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Aminatou Seyni, la sprinteuse qui avait trop de testostérone

Aminatou Seyni la sprinteuse qui avait trop de testosterone 2

A 24 ans, Aminatou Seyni est déjà la deuxième femme la plus rapide du continent africain.

© Getty Images

C’est qui?

Elle a tout pour devenir une championne planétaire, Aminatou Seyni. Née à Niamey, au Niger, elle s’est fait remarquer au niveau international en 2018 en Italie, avant de décrocher à quatre reprises la première place en France, en Suède, en Allemagne puis en Pologne lors de diverses compétitions d’athlétisme. A Lausanne, en juillet 2019, elle court dorénavant le 400 mètres, sa discipline phare, en moins de 50 secondes. Avec un rythme de progression pareil, c’est sûr, elle est promise à un grand avenir. Elle est déjà la deuxième femme la plus rapide du continent africain, autant dire que ça démarre en trombe.

Mais il y a un petit souci, car la sportive est hyper-androgène. Naturellement, son corps produit beaucoup de testostérone. Trop, pour certains. Et un avantage déloyal face à ses concurrentes selon l’IAAF, la Fédération internationale d’athlétisme, qui interdit depuis deux ans certaines compétitions à toutes les personnes hyper-androgènes, sauf si elles acceptent de prendre un traitement hormonal. Et ça, Aminatou Seyni s’y refuse catégoriquement.

Pourquoi on en parle?

Du coup, elle avait dans un premier temps pensé devoir dire adieu aux Jeux olympiques de Tokyo, cet été. Mais ni une ni deux, elle a simplement choisi… de changer de catégorie et de s’aligner désormais sur 200 mètres, où elle pourrait tout à fait créer la surprise. La jeune Nigérienne n’est de loin pas la seule sportive face à ce dilemme: changer de discipline, prendre un traitement médicamenteux ou… tout abandonner. Il y a eu la Sud-Africaine Caster Semenya, l’Ougandaise Annet Negesa, la Kenyanne Margaret Wambui, la Burundaise Francine Niyonsaba, ou l’Indienne Dutee Chand.

Qu’est-ce que les autres en disent?

De nombreuses voix tentent de faire annuler cette décision de l’IAAF, jugée sexiste, raciste et intersexophobe. L’hyperandrogénie étant totalement naturelle, elle ne devrait de facto pas être considérée comme un dopage… à moins d’interdire les joueurs de basket trop grands, ironisent certains. Qui rappellent au passage qu’un Michael Phelps, dont le corps produit très peu d’acide lactique, lui permettant de moins ressentir la fatigue musculaire, n’a jamais été embêté. Au contraire, il a davantage été considéré comme un prodige. Alors qu’une Aminatou Seyni, elle, aurait plutôt tendance à se retrouver affublée du qualificatif de mutante. Mais le chapitre n’est pas terminé, Caster Semenya a saisi la Cour européenne des droits de l’homme pour faire annuler le règlement de la fédération d’athlétisme.

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