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Le développement durable ça s’apprend

Tout d’abord de base avec l’éducation des enfants (lire, écrire, s’exprimer) puis, pour ceux qui ont la chance, une formation secondaire, pour que chaque individu puisse avoir l’éducation nécessaire pour saisir les enjeux de son futur en tant que consommateur.

Notre invitée du jour, Sandra Schlittler – directrice de la Fondation Switcher et Gilles Dana que vous connaissez déjà vont se prêter à une discussion captivante sur le sujet.

Sandra: Tout d’abord il faut vous expliquer pourquoi Switcher a décidé de s’impliquer dans une telle démarche. Au départ, l’idée était de scolariser les enfants de nos ouvriers sur notre lieu de production en Inde et également des quartiers avoisinants de Tirupur, dans l’état du Tamil Nadu. Le taux d’alphabétisation y est pour les moins de 15 ans de 79,5%, avec un taux de scolarisation en école préprimaire de 47%.Actuellement nous gérons en Inde 4 écoles Switcher, dont 3 «mobiles» qui accueillent 500 enfants de 4 à 12 ans.

Gilles: Est-ce que le système éducatif y est le même que dans le système public?

Sandra: Oui, nos écoles font l’objet d’une reconnaissance officielle. Le programme suivi par chaque classe est celui de l’état du Tamil Nadu. Nous baser sur la culture et les ressources locales nous semblait indispensable pour améliorer la situation sociale des personnes concernées de manière durable.

Gilles: Comment est-ce que les enfants sont sélectionnés à l’école Switcher de Tirupur? Est-ce que c’est payant?

Sandra: Depuis sa construction en 1997, l’école est ouverte à tous les enfants de la région, mais nous privilégions ceux de familles défavorisées. L’enseignement est gratuit de la maternelle au degré secondaire. En plus du programme officiel, de nombreuses activités hors cadre sont organisées. Il y a même une école de musique et une fanfare, le Paléo Band, soutenues par le Festival que vous connaissez!

Gilles: Tu connais mon attachement à tout ce qui touche à la mobilité, dis-moi comment font-ils pour venir à l’école?

Sandra: En fait, c’est nous qui venons à eux. Pour les enfants des rues, nous avons créé les écoles mobiles Switcher. Ce ne sont pas des bus de ramassage scolaire, mais des écoles aménagées dans des bus, avec des élèves réguliers encadrés par un prof. Des liens se tissent avec les parents, nous les sensibilisons à la question du travail des enfants et dès que le niveau scolaire de leurs enfants le permet, nous les incitons à les inscrire dans une école normale. Depuis 10 ans, plus de 1000 enfants ont profité de cette passerelle transitoire vers le chemin de l’école.

Gilles à Robin: Et on en est où maintenant?

Robin: Donner la base c’est bien, mais il faut raisonner aussi de là où on habite. On s’éloigne de l’éducation primaire pour s’attaquer à la sensibilisation des adolescents chez nous en Suisse! Il faut éduquer les jeunes en Suisse aux problématiques actuelles, le meilleur moyen c’est de le faire de manière ludique.
Nous avons réussi cela notamment grâce au projet T-School Project en collaboration avec le gymnase Freundenberg. Sandra est la plus apte à en discuter, c’est elle qui est à l’origine du développement de ce projet pour les écoles secondaires, peux-tu nous expliquer?

Sandra: T-School Project aborde la problématique de l’habillement sous toutes ses facettes. Si la démarche est novatrice, c’est parce le projet combine des séquences d’enseignement en lien avec le plan d’études, à un engagement concret des élèves dans un projet d’aide au développement. Cela donne l’occasion aux élèves de mieux connaître le sens et les enjeux du développement durable. Depuis sa création en 2009, ce projet a été mis en œuvre dans de nombreuses écoles. Une version pour les écoles primaires est en préparation.

Gilles: Est-ce que ça a vraiment de l’impact? Franchement est-ce le rôle de Switcher de faire de l’éducation?

Sandra: En tant qu’entreprise avec une responsabilité économique et sociale, c’est aussi notre rôle de sensibiliser les futurs consommateurs. Depuis quelques années, il y a un vrai intérêt des écoles de venir à la rencontre des entreprises et les demandes individuelles des enseignements et autres acteurs éducatifs n’ont cessé de croître. Il a fallu trouver une façon de répondre à la demande avec des partenaires pédagogiques qui ont pour mission l’éducation. La difficulté a résidé dans la mise en place d’un modèle qui puisse servir au plus grand nombre. Nous avons déjà créé le Projet T-School qui s’adresse au secondaire et préparons un projet similaire pour le primaire.

Gilles: Robin, pour toi l’entreprise a autant un rôle politique et social qu’économique. Mais la priorité c’est les Indiens ou les gymnasiens en Suisse?

Robin: La priorité c’est partout tout le temps. L’amélioration de la situation sociale passe par l’information et l’éducation, non seulement dans les pays en voie de développement mais également en Suisse. Créer une fondation nous a permis de prendre des engagements à long terme et de réaliser des projets concrets et durables. Les coûts de fonction sont pris en charge par Switcher et les revenus des conférences des collaborateurs sont reversés à la fondation.

Robin: Question à répondre sur ce blog:

Et vous Chers Feminautes, pensez-vous que l’importance doit être mise sur l’éducation de base dans un contexte de développement durable ou sur les formations plus avancées comme au gymnase?

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