Femina Logo

Pour ce millésime 2012, la finale se joue à quatre projets mais à cinq personnalités. Ce quatuor «enrichi» a donc satisfait aux exigences du concours Femina de la micro-entrepreneuse: chacune a pu lancer son entreprise grâce à l’aide de Microcrédit Solidaire Suisse (MSS) il y a moins d’un an. Maintenant à vous, lectrices et lecteurs du magazine, d’agir et… d’élire.Nous vous présentons ici les 5 Romandes finalistes et leur projet.

Pourquoi récompenser ainsi une création d’entreprise via le microcrédit? D’abord parce que ce partenaire de l’économie sociale et solidaire a un vrai rôle à jouer dans notre société. Ensuite, et peut-être surtout, parce que mettre en valeur la trajectoire d’une femme aussi déterminée, c’est rendre honneur au potentiel des femmes quelles qu’elles soient, c’est fêter leur aptitude à réaliser pleinement ce qu’elles croient être depuis toujours. Battantes hyperactives ou mères au foyer, cadres à hautes responsabilités ou employées de l’ombre, chacune d’entre elles peut un jour décider de changer, un peu, beaucoup, ou à la folie, son existence, et rejoindre la grande famille de celles qui ont osé croire en leurs rêves d’autonomie.

Pour s’en convaincre, il suffit de découvrir nos micro-entrepreneuses en lice. Vive le printemps des projets!

Marion Gudit (21 ans), en couple, sans enfants, avec Margaux Nussbaumer, 24 ans, en couple, sans enfants

Elles ont créé un salon d’esthétique bio

C’est une ambiance zen, appelant à confier son corps – et ses petites imperfections – aux bons soins des locataires des lieux. Le salon Biotiful a hérité de la classe inhérente à l’architecture environnante. Bien sûr, avec deux cabines, ce n’est pas très grand, mais pour Marion, peu importe, cette alcôve est devenue son nouveau centre du monde. Et également celui de Margaux, son associée à la personnalité totalement différente: «Je ne pourrais pas bosser avec quelqu’un comme moi, assure-t-elle. Heureusement, Margaux, plus calme et plus minutieuse, sait absorber mes débordements de caractère!»

A l’origine de ce projet, donc, deux copines inséparables qui se sont rencontrées pendant leur apprentissage d’esthéticienne. Entre elles, l’esprit d’entreprise a germé. «Etre employée ne me motivait plus, les salaires étaient bas, sans parler des horaires contraignants, tout cela sans réelle satisfaction…» Mais l’histoire ne serait sûrement pas complète sans le père de Marion, un papa superhéros qui accumule les casquettes: conseiller financier, directeur marketing… Les valeurs familiales, puisées dans la proximité avec la nature, ont aussi orienté la jeune femme vers les produits bio, certifiés comme il se doit et achetés chez un fournisseur genevois.

Au fait, pourquoi avoir choisi le métier d’esthéticienne? «Ado, je rêvais de devenir ébéniste, mais un accident pendant un cours de travail du bois m’a définitivement refroidie. Plus tard, peut-être, j’aimerais m’impliquer dans l’humanitaire. J’admire beaucoup les gens qui franchissent le pas.» Avec toutes ces qualités, on comprend mieux pourquoi son copain, un sportif de haut niveau, la regarde avec toutes ces étoiles dans les yeux…

Carte d’identité
Entreprise: Biotiful
Spécialité: salon d’esthétique exclusivement bio
Création: mars 2012
Lieu: Yverdon-les-Bains (VD)
Prêt MSS: 25 750 Sfr.
Site Web: à venir

Dorothée Aebischer, 31 ans, en couple, deux enfants

Elle a créé une boutique de seconde main autour des enfants

«Waouh!» s’extasie Dorothée. Elle n’y peut rien, l’expression est naturelle. Chaque fois qu’elle s’arrête trois secondes pour contempler son local, cette pétillante brune aux yeux bleus prend conscience du chemin parcouru. Elle, la maman au foyer depuis deux ans, cette amoureuse inconditionnelle des bambins, cette meilleure copine des jeunes mères du quartier, la voilà à la tête d’une boutique. Trois secondes seulement, car il faut quand même garder un œil sur Océane qui écume les lieux en trottinette… «D’habitude mes enfants ne sont pas là la journée. Depuis que j’ai ouvert le magasin, je les confie à une nounou. Je ne voulais pas qu’ils tournent en rond ici.» Une prise de décision difficile pour celle qui ne jure que par sa progéniture, et qui s’était éloignée de l’univers du travail pour la voir grandir.

Cela dit, pas de regret à l’horizon. Ce «3e chef-d’œuvre» âgé d’une semaine à peine, et dont elle est si fière, c’est Lutin Malin. Ici, des murs et des portoirs où fleurissent les habits de seconde main pour enfants, rachetés à des particuliers à l’unité ou en lots, là, un espace de jeu coloré entre briques et toboggans. En arrière-plan, quelques tables invitent les parents en transit à déguster un bon gâteau ou un café.

Cet univers est donc bien davantage un lieu de vie qu’une banale boutique. Et il y a encore les ateliers que Dorothée promet d’organiser bientôt. Elle a défini son concept ainsi, amour des gens oblige. «Petite, je voulais devenir pompier, princesse et maman. Tout ça à la fois!»Aujourd’hui, sa mission semble réussie. Les parents aux budgets étriqués sont heureux d‘habiller bébé sans faire de folies financières. Et à elle, la liberté acquise donne des sensations grisantes, surtout après les expériences d’un monde professionnel «peu à l’écoute des femmes, notamment des mamans».Des proches l’aident également sans compter (parfois un billet, parfois un coup demain): n’est-ce pas d’abord ça une entreprise, une odyssée sociale et humaine?

Carte d’identité
Entreprise: Lutin Malin
Spécialité: habits et équipements de seconde main pour enfants
Création: février 2012
Lieu: Le Grand-Saconnex (GE)
Prêt MSS: 20 000 Sfr.
Site Web: à venir

Francine Diserens, 45 ans, divorcée, trois enfants

Elle a créé un salon de coiffure situé dans une résidence pour seniors

Sauter d’un pont d’étoiles et plonger dans les rêves. Sur un panneau en plexiglas, cette phrase trône dans le salon de Francine comme un leitmotiv à méditer tous les jours. «C’est une amie qui me l’a offert, confie-t-elle, je ne sais plus trop de quel écrivain c’est, mais je suis assez d’accord, ça résume bien mon parcours.» Le pont d’étoiles en question, ce pourrait être sa vie d’avant, ces seize années passées aux côtés de sa sœur, dans un salon où elle louait sa place de travail. Et les rêves? Ses enfants. Mais aussi avoir fondé son entreprise, être devenue sa propre patronne, même si le terme la met mal à l’aise car il lui évoque l’usine, la sévérité, des synonymes incompatibles avec sa philosophie.

Piercings sur le visage et tatouage gothique sur le bras, Francine, on le sent, n’est pas de celles qui avancent dans l’existence comme on traverse un passage clouté. C’est un électron libre. Ce qui ne l’empêche pas d’être un aimant pour tout le monde. Son coup de ciseaux est devenu indispensable aux seniors de la résidence comme à certaines clientes fidèles qui font des milliers de kilomètres pour venir. Le talent y est probablement pour quelque chose. L’éthique aussi. On imagine aisément qu’à proximité de Francine, on devient rapidement une amie fidèle. Comme Sœur Sofia, qu’elle a eu le privilège de coiffer il y a longtemps, et à qui elle voue une admiration sans borne.

Cette cadette d’une fratrie de huit enfants a su très tôt qu’elle serait coiffeuse, car l’activité lui semblait idéale pour voyager. Son rêve ultime? Travailler sur un bateau. En 2009, elle faillit effectivement mettre les voiles vers le Canada. Le projet a capoté, et c’est à ce moment que l’aventure du salon s’est profilée. Pour Francine qui privilégie le relationnel à l’industriel, un sacré coup de chance. Bon, elle ne trouve plus guère les heures pour aller courir, sa passion. Mais elle le promet: à l’avenir, elle se préservera un peu plus de temps pour elle. Ah zut! c’est vrai, elle aimerait aussi donner des cours aux apprentis. Les chaussures de sport attendront encore un peu au placard…

Carte d’identité
Entreprise: Pra Roman Coiffure
Spécialité: salon de coiffure mixte
Création: octobre 2011
Lieu: Lausanne (VD)
Prêt MSS: 16 000 Sfr.
Site Web: www.praromancoiffure.ch

Nolvenn Dufay de Lavallaz, 36 ans, en couple, un enfant

Elle a créé une salle pour l’éveil psychomoteur des petits

Partage. Estime de soi. Développement. Tels sont les mots, parmi d’autres, qui figurent sur un grand mur rouge dans la salle de Kids Up. Des termes tirés du vocabulaire du sport, mais pas de la compétition. Nolvenn tient à faire la nuance. Ex-cadre au CIO et directrice de Sport Accord, elle est revenue écoeurée de ces années à fréquenter le top niveau. Trop vu de jeunes se faire broyer par le diktat de la performance... «Faire bosser des gamins 30 heures par semaine jusqu’à ce qu’ils fassent le geste parfait, tout ça pour une médaille, vous ne trouvez pas ça absurde?» Elle si. Au point de démissionner pour s’occuper de sa fille et aussi monter sa propre structure.

La voilà qui échafaude un concept destiné à l’éveil psychomoteur des petits. Au programme: du cirque et de la gymnastique, selon des formules adaptées à l’âge. Et qu’on ne vienne pas lui parler d’usine à champions. D’ailleurs, on ne trouvera pas que des tapis, des boules ou des trampolines. Il y a également cet espace cafétéria ou les parents aiment s’attarder. Un lieu de détente inspiré par son expérience de maman au foyer. «Rester seule toute la journée à la maison avec un bébé, c’est pesant, on a besoin de rencontrer du monde.»Si le succès est là, les premières démarches semblaient peu prometteuses: Nolvenn a pu constater le manque de passion pour les projets à dimension sociale. Mais entourée de son mari informaticien et d’un graphiste hors pair, elle a concocté un site Internet et des dépliants dignes d’une enseigne internationale. Des clients croient même avoir affaire à une boîte américaine! Mieux, elle a osé s’adresser à une célèbre marque suédoise de mobilier, et décroché un partenariat.

Nolvenn le reconnaît, elle est une fonceuse doublée d’une indécrottable idéaliste. Son souhait: embaucher cinq personnes à temps plein avec une rémunération à la hauteur. «On ne peut pas presser les gens comme des citrons, sinon ils perdent leur flamme intérieure.» Cette micro-entrepreneuse voit déjà les choses en grand!

Carte d’identité
Entreprise: Kids Up
Spécialité: cours de cirque et de gymnastique pour les enfants
Création: février 2012
Lieu: Chavannes-près-Renens (VD)
Prêt MSS: 20 000 Sfr.
Site Web: www.kidsup.ch

Votez pour votre favorite!

D’ici au 14 mai 2012, élisez la candidate de votre choix. La finaliste qui recueillera le plus de suffrages se verra offrir le remboursement des intérêts du microcrédit courus pendant une année, ainsi qu’un article promotionnel dans le magazine en juin 2012.

Francesca Palazzi
1 / 3© DR
Francesca Palazzi
2 / 3© DR
Francesca Palazzi
3 / 3© DR

Pour recevoir les derniers articles de Femina, inscrivez-vous à la newsletter.

Podcasts

Dans vos écouteurs

E20: Gérer les tensions familiales pour une vie plus apaisée

Rendre visite à ses beaux-parents, présenter son nouveau conjoint à ses enfants, survivre à un interminable dîner familial, relancer une communication essoufflée... que de petits challenges que nous présente la vie, lorsque les tribus se réunissent. Afin de prendre un pas de recul sur ces situations et les gérer au mieux, un psychologue nous donne des clés de compréhension et des solutions. Parce qu'au fond, on l'adore, notre famille!

Dans vos écouteurs

E19: Vos questions sur la charge mentale

Ah, la charge mentale! Afin d'aborder ce vaste sujet épineux et délicat, nous vous avions proposé de nous envoyer toutes vos questions à ce propos. À l'aide d'une psychologue, nous vous apportons des éléments de réponse, dans cet épisode destiné à alléger la pression. Pour se rappeler que même si la lessive n'est pas faite et que nos cheveux sont hirsutes, tout-va-très-bien-se-passer!

Vidéos

Notre Mission

Un concentré de coups de cœur, d'actualités féminines et d'idées inspirantes pour accompagner et informer les Romandes au quotidien.

Icon Newsletter

Newsletter

Vous êtes à un clic de recevoir nos sélections d'articles Femina