Société
Géraldine Savary: «Quand les enfants reviennent adultes au nid»
En général, un oisillon devient complètement autonome au bout d’un mois. Au contraire du footballeur Xherdan Shaqiri, 32 ans, qui est retourné vivre chez maman au moment de réintégrer son club de jeunesse, le FC Bâle. Ce dernier n’est pas le seul à apprécier sa chambre d’enfant. Une part non négligeable de jeunes adultes migrent chez leurs parents passé 25 ans. Pour la plupart, ce n’est pas de gaîté de cœur. Ils n’arrivent plus à payer leur loyer, ils ont perdu leur travail ou leur conjoint et se retrouvent sans point de chute.
Ou alors, c’est qu’ils rencontrent soudain des problèmes de santé – le Covid, par exemple, a amplifié le phénomène. Pour les parents, les sentiments alternent entre la joie de passer à nouveau des moments complices avec ces enfants devenus grands et le stress d’avoir à nouveau à assumer les tâches domestiques y afférentes (y afférentes étant l’expression techniquement neutre pour «courses, lessive, rangement»).
Parenthèse de vie
Comment aborder cette étape de la vie? D’une part en la considérant comme une parenthèse qui peut enchanter la relation entre les générations. Vous avez quitté une postadolescente, vous retrouvez un adulte qui vous écoute, qui sait (à peu près) se gérer et, avec un peu de chance, qui vous apporte une tasse de thé devant la télé. Enfin, vous avez de vraies conversations avec votre enfant sur la vie, la géopolitique, l’amour, la féminité ou les séries à regarder sans avoir besoin de faire jeune ou de retoquer son ignorance.
Cela étant dit, l’hospitalité parentale a des limites. Donner un coup de main oui, séculariser la présence des enfants adultes à la maison, non. Chacune et chacun a besoin de vivre sa vie. Ce qui signifie pour les un-e-s de tracer son chemin, et d’affronter des galères, pour les autres de s’émanciper du rôle parental pendant les belles années qui restent. Parce qu’on pourrait s’habituer à avoir à nouveau nos enfants avec soi. Allez les Tanguy, on vous aime, alors envolez-vous!
Retrouvez cet édito dans le magazine Femina du 22 septembre 2024, encarté dans Le Matin Dimanche.
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