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Mamans et aventurières, elles participent à un rallye automobile

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Isaline et Maïté, deux mamans prêtes à se défier.

© Corinne Sporrer

«Moi, c’est Isaline, la petite blonde. J’ai 36 ans. Femme au foyer et blogueuse, je suis Jurassienne mais je vis à Eclépens avec mon homme et nos quatre enfants.

Moi, c’est Maïté, la grande brune. J’ai 35 ans. Educatrice sociale au sein de la protection de l’enfance, je viens du nord de la France et j’habite à La Sarraz avec mon mari et nos deux filles.

Ensemble, nous sommes les Chtites Suisses, un duo uni par une profonde amitié et l’espoir un peu fou de nous aligner au départ du «Trophée Roses des Sables - rallye 100% féminin et solidaire», qui doit se dérouler au Maroc au mois d'octobre 2018.

A priori, c’est tout simple. Sauf que ça ne l’est pas ou du moins pas tout à fait. Participer à un raid automobile de dix jours, parcourir entre 5000 et 6000 kilomètres dans le désert sans GPS, seulement munies d’un road-book, d’une carte et d’une boussole, quand on est de simples mamans sans aucune expérience de pilotage ni connaissance de la mécanique… franchement!

Tant pis, notre envie est vraiment trop forte. Non seulement parce que ce challenge correspond pleinement à nos valeurs et permet de soutenir des associations comme Enfants du désert, la Croix-Rouge française et Cancer du sein, parlons-en!; mais aussi parce que nous avons viscéralement besoin de nous dépasser, de nous mettre à l’épreuve personnellement en sortant de notre zone de confort et de nous confronter à nous-mêmes. Par exemple, comment allons-nous vivre le fait de devoir faire confiance à notre intuition?

Un raid hors-piste dans le désert? On l’a fait!

Cela dit, l’un des paramètres essentiels, pour nous, est de pouvoir prouver à nos enfants que rien n’est impossible quand on s’en donne les moyens. On veut qu’ils sachent qu’il est indispensable d’avoir la force et la détermination de croire en ses projets. Peu importe le chemin, peu importent les difficultés et ce qu’en pensent les gens, si cela nous convient! Il faut juste oser être soi. En plus, autre facteur primordial à nos yeux, nous voulons également montrer à nos filles (nous en avons trois à nous deux!) que ce n’est pas parce qu’on est femme qu’on doit se mettre des limites et que, même quand on est maman, on doit pouvoir se réaliser en dehors de sa famille.

Un rêve qui a doucement pris forme

Bon… à ce stade, même si on est très enthousiastes et optimistes, on doit aussi être réalistes: notre route est encore longue avant le départ, car nous n’avons pas bouclé notre budget. Mais heureusement, nous pouvons compter sur le soutien indéfectible de nos maris. Ils sont à fond derrière nous et nous aident, autant moralement que pratiquement, pour que nous puissions partir. Finalement, cette aventure est un peu devenue la leur aussi et ils se mobilisent vraiment pour que nous arrivions à aller au bout de notre rêve.

Un rêve qui a pris forme assez récemment, quand on y pense. Nous nous sommes rencontrées il y a à peine cinq ans par l’intermédiaire de nos deux aînées qui partageaient la même crèche. Elles étaient devenues inséparables et, rapidement, nous aussi! Il faut dire que nous vivions des situations parallèles. Nous étions l’une et l’autre dans des périodes charnières: enceintes de notre deuxième enfant et, immigrées dans le canton de Vaud, nous n’avions pas grand monde à proximité pour nous aider et nous épauler dans notre quotidien de jeunes mamans. Du coup, nous nous sommes très naturellement rapprochées, on a commencé à tout se raconter, à faire plein de choses ensemble. Ce qui était d’autant plus facile que nos compagnons se sont eux aussi tout de suite super bien entendus, si bien qu’on a assez vite constitué une espèce de grande tribu!

Bref, de journées en soirées, d’épreuves de vie en réussites et de rigolades en discussions durant lesquelles on évoquait notamment «les trucs qu’on aimerait faire… un jour», le temps a passé. Et voilà que fin 2017-début 2018, les choses se sont un peu précipitées: nous rêvions toutes les deux depuis très longtemps de participer à un rallye et de faire un voyage humanitaire - le Trophée des Roses était fait pour nous!

La machine est lancée

On a donc commencé à y réfléchir vraiment et à en parler à nos maris. Ils nous ont immédiatement confortées dans l’idée qu’il fallait qu’on se lance. Dans ces conditions, pourquoi attendre? Pourquoi ne pas essayer? En gros, on sentait qu’il était temps d’arrêter de se mettre des freins et d’oser faire ce qu’on avait envie de faire.

Donc… hop! On a commencé à carburer et à se renseigner un peu plus sérieusement. Ensuite, on s’est inscrites au Trophée et on a rencontré d’anciennes Roses pour savoir un peu ce que cette aventure impliquait concrètement. Elles nous ont expliqué comment les étapes se déroulaient, raconté des anecdotes, rassurées et parlé de la solidarité entre équipages (ndlr: environ 300 en moyenne, dont 4 suisses).

Vidéo: les coulisses du Trophée Roses des Sables

Parallèlement, on s’est mises à élaborer des stratégies pour financer notre affaire. Même si l’organisation met à disposition pas mal d’outils pour nous aider, il faut avouer que c’est un défi énorme. En comptant tout, de l’inscription aux casques en passant par les réchauds, les provisions, les tentes et le week-end de formation, qui se déroule en Alsace quelques semaines avant le départ du rallye, c’est très cher et parfois un peu déstabilisant, mais on ne lâche rien! Du coup, on est très actives sur les réseaux sociaux, on organise régulièrement des événements de soutien et on a lancé la récolte du matériel que nous distribuerons sur place.

Mille et une questions

Evidemment, ce n’est pas tout. Dans le même temps, tout en continuant à gérer notre quotidien, on doit aussi sécuriser nos minots, apaiser les petites peurs qu’ils pourraient avoir quant à notre projet. Nous leur avons bien sûr tout expliqué dès le départ, histoire qu’ils comprennent bien les tenants et aboutissants de cette aventure. Cela dit, globalement, ils réagissent plutôt bien. L’une des filles voulait même nous donner le contenu de sa tirelire «si on n’avait pas assez» et un des garçons demande régulièrement à revoir la vidéo explicative parce qu’il trouve ça génial! Donc, à première vue, ça va, ils ne sont pas trop inquiets. Moins que nous, à vrai dire. parce que nous ne savons pas du tout comment nous allons vivre cette séparation. On fait bien entendu complètement confiance à leurs pères et à leurs grands-parents, qui vont s’occuper d’eux pendant la course, mais… on n’aura jamais passé autant de temps sans eux!

Et ça, ça n’est que l’une des mille et une questions qu’on se pose. On a beau s’être informées et se préparer le mieux possible, on ne peut pas prévoir l’imprévisible. Du coup… est-ce qu’on devra mettre les mains dans le cambouis? Saurons-nous utiliser la boussole correctement? Comment les étapes se passeront-elles?

Une chose au moins est certaine: humainement, nous n’avons aucun souci. Car si nous avons des tempéraments très différents, ça ne nous empêche pas d’être idéalement complémentaires. D’un côté, on a la sportive, authentique, naturelle, réfléchie et structurée, celle qui prendra calmement les choses en main dans le désert. De l’autre, on a l’intuitive, la fonceuse déterminée qui ose relever les défis qu’elle se pose, celle qui commencera par pleurer… avant de se secouer et de réagir. En clair, on se connaît l’une l’autre par cœur et comme on fonctionne en communiquant, on sait qu’on peut vraiment tout se dire, exprimer librement ce qu’on ressent. Si l’une de nous a besoin que l’autre se taise et la laisse tranquille, par exemple, eh bien elle le manifestera sans chichis! Savoir ça, c’est rassurant.

Pour le reste, tout le reste, nous aviserons quand nous y serons, Avec, comme objectifs principaux, d’arriver au bout du rallye tout en y prenant un maximum de plaisir!

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