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Dans sa biographie, Steve Jobs juge avoir fait "tout ce qu'il pouvait faire"

Cette biographie très attendue, publiée par Simon & Schuster, est arrivée chez les libraires deux semaines et demi à peine après le décès de Steve Jobs à l'âge de 56 ans.

Elle dresse le portrait d'un homme colérique, parfois très dur, patron difficile mais génie perfectionniste et complexe qui voulait changer le monde et est parvenu à le faire, selon ses admirateurs, avant de mourir le 5 octobre 2011. "J'exige des gens la perfection, je suis comme ça", a expliqué Steve Jobs à son biographe Walter Isaacson, au fil des 40 entretiens qu'ils ont eus entre 2009 et 2011, dont le dernier il y a seulement quelques semaines.

Au fil des 571 pages, on découvre une personnalité complexe, qui selon son biographe "était capable de déformer la réalité" si elle ne lui convenait pas, un génie d'une rare créativité qui a révolutionné six industries : celle des ordinateurs, des films d'animation, de la musique, des téléphones, des tablettes et de l'édition numérique.

Steve Jobs était un enfant adopté, un fait qui définira toute sa vie. Il avait grandi dans les années 70 dans la baie de San Francisco, très marqué par la culture hippie, mais fasciné par la technologie.

Voici quelques temps fort de cette biographie

Son cancer: apprenant qu'il a un cancer en octobre 2003, Jobs refuse pendant neuf mois d'être opéré, ne voulant pas qu'on lui "ouvre le corps. J'ai d'abord essayé d'autres choses" : un régime végétarien strict, avec beaucoup de carottes et de jus de fruits. Des séances d'acupuncture, et d'autres traitements trouvés sur internet. Il va aussi voir une voyante. Quand il accepte enfin d'être opéré, le cancer s'est étendu et Steve Jobs mentira d'abord sciemment, affirmant être "guéri", alors qu'il continue à être soigné.

Il voulait créer une télévision Apple: "J'aimerais créer une télévision intégrée très facile à utiliser. (...) Les usagers n'auront plus à se battre avec des télécommandes complexes pour des lecteurs de DVD et des chaînes câblées". Il voulait, selon Isaacson, "faire pour les téléviseurs ce qu'il avait fait pour les ordinateurs, les appareils pour écouter de la musique, et les téléphones: il voulait les rendre simples et élégants".

Il était férocement déterminé à tuer le système d'exploitation Android: pour Steve Jobs, l'Android de Google était "un vol" de l'iPhone. "Je me battrai jusqu'à mon dernier souffle, et je dépenserai chaque penny des 40 milliards (de dollars) d'Apple qui sont à la banque pour rectifier cela. Je vais détruire Android car c'est un produit volé. Je suis prêt à une guerre thermonucléaire".

Il était déçu par Obama: "Je suis déçu par Obama. Il a du mal à diriger, parce qu'il ne veut pas offenser les gens, ou les contrarier". "Vous êtes parti pour ne faire qu'un mandat", lui avait-il déclaré en octobre 2010.

C'était un patron difficile: "En fait, il a peut-être été un des pires patrons au monde", estime son biographe. "Il pouvait être très dur, que ce soit envers une serveuse ou un programmeur qui avaient travaillé toute la nuit. Il était capable de leur dire + ce que vous faites est complètement nul+". Walter Isaacson raconte qu'en juin 2009, de retour après plusieurs mois d'arrêt maladie, Jobs "pique une série de colères", et "met en pièces des gens qu'il n'a pas vus depuis six mois".

Richissime, il se méfiait de l'argent: "J'ai vu beaucoup de gens chez Apple (...) qui étaient sympas, simples" et quand ils sont devenus riches "ils ont achetés des Rolls, des maisons (...). Ils sont devenus bizarres et je me suis promis : +je ne laisserai pas cet argent ruiner ma vie+".

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