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Parcours du débutant

«Je n’ai pas un parcours de comédien classique puisque je n’ai pris aucun cours de théâtre de ma vie. Après un bac littéraire, je suis entré en fac d’anglais. Je savais pas du tout ce que j’allais faire, peut-être prof. Pour gagner un peu d’argent, j’ai travaillé comme animateur en colo de vacances. J’y jouais des sketches de Franck Dubosc ou Gad Elmaleh. Mes collègues me disaient que je devais continuer dans cette voie. Moi, ça me passait un peu par-dessus la jambe. Mais à la fac, je m’ennuyais tellement que j’ai commencé à y réfléchir. C’est là que j’ai vu Gad Elmaleh jouer le sketch du blond à Montréal. Ca m’a tout de suite donné envie d’écrire. J’ai arrêté mes études et je suis parti travailler dans un club de vacances à Marrakech pendant six mois. C’est là que j’ai rencontré le metteur en scène avec qui j’ai écrit mon premier spectacle. A mon retour, je me suis installé à Paris, où j’ai travaillé durant un an et demi en tant qu’animateur pour enfants. A côté, j’écrivais. Début 2008, j’ai loué une toute petite salle à Paris, Le Bout, et j’ai commencé à jouer mon spectacle une fois par semaine. Au bout d’un an, je suis passé à une autre salle plus grande, Le Temple. J’y suis resté un an et demi, suivi de neuf mois au Trévise, une autre salle, puis j’ai joué neuf fois au Bataclan. J’ai quasiment joué non stop durant trois ans. On a dépassé les 100 000 spectateurs. Mais le spectacle a beaucoup changé depuis le début, ce n’est presque plus le même.»

Seul à seul

«Je n’ai aucune affiliation avec le milieu artistique. Mon père est agent d’entretien dans un hôpital et ma mère est coiffeuse. J’ai une sœur plus jeune que moi, mais elle n’est pas dans le showbiz. J’avais envie de faire rire. Quand j’en ai eu marre des Walt Disney, j’ai commencé à regarder les spectacles de Pierre Palmade et de Jean-Marie Bigard. Ma grand-mère avait les K7 vidéo et je les ai visionnées jusqu’à les connaître par coeur. J’ai une fascination pour les personnes qui s’inventent des personnages. D’ailleurs, moi, j’aimais bien parler tout seul. Même si n’étais pas un enfant solitaire. Ca m’arrive encore, mais je fais attention, je parle tout bas. L’iPhone m’a sauvé: vu que je porte mon oreillette pour écouter de la musique sur mon téléphone, les gens pensent que je suis au téléphone avec quelqu’un. Mais les trois quarts du temps, je suis tout seul en train de parler comme un taré!»

Monsieur cinéma

«Je n’ai pas une grande culture cinématographique, je ne me suis pas encore intéressé aux vieux films, je commence seulement à m’y mettre. J’adore aller au cinéma, j’aime l’ambiance, ça sent le pop-corn, on fait la queue, on s’asseoit dans la salle. Aujourd’hui, j’ai la chance de trouver des séances tout le temps, puisque je vis à Paris, mais dans le village où j’ai grandi, j’allais au cinéma une ou deux fois par mois maximum, et c’était un événement. Le premier film que j’ai vu, c’est Dracula de Coppola. J’ai longtemps gardé le ticket de cette première séance.»

R-E-S-P-E-C-T

«Ce que j’ai adoré dans le métier d’animateur, c’est le respect de l’audience qu’on a en face de soi, que ce soit un enfant de 8 ans ou un ado. On a une charte à respecter: faire rire tout en restant cool et poli. Il ne faut pas oublier que les gens qui paient 800 euros la semaine pour leurs vacances ont envie de passer un bon moment. Aujourd’hui encore, je fais très attention à ce qu’on me trouve courtois et qu’on voie que j’ai bossé. Dans mon spectacle, je suis toujours respectueux. Je n’ai pas envie de blesser les gens.»

A fleur de peau

«J’aime bien les humoristes qui ont une vraie sensibilité. Quelqu’un qui a un truc à dire, moi, il me touche. Sur scène, on parle de nos peurs, nos craintes, nos incompréhensions. On a envie de rire de nos faiblesses, car quelque part ça nous rassure. J’ai vécu une rupture il n’y a pas très longtemps. Je devais jouer à Montréal devant trois mille personnes, trois soirs, durant dix minutes. Comme j’étais très malheureux dans ma vie, j’ai totalement changé mon sketch pour parler de ce qui n’allait pas. J’y suis allé à fond, j’ai vidé mes tripes et le public m’a fait une standing ovation pour ce texte écrit deux semaines auparavant. Pour ça, comédien, c’est le plus beau métier du monde.»

Dans la ligne de mire

«Bien sûr que je lis ce qu’on écrit sur moi. J’ai mis mon nom en alerte Google. Je tire les conclusions qu’il faut tirer des commentaires ou des articles de journalistes. Parfois, c’est négatif, alors j’essaie de voir si la critique est constructive ou pas, et si elle l’est, j’en parle à mon metteur en scène ou à mon producteur. En même temps, il ne faut pas oublier que ce n’est l’avis que d’une seule personne. On ne peut pas faire l’unanimité, et heureusement. Moi aussi, je suis déjà sorti d’une projection en étant déçu, et j’ai vu mes idoles se faire descendre dans la presse, alors je dois accepter que cela m’arrive aussi. Il faut réussir à se détacher de ça. Avec internet, les journalistes ne construisent ou détruisent plus une carrière comme avant. Ils donnent juste un avis et le public se fait le sien par lui-même. Les gens ne sont pas débiles. S’ils entendent dire que mon spectacle est pourri, ils le téléchargeront, et s’il leur plaît, ils viendront voir le suivant. La culture est ouverte à tout le monde, mais malheureusement, c’est à cause du piratage.»

Garçon, une pression!

«Quand j’ai appris que Gad Elmaleh avait dit en direct à la télé que j’étais le meilleur de ma génération, je ne vous cache pas que, les deux premières minutes, j’étais sur un nuage. Mais ensuite, ça m’a mis une petite claque car j’ai réalisé que j’allais devoir travailler encore plus pour ne pas décevoir les gens. Ca m’a mis la pression, mais une bonne pression. Ca m’a encouragé, d’autant que c’est Gad qui m’a donné envie d’écrire. Je l’ai remercié plein de fois. Quand mes parents ont su ce qu’il avait dit sur moi, ils m’ont conseillé: «Tu lui envoies une boîte de chocolats.» Je l’ai fait le lendemain du jour où il est venu me voir au théâtre. Ca l’a fait sourire. Je suis quelqu’un de poli.»

Fidèle au poste

«La télévision n’est pas l’exercice que je préfère, même s’il permet de montrer sa tête et de se faire connaître. En télé, on s’impose aux gens donc on s’expose plus à la critique. Il faut plaire beaucoup plus vite et c’est plus compliqué de faire rire car tout est plus court. On m’a proposé de participer à l’émission «On ne demande qu’à en rire», mais j’ai refusé. Je trouve ça surréaliste de donner des notes à des blagues. C’est horrible de buzzer un humoriste! On fait déjà le métier le plus jugé au monde! Si à la fin d’un sketch, on ne provoque pas de rires, c’est qu’on s’est planté. Pas besoin d’une note pour savoir que ce n’est pas bon. Je ne suis pas en phase avec ce principe. Le succès immédiat apporté par la télé me fait un peu peur, car s’il est rapide dans un sens, il peut l’être dans l’autre. Ce n’est pas pour rien que Jean Dujardin, Antoine de Caunes, José Garcia, Benoît Poelvoorde, Alain Chabat sont tous passés à autre chose. Moi, je préfère aller chercher mon public. Au cinéma ou au théâtre, si on veut me voir, on se déplace. Je n’ai pas envie de forcer les gens à m’aimer.»

Il fume pas, il boit pas, il drague pas, mais… il cause!

«Je fais beaucoup de sport, depuis toujours, alors je ne fume pas. Plus jeune, je jouais au basket. Aujourd’hui, je cours avec mon chien. Denver a deux ans, et c’est une des plus belles choses qui me soient arrivées dans la vie. Je suis fanissime de mon chien. Je ne bois pas parce que mon papa a eu des problèmes avec l’alcool quand j’étais plus jeune. A l’époque, je lui ai promis que, s’il se soignait, je m’engageais à ne pas boire. Il a tenu parole, donc moi aussi. Et puis, je n’aime pas sortir en boîte. Je suis incapable d’aller travailler après avoir dormi deux heures. Mais j’ai des défauts. Je suis chiant. Et dépensier, j’achète beaucoup de vêtements.»

Jeune branché

«C’est moi qui tiens mes comptes Facebook et Twitter. J’essaie de répondre aux gens qui m’écrivent. Mon compte sur Facebook est complet, mais on peut encore m’envoyer des messages privés. C’est ça qui est important, pas le fait d’être amis ou non.»

Futur immédiat

«Actuellement, je suis en tournée avec mon spectacle. En janvier, je vais jouer dans quinze grosses salles françaises avec Arnaud Tsamere et Jérémy Ferrari. En février, je serai tout le mois au Bataclan, où j’enregistrerai mon DVD. Puis en mars-avril, je repars en tournée, et en mai-juin, je tourne mon deuxième film, Libre, seul et assoupi, une comédie dont j’ai le rôle principal. Et j’ai déjà commencé l’écriture de mon deuxième spectacle qui sera prêt pour septembre 2014.»

Où le voir?

  • Le lundi 10 décembre au gala de clôture du Montreux Comedy Festival, à 20 h 15. Réservations: www.montreuxcomedy.ch
  • Du 6 février au 2 mars 2013 au Bataclan, à Paris. Réservations: www.20h40.com
  • Tous les jeudis dans «Fidèles au poste», sur France 4, à 22 h 50, et dans «Vendredi tout est permis avec Arthur», un vendredi sur deux, sur TF1.

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