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cheveu, mon beau cheveu

Ce que nos cheveux disent de nous (et de notre santé)

Ce que nos cheveux disent de nous et de notre sante

«Lorsque le cheveu n’a pas son allure habituelle, c’est souvent que quelque chose ne va pas bien, du point de vue de la santé ou de la psychologie.» - Ralph Trüeb, professeur de dermatologie à l’Université de Zurich et ancien président de l’European Hair Research Society.

© CORTNEX WHITE/UNSPLASH

Longs, courts, frisés, en brosse, domptés en chignon… Vous pouvez habiller vos cheveux de toutes les façons imaginables, c’est peine perdue: ils seront toujours comme ces amis qui sont incapables de garder un secret sur vous.

Car si les yeux sont réputés être le reflet de l’âme, la chevelure, elle, est capable de révéler un certain nombre d’informations sur votre état de santé, votre mode de vie et même les émotions que vous traversez. Elle tend par exemple à stocker des éléments chimiques venant de produits que vous avez consommés, plus ou moins licites (OK, on ne vous dénoncera pas), ou rend lisible certaines maladies qui ne se voient pas au premier coup d’œil. Elle peut également dire si vos nuits sont plus belles (ou pires) que vos jours. «On parle fréquemment de cheveux des mauvais jours ou de cheveux des bons jours, et ce n’est pas un hasard, souligne Ralph Trüeb, professeur de dermatologie à l’Université de Zurich et ancien président de l’European Hair Research Society.

Lorsque le cheveu n’a pas son allure habituelle, c’est souvent que quelque chose ne va pas bien, du point de vue de la santé ou de la psychologie.

Il peut par exemple s’agir de nuits peu réparatrices, parce qu’on s’est couché tard ou parce qu’un souci nous a empêché de fermer l’œil. On ne dispose pas vraiment d’études systématiques sur la corrélation entre qualité du sommeil et apparence des cheveux, mais on soupçonne que la mélatonine puisse jouer un rôle, car son taux dans le sang varie et peut avoir un impact sur le cycle du cheveu.»

Évidemment, le niveau des révélations à votre sujet dépendra du degré d’attention qu’on porte à votre tignasse. Ainsi, un examen visuel rapide de celle-ci permettra peut-être de repérer si vos repas ne sont pas équilibrés. «Des cheveux fragiles, cassants, effrités, peuvent être un signe de carences alimentaires, note Pierre de Viragh, dermatologue et spécialiste du cheveu à Zurich, consultant à l’Inselspital de Berne. Cela n’est pas étonnant, puisque nous produisons trente mètres de cheveux quotidiennement, ce qui requiert une bonne nutrition et un apport calorique suffisant.»

Historique du stress

Des assiettes mal composées, peut-être, mais d’autres facteurs peuvent influer sur la qualité du cheveu et sa croissance, pointe Alexia Maillard, médecin spécialiste en dermatologie et vénérologie, «comme des médicaments, une méthode de coiffage mal adaptée ou un stress intense». Le stress, tant émotionnel que physique, peut alors générer un effluvium télogène, une chute de cheveux diffuse. L’événement déclencheur remonte souvent à trois mois en arrière. Pourquoi trois mois? Parce que cette période correspond aux cycles capillaires. La première phase, dite anagène, correspond à leur croissance. La seconde, nommée catagène, s’étend sur deux semaines environ et est une phase de transition marquée par l’arrêt de la poussée. Puis survient l’ultime période, la phase télogène, où le cheveu se repose avant de tomber au bout de trois mois.

«Avec une forte dose de stress ou une maladie impactante comme un Covid par exemple, le cheveu passe plus vite à cette phase télogène, explique Alexia Maillard. Cela peut s’avérer impressionnant même si ce genre d’expérience est assez courant.»

Reste que pour tenter de diagnostiquer d’autres pathologies, il faut s’approcher plus près et passer à la trichoscopie ou au microscope, consistant en une analyse fine du cheveu et du cuir chevelu. «Ce genre d’examen peut aider à confirmer certaines maladies chroniques inflammatoires comme un lichen plan pilaire ou un lupus, ou des maladies génétiques telles que le syndrome anagène caduc ou le syndrome de Netherton. Mais il faut être clair, ces pathologies demeurent rares. Outre ces situations, les cheveux ne sont pas le vecteur le plus pratique pour établir des diagnostics précis sur l’état de santé.» Il y a ainsi une sorte de fantasme que le cheveu puisse dire des choses pointues sur notre santé, «un peu comme avec les ongles, où tout un imaginaire laisse entendre qu’on peut aussitôt tirer des conclusions à partir de leur observation», fait remarquer Pierre de Viragh.

Même certains métaux

En réalité, c’est surtout dans le champ de la toxicologie que le cheveu s’avère intéressant. Il tend en effet à stocker des éléments chimiques que nous avons consommés: alcool, drogues, métaux lourds… «On dispose d’un historique de plusieurs mois, voire années, selon la longueur des cheveux, de ce que nous avons ingéré», informe Alexia Maillard.

Attention toutefois à ne pas projeter trop d’attentes, comme le nuance Pierre de Viragh: «Si l’on dispose de protocoles efficaces pour la détection des drogues, ce n’est pas le cas pour les métaux comme le zinc et le plomb. Il demeure difficile de faire la différence entre métaux absorbés par l’organisme et métaux s’étant retrouvés sur le cheveu par le biais d’une pollution. Dès lors, les tests parfois vendus en pharmacie pour évaluer de potentielles intoxications aux métaux lourds via la composition des cheveux sont peu significatifs.»

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