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«Alors, vous voulez parler de sexe?» Pas de doute, Michel Cymes est fidèle à sa réputation. Le médecin et animateur télé français – il coprésente avec Marina Carrère d’Encausse Le magazine de la santé sur France 5 – est connu pour son humour de carabin. A tel point que ses blagues salaces à l’antenne lui valent régulièrement les honneurs du Zapping de Canal+. Avec pareille carte de visite, le sujet de son nouveau livre était tout trouvé. Michel Cymes y raconte le sexe à travers les anecdotes coquines de l’Histoire. Et nous en apprend de belles: saviez-vous que Mata Hari fut expulsée de l’école à 16 ans pour avoir mis le directeur de l’établissement dans son lit? Qu’Henri II souffrait d’une malformation du pénis? Que Sœur Emmanuelle était une adepte de la masturbation? Ou encore que le président français Félix Faure succomba à un orgasme fatal après une fellation, ce qui fit dire à Clémenceau: «Il se rêvait César, il est mort Pompée»? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander: dans La sexualité, que d’histoires!, Michel Cymespart à l’assaut du sujet le plus fascinant du monde. Rien que ça.

FEMINA Le sexe: vaste sujet! Vous n’avez pas froid aux yeux…
MICHEL CYMES Moi? Jamais! Les célébrités, c’est ce dont on parle le plus, mais ce livre est avant tout un acte de médecin. Avec mes co-auteurs, nous avons eu l’idée d’utiliser les personnages historiques comme accroches pour introduire des sujets médicaux. Ainsi, l’anecdote sur François Ier, qui souffrait de la syphilis, précède un chapitre sur les infections sexuellement transmissibles; celle sur Noureev, un chapitre sur le sida. Cela peut sembler tiré par les cheveux, mais notre but était de rendre service: l’acte d’achat d’un livre sur le sexe est compliqué. Si on souffre d’éjaculation prématurée, par exemple, on ne va pas facilement acheter un bouquin sur le sujet à la FNAC. En prenant un livre sur l’histoire de la sexualité, on ne donne donc pas l’impression qu’on veut traiter un problème médical.

A votre avis, est-on trop ignorant en matière de sexe?
De moins en moins. J’espère que grâce aux médias, il y a moins de tabous et que les gens savent de plus en plus de choses. On en parle, il y a des spécialistes du sujet, des thérapeutes. On explique mieux. A moins de vivre dans une cave, aujourd’hui, un homme sait ce qu’est un clitoris. Même si tous ne savent pas où il se trouve et ce qui se passe dans les organes féminins. L’anatomie de l’autre est méconnue. On connaît la mécanique. La subtilité du désir, un peu moins. Mais faut-il vraiment en savoir plus, pas sûr.

Justement, à force d’être submergé par l’information, cette dernière ne finit-elle pas par se perdre?
Le problème, c’est l’hypermédiatisation du sexe qui fait qu’on a la tête pleine de ce qu’on doit faire pour entrer dans les normes, et de scénarios pour arriver à coup sûr à l’orgasme. Faire l’amour est un acte naturel, mais quand on y pense en termes de performance, cela devient trop sérieux. C’est pour cela que, dans Le magazine de la santé, j’essaie souvent de dédramatiser le sujet. Ce n’est pas si grave. Il ne faut pas oublier que le sexe, c’est avant tout le plaisir. Or, difficile de prendre le plaisir au sérieux.

A qui s’adresse votre livre?
A ceux qui veulent s’instruire en s’amusant, mais sans tomber dans le graveleux. Avec mes co-auteurs, nous avons voulu éviter cet écueil.

Justement, le ton de La sexualité, que d’histoires! est assez sérieux. On s’attendait à y trouver plus de votre humour…
Mais je peux être sérieux! Vous savez, cet humour, c’est l’image que je donne. J’ai gardé un ton léger dans les anecdotes sur les célébrités, mais je ne vais pas faire de blagues sur l’éjaculation prématurée. Il ne s’agit pas d’un livre de salle de garde! En outre, quand on plaisante en médecine, il y a toujours quelqu’un que ça ne fait pas rire.

Quelle figure historique vous a surpris le plus?
Gandhi. J’avais de lui l’image de sa rigueur, de son ascétisme, or quand on apprend qu’il discutait, dans sa correspondance, de vaseline avec un culturiste allemand, ça surprend… Ou qu’à la fin de sa vie, il dormait avec une fille de chaque côté de lui pour voir s’il résisterait à la tentation, on a peu l’impression qu’avec lui, c’était «fais ce que je dis, pas ce que je fais»! L’histoire de Noureev est aussi effarante: penser que le plus grand danseur de tous les temps fréquentait les pissotières en quête d’amants, c’est sordide.

Y a-t-il un personnage, dans le livre, que vous auriez aimé être?
Frank Sinatra, peut-être. Je n’aime pas son côté «je peux les avoir toutes quand je veux», mais son tableau de chasse est quand même incroyable. Il a eu les plus belles femmes du monde! J’adore Sinatra, même si ce n’est pas la délicatesse qui fascine chez lui.

A quelle question sur le sexe n’avez-vous pas encore eu de réponse?
L’existence du point G. Ce que je me demande, surtout, c’est comment Ernst Gräfenberg, le médecin qui a découvert le point G, a fait pour le trouver sur ses patientes. De nos jours, il ne serait sûrement plus autorisé à exercer!

A votre avis, pourquoi le sexe est-il un sujet si intéressant?
Parce qu’entre ceux qui le font régulièrement et que ça fascine, et ceux qui ne le font jamais et qui sont frustrés, vous avez couvert toute la population. Je n’ai jamais rencontré personne que le sujet n’intéressait pas.

Vous qui êtes médecin, auriez-vous aimé choisir cette spécialisation?
J’aurais aimé être gynécologue. Mais j’ai eu peur d’être écoeuré du corps des femmes.

Il paraît que lorsque vous avez commencé vos études de médecine, vous n’aviez pas la vocation.
C’est juste. J’aimais beaucoup les sciences naturelles, mais ma vocation première était de réussir à finir mon année! J’étais mauvais élève. J’ai raté le bac et j’ai dû le repasser. Ça m’a donné un coup de pied aux fesses. Puis j’ai suivi mon meilleur copain qui avait choisi médecine. C’est à la fin de la première année que j’ai compris que cette voie était pour moi.

Faire des études de médecine, qui sont parmi les plus longues, quand on est mauvais élève, c’est un comble!
Ce n’était pas un comble, c’était un miracle!

Et la télé, c’était une vocation?
Pas du tout. Pour moi, c’est une manière de décliner mon métier de médecin, c’est pour ça que je continue à exercer (ndlr: il travaille dans un hôpital parisien). Je ne suis pas animateur, je suis médecin avant tout.

A lire

La sexualité, que d'histoires!, de Michel Cymes, Patrice Romedenne et Emma Starck, 288 p., 64 fr. 20

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