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L’effet blouse blanche – comprenez l’angoisse générée par le médecin lors d’une consultation – n’y est pour rien: l’hypertension artérielle (HTA), ou hypertonie, est devenue un problème majeur de santé publique. Trop souvent sous-estimée à cause de la discrétion de ses symptômes, elle apparaît pourtant comme l’un des facteurs de risque cardiovasculaire ôtant le plus de vies; 4,4% de la mortalité mondiale lui est imputable. Guère étonnant que les médecins l’aient surnommé le «tueur silencieux». En Suisse, où aucune étude n’a encore été menée à l’échelle nationale, de nombreux travaux sporadiques indiquent que nous sommes tout autant concernés que les autres.

On estime que pas moins d’un habitant sur quatre souffrirait aujourd’hui de cette affection, tandis qu’un peu plus de la moitié des malades seulement serait correctement traitée. Un décalage qui ne manque pas d’inquiéter Bernard Waeber, professeur et chef de la division de physiopathologie clinique au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). «C’est un sujet à ne surtout pas négliger. L’hypertension augmente le risque d’accident vasculaire cérébral, d’infarctus du myocarde et d’anévrisme de l’aorte. Elle peut, en outre, provoquer une insuffisance cardiaque et être à l’origine de problèmes rénaux. Combinée avec du diabète, sa dangerosité est encore accrue.»

Une hypertonie se diagnostique lorsque la pression qui s’exerce sur la paroi des artères est trop élevée, autrement dit égale ou supérieure à 140/90 mm Hg, mesurée de manière répétée sur plusieurs semaines. Elle est parfois provoqué par une anomalie, et c’est en corrigeant celle-ci qu’on verra la tension baisser. L’hypertension est alors qualifiée de secondaire. Mais dans près de neuf cas sur dix, il n’y a pas de cause bien identifiable: cette hypertension-là est dite essentielle. «Il existe une composante génétique très forte, note l’expert lausannois. Mais certains patients deviennent hypertendus sans avoir jamais eu d’antécédents familiaux. L’environnement, le mode de vie jouent un grand rôle sans qu’on puisse réellement pointer un élément en particulier.»

Une chose est sûre: l’âge et le sexe ont une influence majeure sur le phénomène, ce qui rend son apparition beaucoup moins imprévisible qu’on pourrait le croire. «Jusqu’à 65 ans environ, les hommes ont souvent une tension plus haute, relève Antoinette Pechère Bertschi, professeure en néphrologie et médecine interne aux Hôpitaux universitaires de Genève. A partir de cet âge, les femmes les rattrapent et sont plus nombreuses à souffrir d’HTA, plus sévère et moins facilement contrôlable.» Plutôt ennuyeux quand on sait que les risques augmentent avec la valeur de la tension mesurée.

Dame, que d’inégalités!

Au fait, pourquoi cette recrudescence spectaculaire des cas chez les patientes seniors? La faute aux caprices de la nature, nous indique Bernard Waeber: «Jusqu’à la ménopause, les femmes sont protégées par les hormones, en particulier les œstrogènes.» Bien que moins décisifs, d’autres facteurs concernant exclusivement la gent féminine peuvent susciter une hypertension, comme la grossesse ou encore la contraception orale. «Les pilules de première génération pouvaient être à l’origine d’hypertonies sévères, souligne Antoinette Pechère Bertschi, mais heureusement les nouvelles sont mieux dosées et ont un impact bien moindre.» De nos jours, en Suisse, une quarantaine de femmes sur 10 000 présenteraient toutefois une hypertension directement imputable à la prise de ces contraceptifs.

Mais la physiologie n’est pas la seule à créer de l’inégalité entre les sexes s’agissant d’hypertonie. Il y a également la sociologie… Alors que le niveau de formation n’a aucune incidence sur la prévalence à l’HTA chez l’homme (36% en moyenne entre 35 et 70 ans), il constitue un facteur discriminant chez ces dames. Ainsi, moins elles sont diplômées, plus leur tension a tendance à s’envoler. Le taux atteint 31% au sein de la population des femmes s’étant arrêtées à la fin de la scolarité obligatoire, pour baisser à 20% chez les titulaires d’une maturité ou d’une formation professionnelle. Et le chiffre dégringole même à 12% pour celles qui ont suivi des études supérieures.

Comme souvent avec l’hypertension, les causes demeurent floues. Influence des habitudes alimentaires? De l’environnement de travail? Avec un peu de recul, il y a pourtant toutes les raisons de positiver. «L’HTA est une pathologie aux origines difficiles à identifier et peut toucher n’importe qui. La bonne nouvelle est qu’elle peut se traiter. En combinant une certaine hygiène de vie et l’appui des médicaments, dont les bénéfices ont beaucoup progressé au fil des dernières décennies, il est toujours possible de normaliser sa tension.»

4 gestes pour diminuer les risques

BOUGER! On ne louera jamais assez les bénéfices d’un exercice physique régulier, qui permet de faire descendre la pression artérielle. Pour cela, nul besoin de s’adonner à une activité sportive épuisante pour le corps: marcher d’un bon pas pendant au moins une demi-heure, environ quatre fois par semaine, sera la formule idéale pour tous les âges. Ceux qui se sentent comme un poisson dans l’eau pourront également privilégier la natation, excellente alternative puisqu’elle a l’avantage de faire travailler le cœur tout en ménageant les articulations.
Baisse attendue au brassard: 4 à 9 mm Hg de tension systolique.

BANNIR TOUT SURPOIDS Des lipides, oui, mais avec modération! Ceux-ci ne font, en effet, pas bon ménage avec le cœur et les artères. D’autant plus que la graisse accumulée à l’intérieur de l’abdomen a la fâcheuse tendance de sécréter des facteurs prédisposant à l’hypertension, phénomène connu sous le nom de syndrome métabolique. Et on se souviendra qu’avec un indice de masse corporelle supérieur à 25, les alarmes se mettent à clignoter. Bref, il est peut-être temps de commencer un régime adapté histoire de faire du bien à sa pression!
Baisse attendue au brassard: 1 à 1,6 mm Hg de tension systolique par kilo superflu en moins.

LEVER LE PIED SUR L’ALCOOL ET LE TABAC La nicotine constitue un véritable fléau dans la lutte contre l’hypertension. Chaque cigarette allumée altère un peu plus la couche de cellules protectrices des vaisseaux, empêchant ainsi la fabrication de substances vasodilatatrices en quantité suffisante. Pour les médecins, mieux vaut tout simplement arrêter de fumer si l’on entend préserver sa santé, et pas seulement pour maintenir sa tension à des niveaux raisonnables… Pour ce qui est de l’alcool, enfin, on évitera de dépasser deux verres de vin par jour.
Baisse attendue au brassard: 2 à 4 mm Hg de tension systolique.

SOIGNER SON ALIMENTATION Une étude lancée par l’Office fédéral de la santé publique, en 2011, a établi une corrélation entre hypertension et consommation quotidienne de sel, sous forme de chlorure de sodium. En Suisse, cette dernière s’élève à environ dix grammes par personne en moyenne, soit deux fois le seuil maximal recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Principale raison de cette omniprésence du NaCl dans nos mets? La recherche d’un goût plus agréable…Il existe heureusement une parade: ne pas abuser de pain, ni de charcuterie, de fromage ou encore de plats préparés, et préférer un régime équilibré, avec notamment des fruits au menu. Une autre bonne nouvelle? Un peu de chocolat sera le bienvenu!
Baisse attendue au brassard: 7 à 11 mm Hg de tension systolique en divisant sa consommation journalière de sel par deux.

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