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Octobre rose

L'édito de Géraldine Savary: «Votre cancer, notre bataille»

Geraldine savary edito

«A la maison, elle doit surmonter ses craintes pour rassurer ses proches, leur dire que ce n’est sans doute pas grave, qu’elle se sent en pleine forme. Ses enfants la regardent d’un air inquiet, son partenaire lui dit «je t’aime» et s’occupe de tout comme si elle était déjà hors circuit, ses parents paniquent.» - Géraldine Savary

© Anoush Abrar

Comme chaque année, elle (une femme sur huit en Suisse) a rendez-vous chez son médecin pour un contrôle de routine. Elle l’avait presque oublié, ce rendez-vous coincé entre une réunion de travail, un aller-retour pour remplir le frigo, une séance avec l’enseignante d’un des enfants. Elle pense à mille choses quand le gynécologue lui palpe le sein d’abord rapidement, puis plus longuement. Elle sent que quelque chose est en train de changer, il y a comme une zone de tension dans l’air. Soudain, son cœur s’affole, sous sa poitrine des ailes de papillon s’agitent. A partir de ce moment-là, sa respiration restera coincée sous la gorge, presque à hauteur de la petite grosseur que son gynécologue a détectée.

L’angoisse l’envahit en permanence, imprègne ses cheveux, sa peau, ses vêtements. Contamine son cerveau. Elle marche dans la rue, la vie semble normale pour tout le monde sauf pour elle. Le ciel trop bleu lui blesse les yeux, les bruits de la rue agressent ses oreilles. Elle rencontre des gens, elle fait comme si de rien n’était, mais sourire lui donne l’impression d’avaler des couteaux. Aligner trois phrases, pire qu’écrire un roman.

Entrée dans la bataille

A la maison, elle doit surmonter ses craintes pour rassurer ses proches, leur dire que ce n’est sans doute pas grave, qu’elle se sent en pleine forme. Ses enfants la regardent d’un air inquiet, son partenaire lui dit «je t’aime» et s’occupe de tout comme si elle était déjà hors circuit, ses parents paniquent. Ses nuits sont tourmentées, même en dormant elle manque de souffle. Au travail, elle fait bonne figure, elle s’accroche à ses compétences comme à une bouée de sauvetage.

Elle passe une première mammographie, un premier examen, et l’attente commence. Elle essaie de se détendre, d’aller marcher, de faire des gâteaux, elle ouvre un livre, elle prend un bain. Elle tente d’oublier la petite boule qui s’est installée en elle. Son médecin l’appelle, la regarde comme un être humain assez fort pour recevoir une mauvaise nouvelle. Elle entend cancer, elle entend: on est là, on vous accompagne, on a bon espoir, Madame. Elle est une parmi 90 000. Elle n’est pas seule. Sa respiration se calme, elle entre dans la bataille.

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