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Le bain de forêt, une immersion bien(-être) de saison

Le bain de foret une immersion bien etre de saison

Les bains de forêt améliorent le sommeil et la concentration, et abaissent le cortisol (l'hormone du stress).

© ALLEF VINICIUS/UNSPLASH

Très tendance depuis quelques années, le bain de forêt fait du bien au corps et à l’âme. En quoi est-ce utile et comment faire concrètement? Décryptage…

Né au Japon dans les années 80, le shinrin-yoku est une pratique qui consiste à plonger en pleine conscience dans la nature afin de s’y reconnecter via nos cinq sens. En d’autres termes, on regarde attentivement autour de soi, on écoute le chant des oiseaux ou le murmure du vent, on renifle les multiples parfums des bois, on touche les arbres, les feuilles ou les mousses, on goûte l’air parfumé ou, avec de la chance, les myrtilles, les fraises, l’eau d’une source… Bref, on se branche à 100% sur son environnement pour s’immerger dedans, résume le Dr Qing Li, immunologue, biologiste et professeur associé à l’école de médecine de Tokyo qui a grandement participé à la popularité du bain de forêt.

Des effets positifs démontrés

On le sait intuitivement: la nature nous fait du bien. Mais pourquoi et comment? Pour tenter de comprendre scientifiquement les effets physiologiques et psychologiques des bains de forêt et de la sylvothérapie (qui se concentre plus spécifiquement sur les arbres), de nombreuses études ont été menées dans le monde.

Ainsi, dès 1995, l’équipe du Pr Yoshifumi Miyazaki, de l’Université de Chiba, au Japon, a comparé différents indicateurs santé entre des shirinyokistes et des non-shirinyokistes. Les résultats obtenus sont sans appel: les sujets qui passaient 40 minutes en forêt le matin et l’après-midi avaient une bonne tension artérielle, dormaient mieux, avaient de meilleures facultés de concentration et étaient globalement moins fatigués et touchés par des épisodes de dépression ou d’anxiété que ceux qui ne se promenaient jamais dans les bois.

Par ailleurs, le Dr Qing Li a pu mettre en évidence «une baisse sensible du cortisol (dite hormone du stress), une «amélioration des performances du système immunitaire», une «augmentation des lymphocytes NK (ou cellules tueuses naturelles)» et une diminution significative du taux de glucose dans le sang de diabétiques adeptes des bains de forêt.

Des résultats miraculeux? Le Dr Qing Li relativise et insiste:

«Le shinrin-yoku n’est pas un remède, mais une approche de la médecine douce et préventive!»

Comment fait-on pour débuter?

A priori, on commence par oublier notre téléphone, tablette et autres sources de distraction pour filer vers un lieu boisé. Si une belle forêt est évidemment préférable, une futaie, un parc urbain, un bord de lac ou un jardin font aussi parfaitement l’affaire.

Ensuite, une fois dans votre océan de verdure, marchez lentement, sans but, sans vous soucier du temps qui passe et sans forcément parler si vous faites partie d’un groupe. Respirez profondément, videz-vous la tête, en vous laissant remplir par vos sens: odorat, ouïe, vue… Vous avez besoin d’être en mouvement pour goûter ces différentes sensations? Avancez tranquillement. Vous préférez l’immobilité? Arrêtez-vous où vous le sentez, enlacez l’arbre qui vous a attiré-e ou asseyez-vous à même le sol (ou sur une souche, une pierre) et… vivez la douceur du présent. Tout simplement, tout naturellement.

Vous redoutez de ne pas réussir à débrancher et ne maîtrisez pas l’art de la méditation ou du yoga? N’ayez crainte! Le processus bénéfique se fait de lui-même. Dès lors que vous marchez tranquillement, rêvassez au pied d’un arbre, touchez, caressez ou observez la vie qui s’agite autour de vous (végétaux, insectes, oiseaux…), essayez de reconnaître et d’analyser les parfums et les bruits alentour… le cerveau entre dans un mode dit de fascination douce. Entendez: votre esprit n’est plus focalisé sur quelque chose de particulier, ce qui apaise et favorise la créativité!

Infos pratiques

Le shinrin-yoku se pratique à longueur d’année – même si la période printanière est particulièrement riche en surprises – , par n’importe quelle météo, aux horaires qui vous conviennent et aussi souvent que vous le désirez (ou le pouvez), sans limite de temps.

Cela dit, des chercheurs britanniques ont montré qu’il faudrait passer environ 2 heures par semaine dans la nature pour en ressentir les bienfaits, mais que plus de 5 heures n’offrent pas d’avantage supplémentaire pour la santé.

Accessible à tout le monde, il a l’avantage de ne demander aucune condition physique particulière.

Chanteur lyrique et technicien forestier, Vincent Karche a créé ce qu’il appelle la sylvoixthérapie – une technique qui conjugue les bienfaits des bains de forêt à ceux de l’expression vocale. Pour en savoir plus sur cette double pratique, on peut se référer à son guide, Une sylvothérapie à pleine voix, tout fraîchement paru aux Éditions Favre.

Si vous désirez vous offrir des sensations différentes et suivre des initiations (en groupe ou en individuel), des balades ou des stages de sylvothérapie guidés sont organisés en Suisse romande.

Plus d’infos notamment sur ceuxdici.ch ou baladesvertes.ch

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