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Liberté. Puissance. Ces deux mots, Anouk Thibaud les chérit par dessus tout. Question de caractère, de passion. Ils l’ont naturellement guidée vers les chevaux et les motos.

Des chevaux, son amour de petite fille, elle a fait son quotidien en fondant le refuge de Darwyn, où elle sauve ceux qui sont délaissés et maltraités. Quant à la moto, plus qu’un hobby ou un moyen de locomotion, c’est devenu un mode de vie. Mais attention, ne lui parlez pas de Japonaises performantes. Ni de belles allemandes vrombissantes. Une carrosserie stylée, un moteur qui fait un bruit de remorqueur – pour elle c’est une symphonie –, un look à nul autre pareil, des pilotes à la réputation sulfureuse… la Genevoise craque pour la Harley-Davidson, la plus fameuse des belles américaines à deux roues.

Du haut de son mètre huitante-deux, Anouk, 36 ans, maman d’une petite fille de huit ans, en impose. Une façon de poser les yeux sur vous qui laisse deviner un caractère bien trempé et la panoplie presque complète de la bikeuse: tatouages (assez discrets pour le coup), T-shirt Harley, bijoux de motarde et démarche de cador. Point de rose bonbon de tulle et de falbalas. Mais lorsque la jeune femme un brin rebelle retire la pince qui retient son chignon, c’est une cascade de cheveux bruns qui déferle jusqu’à mi-cuisses. Lorsqu’on s’étonne de cette audace capillaire, elle répond du tac au tac: «Parce que c’est tout ou rien. Je ne fais pas les choses à moitié. S’ils sont longs, ils sont longs!»

Route à tracer

Sa féminité, Anouk sait en jouer. Membre du Chapter de Genève (www.genevachapter.com), elle en est Lady of Harley. Quand, béotienne, on lui demande des explications sur ces termes, elle explique: «Chaque personne qui acquiert une Harley-Davidson devient membre du HOG, Harley owners group. Ensuite, des «clubs» de ces propriétaires se constituent, les Chapters. En Suisse, il y en a en gros un par canton, le plus actif étant celui de Genève, dont je fais partie depuis 2008.» Cela étant entendu, revenons à la féminité. Ongles stylés façon French manucure, bottes de cuir certes mais à talons, tresse parfaitement ouvragée dégoulinant du casque, jeans serrés dans des chaps de cuir, sur sa moto, Anouk est une femme qui a du chien.

En tant que Lady of Harley, elle mène le groupe des filles du Chapter de Genève. Une équipée pas si sauvage qui en impose lorsqu’elle se déplace: «On peut être entre 15 et 30 motos qui forment un cortège de près d’un kilomètre et demi. Quand on passe quelque part, les gens klaxonnent gentiment, s’arrêtent, c’est vraiment bonnard! On roule et, qu’on enchaîne les cols ou qu’on trace la route, on s’arrête dans des endroits sympas faire des bonnes bouffes, visiter. C’est hyperconvivial.» De ses compagnons de route qui n’ont rien de bad boys – ils sont restaurateurs, avocats ou célèbres sportifs – elle ne dit que du bien. Pas plus de machos que de gros lourdauds: «Quand j’ai acheté ma moto et qu’on m’a proposé de faire partie du Chapter, je me suis dit: «C’est quoi ce club de dinosaures?» Le Captain road avait 63 ans… Puis, dès le premier col, j’ai vu que c’était pas un club de papi. Tous les milieux sociaux s’y côtoient.»

Soif de liberté

Les motos, Anouk les chevauche depuis ses 18 ans. A cette époque, elle roule sur une Japonaise: «Puis j’ai posé les plaques, ça allait trop vite, je n’aimais pas les sensations.» Mais l’hyperactive qui monte de moins en moins à cheval a besoin de s’évader: «J’aime trop les chevaux pour les faire chier en leur montant dessus!» plaisante-t-elle… Un voyage aux Etats-Unis sera sa révélation. Les grands espaces, l’évasion… La jeune femme découvre avec Harley un autre moyen de vivre sa liberté et se crée une deuxième famille: «Au refuge de Darwyn, c’est moi qui dois tout gérer, et le plus souvent des situations pas franchement drôles. Là, je suis le groupe, je me laisse guider. La seule chose qui m’occupe l’esprit c’est ma conduite.» Dans la déco du restaurant du refuge, sur ses vêtements, sur sa moto, on retrouve un certain style de vie à l’américaine: «Mon compagnon est biker. Ma fille aime bien aussi… sa trousse d’école est décorée Harley.»

Au volant de son gigantesque 4x4 qui tracte un énorme van, au guidon de sa moto dont l’inimitable «chplombchplomb» ne passe jamais inaperçu, à la tête de son refuge pour chevaux maltraités ou dans son rôle de maman qu’elle préfère à nulle autre, Anouk, passionnée en tout, ne revendique qu’une chose: sa liberté!

Le refuge de Darwyn

Née en Vendée, Anouk arrive en Suisse à l’âge de 9 ans. Déjà, les chevaux la passionnent. Sa première jument, Fleurette, elle la sauve de l’abattoir. En 1991, elle fait l’acquisition d’un poulain qu’elle nomme Darwyn, une belle complicité naît jusqu’au décès du cheval en 1998. Anouk déprime et perd l’envie de monter.

En 2000, elle crée le Refuge de Darwyn à Sézenove (GE) pour sauver tous les chevaux victimes de maltraitance active ou passive. Elle travaille en lien étroit avec les autorités vétérinaires du canton. Aujourd’hui, le refuge accueille 220 chevaux sur ses 16 hectares de terrain ou en famille d’accueil. Le refuge propose aussi des tas d’activités autour des chevaux comme une boutique, des anniversaires d’enfants, ainsi que des événements spéciaux tels la venue du Père Noël au refuge le 18 décembre 2011

Patrick Gillieron Lopreno
1 / 2© DR
Patrick Gillieron Lopreno
2 / 2© DR

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