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Santé mentale

Comment cultiver davantage de bonheur (malgré tout)

Comment cultiver bonheur malgre tout

«Pour être heureux-se et en bonne santé, on a besoin de ressentir trois fois plus d’émotions positives que d’émotions négatives», relaye la psychologue Sarah Allart.

© GETTY IMAGES/WE ARE

Moral en berne, stress ambiant ou encore difficulté à (re)trouver sa place au travail… 2022 promettait pourtant un nouveau départ, mais force est de constater que l’actualité noire de ce début d’année a de quoi ébranler notre foi dans le bonheur. L’occasion de se tourner vers le nouvel ouvrage de l’experte en gestion des émotions, Sarah Allart. Sorti mi-janvier, I feel good, 5 étapes pour activer le pouvoir des émotions positives (Éd. Larousse), une sorte d'antidote en 47 rituels et autant de réflexions, promet de booster bien-être et espérance de vie. Celle qui a eu l’idée de ce livre, au début de la pandémie, enceinte et fatiguée psychologiquement, alors qu’elle se sent a priori «équipée» pour ne pas l’être, rassure, en indiquant que cet ouvrage n’est pas une injonction au bonheur. L’objectif est plutôt d’offrir «une stratégie pour mieux comprendre son terrain émotionnel, apprendre à cultiver ses émotions positives, ne pas ressentir de l’anxiété permanente, être en bonne santé ou encore mieux travailler». Quelques points pour être plus heureux-ses, et faire durer l'éphémère Journée internationale du bonheur (c’était le 20 mars).

Accueillir ses émotions négatives

Selon Sarah Allart, on devrait davantage considérer nos émotions négatives - réputées pour être «plus contagieuses que les virus» - comme un panneau de signalisation, à l’instar d’un STOP. Car les émotions négatives peuvent signifier santé et bien-être en danger! «Il est utile de les nommer, conseille-t-elle, il faut aussi les interroger: pourquoi je ressens ces tensions dans le corps? Pourquoi suis-je furieux-se ou agacé-e?» La psychologue rappelle qu’il est important d’écouter ses sensations le plus justement possible: «c’est une hygiène de vie qui se travaille», informe-t-elle. Pour réussir à réguler les émotions négatives, l’experte recommande par ailleurs de trouver son propre moyen d’expression.

Pour certaines personnes, ce sera de coucher ses pensées sur du papier, pour d’autres, de pratiquer la respiration abdominale, ou encore de «danser ses émotions», comme elle le décrit dans son livre. De manière générale, l'autrice conseille d'être proactive face à son bien-être en se répétant régulièrement: «Que puis-je faire à mon échelle?» Dernière information sur la thématique révélée par la chercheuse Barbara Fredrickson à garder en tête: «Pour être heureux-se et en bonne santé, on a besoin de ressentir trois fois plus d’émotions positives que d’émotions négatives», relaye Sarah Allart. Le bon moment pour inverser la machine.

Réinventer ses journées

«Les gens heureux n’ont pas de grands moments d'extase, mais plein de petits moments de bonheur dans leur vie», distingue Sarah Allart, qui observe que les gens ont souvent cette fâcheuse tendance à chercher le bonheur avec un grand B.

Pour elle, le but est plutôt de semer de «petites décharges électriques», en prenant le temps de célébrer, par exemple, de petites victoires quotidiennes grâce à certains rituels. Dans son cas, c’est d'entamer fréquemment des marches de gratitude qui consistent à lister les choses dont elle est reconnaissante.

D’un point de vue professionnel, pour survivre à ses collègues qui auraient tendance à tout voir en noir, l’autrice nous souffle l’idée d’endosser le rôle de l’atout positif de l’équipe. Apporter des cookies, lancer un bonjour jovial, féliciter un-e collègue, diffuser un bon résultat ou un point positif en début de séance… sont autant de pistes qui doperont le moral des troupes. Le mémo? Tout le monde a soif de bonnes nouvelles!

Revisiter l’histoire de sa vie

«Les émotions sont un formidable moyen pour apprendre à se connaître», confie Sarah Allart. Pour aller plus loin dans cette réflexion, elle invite à se reconnecter à notre âme d’enfant, symbole de joie. Le but est de revisiter tous les moments de notre vie ou l’on a pu se sentir bien. «Quand on arrive à identifier ces moments-là, on peut trouver des points communs, détaille la psychologue, cela peut être une présence dans la nature, un contact avec des enfants, une pratique des jeux, etc.» Et outre, booster notre bien-être, cette pratique a vocation à devenir une «boussole professionnelle», et plus largement un baromètre de l’existence.

Voyager dans le temps

Pour changer des sempiternelles soirées Netflix et ressortir la carte de l’aube de nos vies, Sarah Allart suggère une soirée revival qui invite aux souvenirs. Pour elle, (re)trouver le bonheur et lutter contre l’anticipation anxieuse demande de se plonger dans le passé via des vidéos ou des photos. «Les rituels autour des souvenirs sont puissants, et peuvent se pratiquer en solo, en couple ou encore en famille», énumère-t-elle. Retour en enfance, évocation de ses aïeux, anecdotes familiales…

«Les études montrent que les couples qui cultivent les souvenirs sont plus amoureux», souligne l’experte.

Son dernier conseil pour filer cette thématique temporelle? «S’amuser, le soir, chez soi, à faire un arrêt sur image de sa vie.» Figer ainsi son existence en soirée, et prendre le temps de l’apprécier, c’est profiter d’un peu de lenteur qui nous manque cruellement durant la journée.

Trouver son cadeau caché

Aujourd’hui, l’actualité de la guerre en Ukraine ou les problèmes de pouvoir d’achat, hier, la pandémie… Caractère empathique oblige, il peut s’avérer difficile de s'autoriser à se réjouir sur les réseaux sociaux d’une victoire personnelle ou d’un voyage à l’autre bout du monde. Néanmoins, «le bonheur ne doit pas être nié», alerte Sarah Allart, qui nous encourage à trouver notre «cadeau caché». Selon elle, «presque toutes les épreuves de la vie, qu'elles soient une maladie, un licenciement, une séparation… révèlent un cadeau caché». Par exemple, la crise du Covid a été pour de nombreuses personnes un bon indicateur, mettant en lumière un temps de travail professionnel à réduire ou un lieu de vie où déménager.

Bonheur et scepticisme

Aux personnes qui seraient sceptiques face à la quête des émotions positives, enfin? Sarah Allart insiste sur le fait que les 47 exercices qu’elle propose dans I feel good ne conviennent pas à tout le monde. Ceci dit, «consacrer quinze minutes par jour à prendre soin de soi (marche, lecture, méditation, etc.) améliore la santé globale mais aussi notre faculté à bien travailler», pointe-t-elle, avant d’ajouter, avec humour, qu’«il est intéressant de voir comment réussir à bloquer un créneau de ce type dans notre agenda n’arrête pas le monde de tourner…» À méditer.

De l’importance des hormones du bonheur

La dopamine… est l'hormone de la motivation et du plaisir. Pour la booster, on atteint un objectif ou on ajoute de la nouveauté dans nos vies (projets, activités, sports, langues, etc.).

L’ocytocine… est l’hormone de l’amour. Elle se développe grâce aux rapports sexuels ou aux contacts physiques (câlins, auto-massages) mais aussi par des actes de gentillesse ou au contact des animaux.

La sérotonine... est l’hormone de la bonne humeur. On l’accroît quand on se sent utile, ou en pratiquant de la cohérence cardiaque ou encore du yoga.

L’endorphine…
est l’hormone anti-stress et anti-douleurs par excellence. Pour l’activer, on mise sur le sport et on casse la routine. Par exemple, en riant: bonne nouvelle, la série Drôle est disponible… sur Netflix.

I feel good, 5 étapes pour activer le pouvoir des émotions positives, (Éd. Larousse), de Sarah Allart

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