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Opinion: Aime-toi toi-même, le diktat du body positivisme

Aime toi toi-même le diktat du body positivisme

Après avoir joué les camgirls décomplexées et trouvé l'amour avec Ethan dans la saison 1, Kat Hernandez (incarné par Barbie Ferreira) a un gros coup de mou niveau santé mentale dans la saison 2 d'Euphoria.

© Eddy Chen / HBO

Dans la série on ne peut plus rien dire, difficile aujourd’hui d’exprimer ses complexes sans passer pour une victime du patriarcat. Comme la vague MeToo et l’ouverture à l’inclusivité, le mouvement body positive partait d’un bon sentiment. A quel moment l’acceptation de soi est-elle devenue un nouveau diktat? Assumer son acné, ses poils et sa cellulite, c’est le nouveau culturisme. On n’ose plus prendre rendez-vous chez l’esthéticienne au risque de se faire taxer de boomer. Pire: vouloir améliorer son apparence physique, c’est être anti–féministe.

Et ce n’est pas Kat, le personnage plus size incarné par Barbie Ferreira dans la série trash Euphoria qui dira le contraire.

«C’est pas toi qui parle, c’est le patriarcat.»

Après avoir été l’emblème de cette révolution dans la première saison, la brune révèle son côté sombre dans la saison 2. En vrai, elle déprime sec. «Kat se détestait, raconte la voix off, et le problème quand on se déteste, c’est qu’on peut pas en parler...» Couchée sur son lit à grignoter, Kat voit alors apparaître dans sa chambre une après l’autre des bimbos au corps sculpté par des heures de fitness, comme on en recense des milliers sur Instagram. Belles? «Tu veux dire selon les standards des mâles blancs hétéronormatifs», nuancent les néo-féministes. Faut juste que tu t’aimes toi-même. «C’est justement ce que j’essaie de te dire, je me déteste à mort!», pleurniche l’ado. S'ensuit une litanie de poncifs. «C’est pas toi qui parle, c’est le patriarcat.» «Tu dois torpiller tous les standards de beauté.» «C’est la société qui t’a inculqué toutes ces idées.» Et comme dans un cauchemar, la horde de naïades se referme autour d’elle en scandant «aime-toi toi-même, aime-toi toi-même, aime-toi toi-même!»

Très forte pour exprimer les maux du monde actuel (et pas que chez les ados), la série utilise via cette scène une des aberrations de notre société de l’image: la récupération. Ou comment après avoir photoshopé leurs images pour avoir la taille de Barbie, certaines influenceuses se photographient désormais pliées en accordéon et sans filtres pour montrer qu’elles sont normales et qu’elles ont elles aussi des vergetures et des bourrelets (mais continuent à porter du 36, en bikini sur une plage de sable fin). En enjoignant leurs abonnées à s’accepter malgré leurs complexes, elles créent en vérité de nouveaux complexes… Allez, je file à ma réunion WW (Weight Watchers, un autre truc de boomer). 

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