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Un peu de légèreté

3 exercices pour cultiver son «âme d'enfant» (et pourquoi c'est utile)

Psychologie comment cultiver son ame denfant

Un exercice tout simple pour retrouver cette perspective libératrice? Choisir de tenter quelque chose de nouveau (un cours de sport, une recette, un exercice de yoga, une coiffure...) chaque semaine.

© Getty Images

Le cinéaste italien Federico Fellini disait: «Ne perdez jamais votre enthousiasme enfantin, et tout se déroulera comme vous le souhaitez». Il semble que certains individus incarnent parfaitement cet adage: vous la connaissez sûrement, cette personne toujours prête à plaisanter, à s'aventurer hors de sa zone de confort ou à rire d'elle-même. Celle qui parvient à s'émerveiller des choses les plus insignifiantes, rayonnante de bonheur après avoir croisé un chien ou dévoré une tranche de pain d'épices.

En période de Noël (selon son historique personnel, bien sûr), ce trait de caractère peut s'exacerber: la personne s'émerveille peut-être des illuminations, propose une flopée de jeux lors des repas de famille, parcourt avec nostalgie les rayons de romans jeunesse... On déclarera volontiers qu'elle est parvenue à «préserver son âme d'enfant». Et en cette fin d'année particulière, toujours plongée dans la crise sanitaire, le fait de s'inspirer de cette vision peut constituer un véritable exercice de développement personnel.

Une paire de lunettes différentes

En effet, elle cristallise en quelque sorte les principes de pleine conscience, de gratitude et de poursuite de ses rêves, très utiles dans le contexte actuel. Comme une manière de se hisser par-dessus du stratus, ne serait-ce que le temps de quelques minutes! «À mon sens, il s’agit de faire preuve de spontanéité et de s'autoriser à vivre nos émotions en toute authenticité, explique la psychologue FSP Sarah Bezençon. Les personnes concernées sont intensément présentes à elles-mêmes, à leur environnement, et possèdent une certaine forme de candeur face à la nouveauté. En termes de communication, cela pourrait s’apparenter à "dire sans réfléchir et être sans paraître", en toute innocence.» À la fois attendrissante et agaçante selon les situations, cette disposition d'esprit «invite à expérimenter le monde avec un regard innocent, dans le jeu, avec légèreté et humour, comme si l'on regardait la vie au-travers d'une paire de lunettes différentes», ajoute Chloé Décosterd, psychologue et psychothérapeute FSP.

Bonne nouvelle: il est souvent possible de cultiver cette vision, au travers de petits gestes quotidiens entraînant la pensée!

© Isabela Kronemberger / Unsplash

Loin du syndrome de Peter Pan

Or, préserver notre lien avec cet enfant intérieur ne consiste pas à se murer dans un univers tapissé de guimauve, sans déverrouiller les volets quand la réalité vient sonner: «Il ne faut confondre une personnalité qui a su conserver cet état d’être et l’intégrer harmonieusement dans sa vie, avec une personnalité dont on dit qu’elle a le syndrome de Peter Pan, caractérisé par une angoisse de grandir, note Sarah Bezençon. Plutôt qu'une difficulté à prendre la responsabilité de sa propre vie, il s'agit d'un moteur d’un quotidien riche et épanouissant.»

En effet, sans encourager un évitement de la réalité, cette perspective peut nous permettre de mieux la gérer: «En tant qu'adulte, on est soumis à de nombreuses contraintes, poursuit Chloé Décosterd. On doit assumer certaines responsabilités pouvant être lourdes. La capacité à injecter cette disposition d'esprit dans notre quotidien peut le rendre plus léger, plus beau et plus agréable à vivre, car cela nous permet de dépasser le caractère contraignant et limitant de nos tâches quotidiennes.»

Peut-on retrouver cette perspective?

Les bienfaits possibles sont effectivement nombreux, ainsi que le souligne Sarah Bezençon: cet état d'esprit peut nous aider à garder l'esprit ouvert (et donc à expérimenter de nouvelles choses, sans laisser nos préjugés entraver notre chemin), à vivre le moment présent, apprécier les petites joies de la vie, s'autoriser à rêver et se détacher du regard des autres, en osant être complètement nous mêmes.

Tout ça? À croire que les individus ayant conservé cette disposition d'esprit possèdent une baguette magique! Hélas, nous n'avons pas tous bénéficié d'un parcours favorisant ce lien à l'enfance: «Il faut comprendre que notre identité est composée de différentes parties constituant le soi, explique Chloé Décosterd. Au cours de notre vie, nous sommes l'ami-e, le/la collègue, le parent, la sœur, le frère... autant de parties de nous qui se complètent pour former notre identité. Certaines personnes ont eu la chance, durant leurs premières années, d'être encouragées et autorisées à être des enfants, sans qu'on leur demande d'endosser très tôt un rôle d'adulte. Souvent, ce sont ces individus-là, ceux et celles ayant pu jouir d'une certaine sécurité et confiance durant l'enfance, qui osent plus facilement afficher cette partie d'elles-mêmes durant l'âge adulte.» L'experte ajoute que cela est d'autant plus visible si le caractère d'enfant a été valorisé par les parents, dans un contexte favorisant le jeu et le rire.

© Joseph Gonzalez / Unsplash

De même, en période de Fêtes, la connexion avec notre enfant intérieur dépend évidemment de notre passé et de notre contexte familial. Dans les cas où la fin de l'année est associée à des souvenirs de joie, l'âme d'enfant ressurgit facilement, encouragée par un moment de rêverie ou par un accès de nostalgie. Pour d'autres individus, ce ne sera malheureusement pas autant le cas. Toutefois, en période de Noël ou en-dehors, il est toujours possible de cultiver cette vision, au travers de petits gestes quotidiens entraînant la pensée:

3 exercices pour retrouver notre enfant intérieur

Ces exercices nous ont été proposés par Sarah Bezençon, psychologue FSP

1. Choisir d'expérimenter quelque chose de nouveau, chaque semaine

Une lecture complètement inhabituelle, une recette de biscuits de Noël originale, une boisson qu'on n'a encore jamais goûtée... il ne s'agit pas de briser complètement la routine, mais d'y infuser des petits éléments nouveaux, susceptibles de nous enthousiasmer. «On peut aussi choisir de vivre une activité régulière comme si c’était la première fois, ajoute la psychologue. Par exemple, en se souvenant des perceptions ressenties la première fois que l’on a pratiqué ladite activité et essayer de voir ce qui a changé depuis, au niveau des sensations ou de nos compétences.»

2. Réapprendre à apprécier notre environnement

Laisser nos écouteurs à la maison et redécouvrir le silence, écouter le chant des grelots dans la rue, observer les nuances du ciel, rire des bondissements guillerets d'une pie dans la neige... Sarah Bezençon conseille d'observer chaque détail, chaque couleur, chaque forme, pour voir s'esquisser progressivement un univers débordant de surprises. «Il est aussi intéressant d'aller visiter une exposition d’un artiste auquel on n’est pas forcément sensible pour apprendre à voir la beauté sous un angle neuf, en ouvrant son esprit à d’autres formes d’esthétismes qu’à celles auxquelles nous sommes habitués. Cela est valable pour n’importe quelle activité, il s’agit de s’entraîner à percevoir ce qui est beau dans le monde qui nous entoure», poursuit la psychologue.

3. Planifier des moments d'ennui

Voilà qui semble à la fois impossible et incroyablement luxueux, dans le rythme effréné de nos vies, et notamment durant le mois de décembre! Or, ces instants de pause forcée nous ramènent aux moments d'oisiveté et d'attente propres à l'enfance, ces parenthèses capables d'éveiller notre créativité. «C'est l'occasion de repenser aux activités que l’on aimait faire étant enfant et s’en inspirer, conseille Sarah Bezençon. On peut aussi consacrer un après-midi à une activité manuelle créative. Quand les mains sont actives, la tête se met au repos et des solutions créatives aux problèmes courants émergent.»

Ainsi, tout cela s'apparente à de la pleine conscience, des processus de pensée nouveaux pouvant nous aider à recharger notre batterie, à nourrir notre âme, à retrouver qui nous sommes vraiment. À médier, entre deux courses folles pour attraper les derniers cadeaux de Noël.

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