien rempli. Nous en parlons avec légèreté maintenant, mais tout n’a pas été facile, changer de pays est toujours compliqué au niveau administratif, et nous avons monté ce projet entre deux vagues de Covid. Le bâtiment vieux de 300 ans était exploitable de suite, mais nous avons travaillé la déco, les petits-déjeuners faits maison, l’accueil, tout ce qui peut faire la différence dans ce type de tourisme où la concurrence est rude. La pression est grande car tout est noté aujourd’hui via internet. Heureusement, pour l’instant les retours sont très positifs.

Les villageois nous ont bien accueillis malgré nos gros accents! Ils ont évité les clichés sur l’argent, le chocolat. Le fait qu’on se soit mariés dans le village ce printemps a aussi aidé, nous avons rencontré beaucoup d’artisans et de commerçants de la région.

Nous avons trouvé ce que nous cherchions, mais nous n’avons pas prévu de finir nos jours ici. La Suisse nous manque, nos familles aussi. C’est vraiment une parenthèse de quelques années pour souffler, découvrir autre chose, profiter de ce moment dans un monde rempli d’incertitudes. D’où le nom de notre chambre d’hôte, Le Temps suspendu!

Nos amis nous disaient qu’on n’avait pas besoin de partir en France pour ralentir. En même temps, on se plaint tout le temps du stress de nos vies, et on se demande que faire pour que cela change. Partir permet une coupure et repenser le quotidien.

Une micro-entreprise qui roule

Nous avons de la chance de pouvoir vivre tous les deux de cette activité, ce n’est pas toujours le cas. C’est une micro-entreprise où nous sommes nos propres patrons. Travailler H24 ensemble n’est pas facile (rires), mais avec une bonne organisation et une répartition intelligente des tâches, on arrive à dégager du temps libre pour nous. Nous aimons bien aller courir, faire du vélo (oui, nous sommes plutôt sportifs) ou découvrir la Provence. La matinée est consacrée au petit-déjeuner et au ménage, l’après-midi aux courses, à l’accueil, à la préparation de pâtisseries, il y a toujours quelque chose à faire! Le soir est plus tranquille, en famille.

Notre petit Elias participe à la vie de la maisonnée, c’est très enrichissant pour lui. Il accueille les gens en allemand, en anglais, «Guten Tag», «Hello»! Il demande qui seront nos «invités» aujourd’hui!

Après les cinq mois d’été où nous avons travaillé non-stop, le rythme redescend un peu. Sur l’année, nous allons sans doute travailler presque autant que dans nos jobs précédents, mais avec une plus grande satisfaction. Ici, on est dans le concret, on voit immédiatement si un client est content (ou pas!) et on peut rectifier. On est bien loin de la «réunionite» aiguë qui caractérise le travail en bureau de nos jours, et dont, il faut bien le dire, nous étions fatigués.

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