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Rajeunissement intime: laissons les vagins tranquilles!

Rajeunissement intime: laissons les vagins tranquilles!

Leen Aerts, gynécologue aux HUG, met en garde contre les potentiels effets secondaires des interventions esthétiques, notamment les brûlures et les douleurs.

© LILIYA RODNIKOVA/STOCKSY

Que ne ferait-on pas au nom du bien-être? Pour avoir une apparence plus belle, une meilleure santé? Un désir cerné par la publicité depuis la nuit des temps. Et l’intimité féminine n’échappe pas à cette règle, des rayons hygiène des pharmacies en passant par les crèmes et les pilules qui foisonnent sur le web aux soins détox, comme le sauna vaginal vanté par Gwyneth Paltrow. Jusqu’aux interventions esthétiques promues par des influenceuses. La tendance du moment? La réjuvénation, ou comment offrir une seconde jeunesse à ses parties génitales. En clinique, des interventions par laser ou radiofréquence sont proposées en Suisse romande, promettant la disparition de tous les maux intimes (incontinence, sécheresse, douleurs et sensation de relâchement) pour environ 500 francs la séance.

C’est que le marketing est passé maître pour capitaliser sur les complexes des femmes. Et nos entrejambes sont une cible facile: une éducation sexuelle scolaire timide, des mythes sexistes à la vie dure et des contenus pornographiques qui mettent en scène des anatomies passées sur le billard finissent d’amplifier nos insécurités. Alors quand des ex-candidates de téléréalité françaises suivies par des millions de personnes, à l’instar de Sarah Fraisou (Les Anges, Les Princes de l’amour) ou Maeva Ghennam (Les Marseillais), recommandent à leurs abonnés des capsules de resserrement intime et des interventions esthétiques pour rajeunir le vagin, certaines peuvent être tentées de prendre rendez-vous. «J’ai fait de la radiofréquence et de la mésothérapie sans injection. J’ai vraiment de la chance, j’ai vraiment un beau vagin, je n’ai pas les lèvres qui dépassent. Là, c’est comme si j’avais 12 ans», annonçait Maeva Ghennam dans une vidéo en automne dernier.

De son côté, Sarah Fraisou déclarait: «J’ai reçu tellement de confidences de femmes qui me disent: "Écoute, mon mari m’a trompée parce que ça ne va plus au lit." Il y a du relâchement, donc il y a forcément moins de plaisir de la part du mari.» Ces propos culpabilisants, maladroits et même erronés ont choqué de nombreux internautes. Si les jeunes femmes ont présenté leurs excuses, ces contenus illustrent le poids des injonctions qui pèsent sur le corps des femmes.

Jeune partout et à tout prix

Consternée par ces discours, la doctoresse Leen Aerts, spécialiste en pathologie de la vulve et douleur chronique gynécologique aux HUG, martèle: «Aucune étude scientifique n’a prouvé l’efficacité de ces traitements dans le cadre d’une réjuvénation vaginale. De plus, il est inutile de traiter uniquement les muqueuses en cas de relâchement.» La médecin précise que des grandes organisations comme l’International Continence Society et l’International Society for the Study of Vulvovaginal Disease se prononcent contre l’utilisation de ces méthodes et que la responsabilité éthique des médecins qui proposent ces procédures est en jeu. Car au-delà des savons, des masques au charbon pour vulves, des sérums ou des crèmes éclaircissantes (ça existe), qui peuvent altérer l’équilibre de la flore vaginale, la doctoresse met en garde contre les potentiels effets secondaires des interventions esthétiques, notamment les brûlures et les douleurs. «Des patientes ont développé des complications suite à une opération de rajeunissement intime», regrette-t-elle.

Si Leen Aerts reçoit régulièrement des femmes complexées par l’apparence de leur sexe, d’après son expérience, l’éducation et un suivi psychologique et sexologique suffisent à éviter des chirurgies inutiles. «Je rappelle aux patientes que toutes les vulves sont différentes, comme les visages», compare-t-elle. Pour l’illustrer, elle n’hésite pas à montrer The Great Wall of Vaginas, l’œuvre du sculpteur Jamie McCartney qui représente la diversité des sexes féminins. «Il peut arriver toutefois que des personnes ressentent une gêne ou une souffrance physique, par exemple à cause de la taille des petites lèvres, nuance la spécialiste. Dans ce cas, une intervention peut être indiquée. Mais de manière générale, si le complexe est d’ordre esthétique, laissons les vulves et les vagins tranquilles!»

Stop aux idées reçues!

Une vie sexuelle intense n’altère pas l’apparence de la vulve et n’élargit pas le vagin.

«Le vagin est une muqueuse très élastique – assez pour laisser passer un bébé – et entourée de muscles, explique Leen Aerts. Il est possible que ces muscles soient fatigués, après un accouchement ou à cause de l’âge. En cas de légère détente des muscles, un travail de physiothérapie permet de retrouver une bonne tonicité et une bonne coordination.»

Un vagin serré permet plus de sensations. Mais…

«Plus les muscles du vagin sont toniques, plus les patientes et leurs partenaires auront des sensations pendant un rapport sexuel. Mais attention: des muscles trop tendus peuvent, au contraire, provoquer des douleurs, alerte la gynécologue. La tonicité doit être correcte.»

On fait une croix sur les produits dédiés à l’hygiène intime.

«C’est lorsqu’on commence à utiliser ces cosmétiques que l’on peut développer des problèmes.» Douche interne, sauna vaginal, savons, talc ou crèmes sont donc à éviter. «Le vagin est un milieu qui se nettoie tout seul, rappelle la médecin. Il y a un bon équilibre naturel entre les bactéries. Laver la vulve tous les jours à l’eau suffit.»

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