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«Femina», selon les ados: leur avis sur le magazine

Femina selon les ados rencontre classe

«Encore aujourd’hui, on voit souvent des femmes minces et dotées d’une peau parfaite, remarque Jasmine. Nous ne sommes pas toutes comme ça, on ne peut pas se reconnaître dans un tel degré de perfection.» Et Myriam de compléter: «On aimerait voir la vraie vie et non pas un rêve ou une illusion. Les rides, par exemple, elles font partie de la réalité. Il faudrait les mettre en avant, elles racontent une personne.»

© Corinne Sporrer

La cloche sonne le début des festivités et, tirées de l’univers familier de la rédaction, nous débarquons devant cette rangée d’adolescents, dont les yeux pétillent à la lisière de leurs masques. Cette matinée d’échanges est née d’une opération lancée par des enseignantes de l’établissement. Dans la foulée du 14 juin 2021 et des 50 ans du droit de vote des femmes, elles ont consacré une semaine de cours à la question de l’égalité entre les genres. De rencontres en discussions, Femina a été invité à rencontrer des élèves. A cet instant, nous ne craignons qu’une seule chose: nous retrouver face au silence. Ces jeunes élèves âgés de 13 à 17 ans oseront-ils nous donner leur avis honnête sur le magazine, dont ils ont feuilleté plusieurs exemplaires avec leurs enseignantes?

Quelle question! En deux minutes, nos inquiétudes s’évaporent. Nous avons à peine eu le temps d’articuler un naïf «n’ayez surtout pas peur de nous vexer», que quatre mains s’élèvent avec assurance. Les filles, comme les garçons, ont beaucoup de choses à nous dire. Ils ont aimé certains éléments de Femina, ils en déplorent d’autres. Leurs propos sont réfléchis et sensibles, si bien que nous ne pensons même pas à nous rebiffer: nous sommes bien trop occupées à prendre des notes.

© Corinne Sporrer

Plus de diversité

Entre l’analyse experte de nos pages mode («Toutes ces pièces sont quand même très onéreuses», commente Noé), l’observation des photos et la lecture des articles, une envie générale émerge: celle d’une diversité plus importante, notamment au niveau des corps figurant en couverture. «Encore aujourd’hui, on voit souvent des femmes minces et dotées d’une peau parfaite, remarque Jasmine. Nous ne sommes pas toutes comme ça, on ne peut pas se reconnaître dans un tel degré de perfection.» Et Myriam de compléter:

«On aimerait voir la vraie vie et non pas un rêve ou une illusion. Les rides, par exemple, elles font partie de la réalité. Il faudrait les mettre en avant, elles racontent une personne.»

«Et c’est pareil pour les poils, ajoute Noé. Voir des femmes pas épilées des jambes, par exemple, ça détonnerait dans un magazine!»

Les interventions s’enchaînent, nous les questionnons avec curiosité. Plusieurs élèves évoquent la représentation des personnes de couleur, un sujet qui leur tient particulièrement à cœur. «Il y a davantage de femmes noires, mais toujours pas assez, note Sadaf. Ce serait bien de montrer des multitudes de couleurs de peau, pas juste le blanc et le noir.» Leur demande: voir toutes les femmes, des personnes vraies, celles qu’on peut croiser dans la rue, celles qui nous ressemblent et auxquelles on peut s’identifier.

© Corinne Sporrer

L’amour du local

Ce penchant pour l’authenticité ressurgit lorsque nous leur demandons quels types d’articles leur plaisent le plus. Leur première réponse nous étonne: les recettes de cuisine! Et surtout lorsqu’elles sont végétariennes et composées d’ingrédients locaux. Leurs enseignantes s’avouent aussi surprises que nous: «Vous aimez bien cuisiner?» demandent-elles à leurs élèves, qui acquiescent avec enthousiasme. Autres sujets appréciés: les sélections de marques locales et les portraits. «C’est intéressant de lire des success stories, explique Céline. Surtout quand on peut découvrir le lien entre un produit et la personne qui l’a fabriqué! Ou alors, des histoires de femmes qui entreprennent des métiers masculins.» Des jeunes qui ont la vie devant eux ont soif d’inspiration, d’idées, de possibilités.

Et la cause des femmes?

A l’instar de l’inclusivité, l’égalité est au cœur de leur propos. En parcourant le magazine, Cyril et Chloé ont eu le sentiment que certains textes tendaient à exclure ou à accuser un peu trop les hommes: «Il faudrait qu’ils se sentent plus concernés, qu’ils aient l’impression que les articles s’adressent aussi à eux.» L’égalité homme-femme leur apparaît comme une évidence, à condition que personne ne soit dénigré. Ils étaient plusieurs (dont des garçons) à s’être mêlés aux cortèges de la grève des femmes, en 2019. Afin de lutter contre les stéréotypes de genre, les enseignants de l’EPS de Vevey ont organisé des ateliers de réflexion consacrés aux blagues sexistes. Une anecdote les concernant suscite des rires dans la salle: durant l’un de ces workshops, à l’évocation du mot macho, un élève avait demandé si ce terme désignait un plat mexicain. Pour ces jeunes gens, le progrès passera par un monde plus égalitaire et inclusif. Que la vie se tienne prête, ils arrivent, pour le conquérir!

Un grand merci à l’EPS de Vevey et tous les élèves présents pour leur chaleureux accueil!

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