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Laura Flessel, escrimeuse et ambassadrice de l'UNESCO

Laura Flessel.
© DR

Elle n'a que 5 ½ ans dans sa Guadeloupe natale lorsqu'un match du sabreur Jean-François Lamour suivi à la télévision l'enthousiasme au point de lui donner envie d'exercer l'escrime. Inscrite dans un club, le garçon manqué va très vite manifester un réel talent, au point de quitter sa famille pour rejoindre Paris et l'Institut National du Sport à l'âge de 18 ans. Dès 1993, à l'âge de 22 ans, elle remporte la médaille d'argent au championnat de France.

Le temps de l'apprentissage

«Comme j'avais de l'énergie à revendre, maman avait décidé de m'inscrire à la danse. Quand elle est arrivée avec un tutu, j'ai immédiatement fait une contre-proposition. Dès le lendemain elle nous inscrivait dans un club d'escrime, mes frères et moi. Etant elle-même dans l'enseignement, elle n'avait pas d'a priori, si ce n'est l'obligation de trouver un équilibre entre sport et scolarité. L'escrime c'était comme la cerise sur le gâteau si j'avais de bonnes notes. A l'époque il n'y avait pas de filière organisée. Je menais donc de front études et escrime. J'ai fait de la gestion, du commerce puis j'ai entamé une licence en éducation physique que j'ai fini par abandonner au profit d'une formation en développement du tourisme d’affaires.»

Le temps du succès

«J'ai plusieurs souvenirs mémorables, notamment la double victoire aux Jeux Olympiques à Atlanta en 1996 où l'épée dames (l'escrime regroupe le fleuret, le sabre et l'épée, ndlr) faisait son entrée dans la compétition. Etre reconnu aux JO est important pour être intégré dans une famille. Cela m'a permis, des années plus tard, de rencontrer Karl Lewis avec qui j'ai pu échanger vraiment, faire des photos. C'est une réelle motivation. Et une émulation pour les plus jeunes. Un autre grand souvenir est mon rôle de porte-drapeau à Londres. J'ai conduit une équipe intergénérationnelle où le plus jeune avait 14 ans, le plus âgé 50 et des poussières. Pluriculturelle aussi, tout ce que j'aime. Et on ne stigmatisait plus une équipe black-blanc-beur mais simplement des sportifs qui formaient un bloc. Même quand ils avaient terminé leur compétition, tous sont restés jusqu'à la fin, pour encourager leurs copains. Et on a obtenu 33 médailles. Je me sentais comme un capitaine qui a réussi sa mission. Même si je n'y ai remporté aucune médaille mes vingt-deux victoires en Coupe du monde, les cinq aux Jeux ont créé une émulation pour les autres.»

Le temps de la famille

«C'est juste une question d'organisation, donc de rigueur. Ma fille Leïlou est née en juin 2001. Dès le mois d'octobre j'étais à nouveau présente sur la scène internationale. Mais je ne différais pas de Madame x qui part travailler le matin et rentre parfois à 20 h. Moi je déposais ma fille à la crèche à 8 h 30, je m'entraînais de 10 h à 15 h et récupérais ma fille vers 16 h 30, ce qui me permettait de me consacrer à elle. La différence, en effet, c'est que les compétitions avaient lieu le week-end. Comme à l'époque on ne bénéficiait pas d'aménagement du temps, j'ai toujours mené de front deux ou trois projets en même temps. Mon mari, journaliste, passionné de sport, a toujours été là. Ce n'est pas évident d'accepter de partager la vie d'une sportive de haut niveau. Aujourd'hui ma fille entre en sixième. Elle a une fibre artistique, aime dessiner, adore la mode. Elle a fait six ans de patinage artistique, deux de gymnastique, deux de natation sportive. Je désire qu'elle soit curieuse. Aujourd'hui elle pratique la natation synchronisée. Mais elle est plus artiste que compétitrice. Je veux avant tout qu'elle soit épanouie.»

Le temps des projets

«J'ai décidé d'arrêter il y a deux ans. Je n'étais pas dans la souffrance de l'entraînement, mais j'avais l'impression d'avoir tout gagné. Je ne suis sortie qu'une fois du top 16 qui est l'équivalent du top ten dans d'autres sports pour connaître les joies de la maternité. J'ai terminé ma carrière comme top 13 mondial. Lorsqu'on sait que nous sommes plus de deux cents filles et que j'ai 40 ans, j'ai l'impression de ne pas avoir démérité. Il y a derrière moi une belle génération et je vais continuer à m'occuper des jeunes de l'équipe de France. Nous avons de nouveaux champions, il faut leur laisser la place. Qu'on associe leurs visages à la relève. Mon nouveau rôle à l’Unesco me plaît. J'aime l'organisme, l'image qu'il véhicule, les missions qui sont crédibles. J'agirai dans le sport et le sport au féminin. Le sport santé, famille, politique. La réinsertion par le sport. Et une femme qui se sent bien dans son corps est une meilleure maman. J'ai donné 40 ans au sport de haut niveau, j'ai envie de continuer à donner différemment.»

Le temps des montres

«J'ai toujours aimé les accessoires, dont les montres et j'ai réalisé que j'en possédais plus de 250. Cela voulait dire quelque chose. Le sportif court après le temps qui est, pour lui, un indicateur de réussite, de progrès, d'échec. Il forme un binôme avec le temps et autant que sa représentation soit esthétique, voire précieuse. De fil en aiguille j'ai commencé à découvrir l'horlogerie et comme j'adore la Suisse, j'ai été enchantée de cette proposition de Parmigiani Fleurier dont je partage les valeurs d'excellence. Une entreprise d'exception avec qui je suis sur la même longueur d’onde. Ils vont me soutenir dans mes projets humanitaires. Et oui, je connais bien la Suisse parce que j'ai des amis escrimeurs qui sont de la vallée. J'y suis venue il y a une quinzaine d'années et Sophie Lamon est mon amie. J'ai été son témoin de mariage il y a deux ans et son père Ernest m'a réconciliée avec le ski. Le Valais est une région que j'adore et j'y viens dès que j'ai un peu de temps.»

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