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L'étude, qui rassemble les résultats d'une douzaine d'études européennes et nord-américaines, a été réalisée par un comité d'experts indépendants invité à donner son avis sur l'intérêt du programme national britannique de dépistage du cancer du sein qui propose depuis 1988 à toutes les femmes d'effectuer une mammographie tous les trois ans.

En se basant sur des chiffres déjà anciens - remontant à plus de 20 ans -, l'étude, rendue publique mardi par la revue médicale britannique Lancet, estime que le dépistage s'est traduit par une baisse du risque de décès par cancer du sein de l'ordre de 20%, soit une mort évitée pour 180 femmes dépistées. Mais dans le même temps, le surdiagnostic (c'est-à-dire le dépistage d'un cancer qui n'aurait pas été diagnostisqué pendant la vie du patient en l'absence de dépistage) aurait atteint 19% de tous les cancers dépistés pendant le programme de dépistage, selon les estimations du comité d'experts.

Pour résumer, le dépistage de 10 000 femmes britanniques pendant 20 ans permettrait de dépister 681 cancers, dont 129 considérés comme du surdiagnostic, alors que dans le même temps 43 décès par cancers du sein pourraient être évités. Au total, ce sont "probablement" 1300 décès par cancers du sein qui pourraient être évités chaque année en Grande-Bretagne, tandis que 4.000 femmes feraient l'objet d'un surdiagnostic au cours de la même période, selon l'étude. Environ 50 000 nouveaux cas de cancer du sein sont répertoriés chaque année en Grande-Bretagne.

Le dépistage "permet d'allonger les vies", conclut le comité dirigé par le Pr Michael Marmot, en soulignant que les "bénéfices l'emportent sur les inconvénients". Cependant en raison des incertitudes entourant ces estimations, le comité recommande de conduire de nouvelles recherches pour "définir de manière plus précise les bénéfices et les inconvénients".

"Pour chaque femme, le choix est clair, ajoutent les experts. D'un côté, le dépistage entraîne une réduction de la mortalité par cancer du sein en raison de la détection et du traitement précoces. De l'autre, la femme sait qu'elle court le risque d'avoir un diagnostic et un traitement pour un cancer qui n'aurait jamais posé de problème s'il n'avait pas été dépisté".

Le surdiagnostic aboutit à des traitements chirurgicaux ou des chimiothérapies. "Les femmes doivent avoir accès à ces derniers résultats pour faire un choix en toute connaissance de cause", estime pour sa part Lancet dans un éditorial.

Une polémique existe dans plusieurs pays, dont la France, sur l'intérêt du dépistage organisé du cancer du sein en raison de l'importance du surdiagnostic. Mais aucun pays n'a jusqu'à présent remis en cause son programme de dépistage.

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