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Chronique sexe

Rapports sexuels: Et si on arrêtait de diaboliser la panne?

La panne: le corps est un sujet de sensations, pas un objet de contrôle

«Le corps devient alors un objet de contrôle, plutôt qu’un sujet de sensations. Alors même qu’il est notre principal partenaire de vie…» - Romy Siegrist

© PETITES LUXURES

Terme utilisé tant pour parler d’une situation provoquée propice à un rapprochement sexuel (i.e. «il m’a fait le coup de la panne») que pour en signifier son «empêchement» (i.e. «il a eu une panne»). Si le premier cas de figure tend à disparaître – nos moyens de transport étant moins individualistes (bonjour les transports publics) mais aussi plus sportifs (bonjour les vélos) –, son deuxième sens demeure usage courant. Or, dans ce dernier cas de figure, il n’y a pas à dire, quand c’est la panne, pour beaucoup, c’est la pann-ique, et souvent on pas nique…

Halte à la performance!

La faute à qui? Sans doute en partie aux représentations normées autour de nos corps et de nos sexualités, et aux exigences de performance et de productivité: il faudrait faire, et non pas juste être. Et puis il faudrait, quand l’un des partenaires possède un pénis, que ce dernier soit bien bandant tout le temps, sinon, eh bien, «on ne peut pas baiser». Erreur. Les pénis même flaccides restent sensibles, et la pénétration, si elle est souhaitée, n’est pas forcément pratiquée qu’avec cet organe. Et puis les pratiques orales et manuelles, c’est aussi du sexe, et dans les faits, tout le corps peut être sexualisé.

Alors on se calme, parce qu’hormonalement, le stress ne va pas aider à «remettre les choses en route».

D’ailleurs, le terme de panne fait sémantiquement référence au jargon mécanique, comme si nous étions des machines, qui devraient fonctionner à la demande, et que la panne indiquerait que quelque chose était cassé.

Dès lors, le corps devient un objet de contrôle, plutôt qu’un sujet de sensations. Alors même qu’il est notre principal partenaire de vie… Et qu’il a son propre temps, n’en déplaise aux représentations réductrices des mécanismes sexuels! On ne bande pas tout le temps très dur, ni on ne mouille pas toujours très fort: ces processus sont plus cycliques que linéaires, tant dans la vie en général que dans un même rapport. En gros, il n’y a pas que le plaisir qui est par vagues. Alors, de ces «angoisses paniques», essayons d’en faire un «mouvement panique» (spéciale dédicace à Arrabal, Topor et Jodorowsky), et une forme de célébration du dieu Pan et de sa belle flûte. Comment ça, ça n’a rien à voir?

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