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Mon fils est-il médium?

Je ne suis pas croyante au sens traditionnel du terme

Si j’ai été élevée en Suisse allemande dans une famille aux valeurs protestantes, j’ai eu la chance d’avoir des parents très ouverts sur tout ce qui touche à la spiritualité. Le paranormal, les histoires surnaturelles? Ça ne m’a jamais fait peur. Sans être baignée là-dedans, j’en avais déjà entendu parler étant enfant. Je me souviens entre autres de l’histoire d’une cousine terrorisée par la présence de fantômes dans la ferme où elle habitait. La famille avait fait appel à une de ces femmes à pendule pour les chasser. Si l’histoire en avait fait rire plus d’un dans le village, personne n’avait douté de sa véracité. Encore moins à la maison. Pour ma maman, les esprits existaient. Point.

J’ai hérité cette même certitude tranquille. Je n’ai pas besoin de connaître le pourquoi et le comment pour croire en quelque chose. Sans être pratiquante, je sais au plus profond de moi qu’il y a des forces qui nous dépassent. Une vie autre que celle que les yeux peuvent voir. C’est ce qui m’a permis de ne pas m’inquiéter, je pense, le jour où j’ai senti que mon enfant était peut-être différent.

Les premiers signes sont apparus quand il avait 4 ans

Ça a commencé avec la peur du noir. Il ne voulait plus dormir la porte fermée. Je le retrouvais souvent réveillé, au milieu de la nuit, avec la lumière allumée dans sa chambre. Quand je lui demandais pourquoi, il me répondait: «Quand j’allume, ils disparaissent.» Je pensais alors que son imagination d’enfant lui jouait des tours.

Mais le phénomène a perduré. Avec le temps, il a pu m’expliquer qu’il voyait des «gens» au milieu dela pièce. Pour se protéger, il s’enroulait chaque soir dans son drap de lit comme une momie, ne laissant apparaître que le visage. C’est un rituel qui a duré jusqu’à ses 12 ans, qu’il a fêtés l’année passée. Il y a eu des périodes où les «présences» ne partaient pas même avec la lumière. David demandait alors à venir dormir dans notre lit.

Au début, je ne me suis pas dit qu’il avait un don ou des prédispositions…

Mais en grandissant, il a commencé à percevoir des présences ou plutôt des énergies durant la journée sous forme de nuages ovales, en couleurs, dans le jardin ou ailleurs. Parallèlement, il a développé une hypersensibilité aux personnes, réussissant à sentir si elles sont malades ou malheureuses. Cette acuité m’a toujours beaucoup impressionnée. Les adultes doivent le sentir, car il les attire. David préfère d’ailleurs la compagnie de tout-petits ou de personnes plus âgées, plutôt que celle d’enfants de son âge. C’est un être à part, très sensible et solitaire. Il n’a aucun ami. Souvent, il part seul faire de longues balades.

Il y a une année, il a vu apparaître son grand-père, décédé six mois plus tôt d’une longue maladie. Ça a été un moment très fort. David était en train de terminer sa tartine du matin pendant que nous nous préparions pour la journée quand j’ai entendu un cri. Il a accouru vers nous, plus surpris qu’effrayé, je crois.

«J’ai vu grand-papa», m’a-t-il dit

Il m’a expliqué que ce dernier s’était soudain trouvé à ses côtés dans la cuisine et qu’il était allé ouvrir le store bleu de la porte-fenêtre donnant sur le jardin. Je ne me suis pas demandé si c’était vrai ou pas. Pour moi, si une personne pouvait revoir mon beau-père, c’était mon fils. Je suis toujours émue quand je repense à la relation qu’avaient tissée cet homme malade et bourru et mon petit David. Ils avaient un lien très fort. Malgré son jeune âge, mon fils avait senti la maladie dont nul ne parlait et réussi à percer la carapace de son grand-père. C’est important qu’ils aient partagé un bout de vie commun.

J’ai proposé à David de parler de ce qu’il avait vu à sa grand-maman. Je n’ai pas voulu être là quand il l’a fait, parce que je ne veux pas donner mes mots, mon interprétation, à ce que vit mon enfant. Ma belle-mère l’a cru. Elle m’a dit: «Il n’est pas venu vers moi, mais vers David», presque déçue de ne pas avoir vu elle-même son mari. Elle avait rêvé de son époux, et mon fils le lui a rappelé: «C’est un signe. Il faut que tu acceptes. Qu’est-ce que tu veux de plus comme preuve?» Ma belle-mère s’est ouverte à l’idée qu’il y ait une vie ailleurs, grâce à David. Je trouve ça très beau.

Nous ne parlons pas de ce don en dehors de la famille

David sent instinctivement qu’il ne faut pas qu’il le fasse. Il sait en revanche qu’il peut me faire confiance ainsi qu’à ma maman. Son papa est également au courant, mais il n’aime pas trop en parler. Pendant toutes ces années, je l’ai surtout beaucoup écouté. Je n’ai jamais cherché à aller plus loin, à me documenter ou à faire autre chose. Je ne veux pas ancrer quelque chose en lui, ni qu’il pense qu’il n’est pas normal. D’autant que, à mes yeux, le paranormal fait partie de la normalité. En fait, je protège mon garçon en ne faisant rien.

Il y a quelque temps, je lui ai quand même proposé d’aller voir mon énergéticien, davantage pour l’aider à gérer sa nervosité et sa grande sensibilité que pour parler de ses prédispositions à la clairvoyance. Ce spécialiste est un ami de longue date, qui a ouvert une école suisse de médiumnité à Neuchâtel et à qui je n’ai jamais parlé des dons de David. Je voulais qu’il ait une approche neutre de mon enfant pour qu’il puisse se faire sa propre idée. Mon fils a accepté de le rencontrer. Il en est revenu allégé. Mon ami lui a dit que les énergies qu’il voyait étaient tout à fait naturelles. «Si on veut les voir, on les voit. Ça part et ça revient. Donc ce n’est pas grave, maman», m’a rapporté David.

Je ne sais pas si mon fils a véritablement un don de médium

C’est un terme que je n’aime pas tellement. J’ai lu un article sur les enfants de lumière et c’est ce qui lui correspondrait le mieux. Dernièrement, nous avons déménagé et j’ai l’impression que les phénomènes se sont atténués. Si David a un don, peut-être qu’il y reviendra plus tard, quand il sera adulte. Ce sera à lui de décider s’il veut le développer ou pas. Mais pour le moment, j’essaie de faire en sorte qu’il vive sa vie d’enfant le plus normalement possible.

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