témoignages

    Je pratique le shiatsu sur les chevaux

    Assistante de direction, Sandra a choisi de travailler à mi-temps et de se spécialiser en shiatsu équin. elle partage aujourd’hui son temps entre l’écurie et le bureau.

    Publié le 
    22 Mars 2016
     par 
    Caroline Stevens

    Après une dizaine d’années passées dans une entreprise internationale entre Genève et Neuchâtel, j’ai décidé de changer de rythme il y a trois ans. Je n’avais jamais pu exercer dans mon domaine de formation initial — gestion et protection de l’environnement — et je voulais trouver une activité qui soit plus en adéquation avec mes valeurs et mes convictions.

    Lorsque j’étais enfant, je voulais devenir vétérinaire. Ce souhait a tout naturellement contribué à me faire changer de cap. Soigner les bêtes blessées et recueillir celles qui étaient abandonnées était mon rêve. D’ailleurs, j’ai toujours considéré l’animal comme un être vivant, avec son caractère et son histoire. Un être dont il faut prendre soin. Je possède moi-même un cheval, qui est un véritable compagnon de route. Chaque jour, je passe un moment avec lui pour le brosser, le caresser, le monter ou le promener.

    Les thérapies naturelles m’intéressaient depuis longtemps. Je connaissais notamment l’homéopathie, le shiatsu et l’acupuncture, que j’utilisais moi-même. Le shiatsu me semblait offrir une relation plus intense que les autres méthodes, puisque lorsque l’on pose des aiguilles on laisse le patient seul. Avec le shiatsu, c’est différent: la présence constante du praticien renforce le lien avec la personne soignée. C’est en imaginant allier la médecine douce aux animaux que j’ai pensé au shiatsu équin.

    Peu développé en Suisse, ce type de soins est pourtant assez répandu de l’autre côté de la frontière, on l’utilise notamment sur les chiens ou les vaches. J’ai beaucoup discuté avec des ostéopathes et des thérapeutes équins avant de prendre ma décision. Je voulais trouver un enseignement solide, capable de me donner des notions anatomiques et de traiter l’animal dans sa globalité. Une fois décidée, je me suis inscrite à une formation complète sur trois ans proposée en France.

    Je me suis beaucoup investie durant cette période qui m’a amenée à changer mon style de vie. Rencontrer des personnes dans le même état d’esprit que le mien m’a fait du bien. Je me suis sentie dans mon élément, confortée dans mon choix. Les cours étaient intenses, alliant rapidement la pratique à la théorie. Enfin, il me tient à cœur de préciser que le shiatsu ne remplace par le vétérinaire. C’est une forme de soins complémentaires, qui visent à améliorer le bien-être global et la motricité.

    L’instinct remplace les mots

    Je n’ai jamais pensé à travailler avec des êtres humains. Etant une personne très sensible, je ne voulais pas m’exposer au mal-être de mes congénères. Je souhaitais avoir une qualité relationnelle particulière avec le patient. Le travail avec les chevaux répond en tout point à cette envie. L’instinct remplace les mots et la relation qui se tisse avec eux ressemble à une danse, un subtil échange d’énergie. Contrairement à l’homme, un animal n’a ni pudeur ni retenue face à la douleur. Il est étonnamment plus facile de voir où se niche sa souffrance puisqu’il l’exprime à travers son attitude et son comportement.

    Lorsque je pratique le shiatsu pour la première fois sur un cheval, il est bien souvent surpris. Peu à peu, son corps se relâche à mon contact, la confiance s’installe et le travail peut débuter. La santé des animaux que je suis depuis plusieurs années confirme l’efficacité de mon traitement. Au fil de mes visites – quelques-unes seulement par année – je les sens plus vigoureux et en meilleure santé. Quelquefois, des changements spectaculaires peuvent se produire en quelques mois, et les propriétaires sont eux-mêmes étonnés. Echanger avec celles et ceux qui prennent soin de leur animal est également important dans mon travail. Ce n’est d’ailleurs pas toujours facile de leur dire qu’ils pourraient améliorer les conditions de vie de leur animal.


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    Dans ma pratique, je soigne différents types de chevaux. Certains sont montés pour faire de la compétition tandis que d’autres sont utilisés pour les loisirs ou sont à la retraite. Si le shiatsu fonctionne bien en général, je dois admettre qu’il a aussi ses limites. Mon cheval ne répond pas vraiment au traitement lorsque je lui en fais un. Je pense que c’est lié à notre proximité, à l’affection que nous nous portons: nous sommes tout simplement trop proches. Du coup, il est difficile de faire la différence entre les sentiments et les soins. Heureusement, d’autres thérapeutes s’occupent bien de lui, et il coopère sans problème avec eux.

    Vigilante face aux réactions de l’animal

    Grâce à mon travail, je vis des moments particuliers. Et j’ai conscience de ma chance. J’ai des horaires flexibles, je travaille au grand air et me sens bien plus libre qu’auparavant. Il y a quelques jours, je me suis occupée d’une bête qui n’aimait pas du tout être touchée. J’ai été étonnée et émue de constater qu’elle réussissait à se détendre, à me laisser lui faire du bien.

    La technique ressemble à celle que l’on pratique sur l’homme: on stimule certains méridiens afin de libérer l’énergie bloquée dans l’organisme. Cela soulage aussi bien douleurs et blessures musculaires que problèmes métaboliques. Lors des séances, je mets mon corps tout entier en action, à travers des mouvements de pression et de balancier. Durant ces moments, je me consacre entièrement à l’animal, j’observe ses réactions. Il faut savoir rester vigilant, vu sa taille. Je n’ai jamais eu d’accident, mais je fais toujours en sorte de ménager un espace autour de nous, au cas où sa réaction serait trop vive.

    Depuis que je pratique ce nouveau métier, ma vie a changé. Mes journées se suivent mais ne se ressemblent pas! Je passe certes beaucoup de temps sur la route pour rejoindre mes patients, mais cela ne me dérange pas, au contraire. J’utilise notamment ces moments pour réfléchir au traitement. Et j’ai aussi développé ma diplomatie et mon sens des relations humaines avec les propriétaires qui me font confiance.

    Aujourd’hui, ma soif d’apprendre et mon désir de me rapprocher des chevaux en peaufinant mon art ne font que croître jour après jour.

     

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