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    Le sexe en été, est-ce vraiment plus débridé?

    Fantasmes plus cool, infidélité plus forte, rêves érotiques en hausse... on fait la part des choses entre mythes et vérités en sept points plus ou moins coquins.

    Publié le 
    16 Août 2018
     par 
    Nicolas Poinsot

    Un été super hot. Des vacances caliente. Une saison torride. A en croire les couvertures ou les articles des magazines fleurissant dès le mois de juin, la période estivale constituerait rien de moins que l’Everest de notre vie sexuelle, point culminant de sensualité et de libido revenant avec une régularité de métronome tous les douze mois.

    Ces glorieuses semaines durant lesquelles les jours languissent, les corps s’effeuillent et le temps prend son temps, remplaçant métro-boulot-dodo par mojito-balnéo-paréo, seraient une sorte de saison des amours pour homo sapiens moderne. Mais derrière le lancinant refrain sea sex and sun, qu’en est-il de la réalité?

    La pénétration assistée, le Graal pour jouir à chaque rapport?

    On a davantage envie de faire l’amour. Oui

    Aucun doute du point de vue des scientifiques, l’été offre tous les ingrédients pour faire monter le mercure et pas seulement dans les thermomètres. Les jours plus longs, les rayons plus ardents du soleil et les températures en hausse forment un cocktail clairement favorable à l’activité sexuelle chez les humains.

    «La luminosité importante agit au niveau de la stimulation du psychisme, en améliorant souvent notre humeur. Or l’humeur et la libido sont liées», éclaire Francesco Bianchi-Demicheli, médecin adjoint-agrégé responsable de la consultation de gynécologie psychosomatique et médecine sexuelle aux HUG.

    En cause? Des journées lumineuses favorisent l’augmentation de la sécrétion de sérotonine, hormone associée à l’état de bonheur. Parallèlement, la fabrication par le corps de mélatonine, l’hormone du sommeil tendant à nous assagir, diminue sensiblement.

    Sans oublier que l’exposition au soleil aide l’organisme à sécréter de la vitamine D, dont le taux est corrélé à celui de la testostérone, l’hormone mâle du désir. Chez les hommes, les médecins constatent ainsi une hausse de 20% de la production de testostérone pendant la période estivale.

     

     

    Le nombre d’infidélités enregistre un pic. Oui

    Est-ce le climat plus évocateur, le temps libre en hausse, ou alors les distances qui s’allongent entre certains individus et se raccourcissent entre d’autres? Sans doute un peu des trois. Reste qu’en effet, les relations extraconjugales sont deux plus nombreuses en été qu’en hiver. Ces dernières années, plusieurs enquêtes des sites Gleeden et Victoria Milan ont confirmé la tendance plutôt volage des estivants.

    Les chiffres nous apprennent cependant que près de 47% des coups de canif dans le contrat ont pris fin avec la rentrée, et que seulement 8% des personnes ayant été infidèles durant l’été continuent de fréquenter leur crush non-officiel au cours de l’année qui suit. L’infidélité en juillet et en août, c’est ainsi un tiers d’aventures d’une nuit.

    Des statistiques Ifop pour «L’Echo des Savanes» amènent par ailleurs un supplément d’informations sur le profil des partenaires secrets croqués par les femmes: ces dernières privilégient d’abord les personnes très drôles aux Apollons endémiques de l’été, type moniteur de planche à voile ou maître-nageur.

    On fait plus de rêves érotiques. Potentiellement oui

    Sur Internet, de nombreuses personnes s’étonnent de rêver plus intensément durant l’été. Davantage de songes donc, mathématiquement, davantage de rêveries classées X. Les spécialistes du sommeil précisent néanmoins que si dans les faits le nombre de rêves n’augmente pas systématiquement pendant les beaux jours, leurs souvenirs au lever du lit seraient plus vivaces.

    L’explication? Une qualité du sommeil plus facilement détériorée en juillet et août par l’effet de nuits plus chaudes et d’obscurité plus rare. Or, la multiplication des phases de réveil est favorable à une réminiscence des rêves de la nuit. Bref, on n’a pas forcément davantage fantasmé sur son BG de collègue Isidore durant l’été, c’est juste que cette satanée canicule nous empêche de l’oublier en relevant la tête de l’oreiller.

    On vit plus souvent sa première fois en été. Non

    La période estivale est un dopeur de libido, et dans les faits on enregistre une plus haute fréquence de galipettes.

    «Plusieurs études prouvent d’ailleurs que les relations sexuelles sont plus nombreuses dans les pays ayant un climat tropical» informe Francesco Bianchi-Demicheli.

    Pourtant, «on n’a pas plus de probabilités d’expérimenter sa première fois pendant l’été», précise le médecin. Les mois de vacances n’en restent pas moins très favorables aux premiers flirts et émois amoureux. Bref, au rapprochement des corps. Sauf, peut-être quand le thermomètre étouffe.

    «La canicule fatigue beaucoup l’organisme et donnera du coup moins envie de faire l’amour, rappelle Francesco Bianchi-Demicheli.

    Et dans ces conditions de grandes chaleurs, certaines personnes supportent à peine l’idée de se retrouver collées à quelqu’un d’autre.

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    Réaliser ses fantasmes est forcément plus fun et moins risqué. Pas toujours

    Sex on the beach n’est pas seulement le nom d’un cocktail très prisé. C’est aussi l’un des fantasmes les plus récurrents selon les sondages. Et avec les températures bouillantes et la douce liberté des vacances, tenter enfin cette petite sieste crapuleuse face à la mer est bien tentante.

    Gare toutefois à l’implacable désenchantement dû aux lois de la physique: même avec toutes les précautions logistiques, par exemple une serviette de bain posée avec application par vent calme, le sable et ses milliers de minuscules grains irritants s’invitent rapidement dans la partie, faisant en sorte que la réalité se laisse rattraper par la friction.

    La plage n’est pas le meilleur terrain de jeu pour faire l’amour? Pourquoi ne pas reprendre les choses sérieuses dans l’eau? Là encore, c’est l’un des fantasmes les plus courants chez les estivants. Et là encore, attention aux déceptions. Si la sensation d’apesanteur est grisante et stimule l’imagination pour dénicher les positions les plus sympathiques, l’environnement peut vite se révéler peu propice au nirvana.

    La faute aux effets de l’eau, celle-ci ayant la fâcheuse manie de diluer les sécrétions vaginales et donc de diminuer la qualité de la lubrification. Non seulement cela peut être douloureux lors de la pénétration, mais en cas de rapport avec un préservatif, les frictions plus importantes augmentent le risque de rupture.

    La botte secrète? Appliquer un lubrifiant à base de silicone avant de batifoler au large.

    Pas si fun et spontanés finalement ces fantasmes d’été, hein?

    Les organes génitaux sont plus gros. Pas sûr

    Le débat est parti de discussions sur le forum Reddit en juillet 2018: à lire certaines observations d’utilisateurs, la chaleur des jours estivaux rendrait les pénis plus… imposants. Alors, les hommes seraient-ils vraiment davantage gâtés par la nature en été? Le fil des discussions a vu intervenir des urologues tentant de répondre aux interrogations.

    Pour l’un d’eux, un certain Orlando Jamin Brahmbhatt, l’appareil génital masculin ne changerait pas réellement de volume selon les saisons. Le sexe serait juste un peu plus contracté durant l’hiver, comme il le détaille dans son explication:

    «Les vaisseaux sanguins près de la peau se contractent pour maintenir la chaleur interne. Cependant, ce type de régulation de la température corporelle ne devrait pas affecter la taille globale du pénis.»

    L’expertise de Dudley Danoff, un autre urologue, n’abonde cependant pas dans ce sens. «Plus l'environnement ambiant est chaud, plus les vaisseaux sanguins se dilatent. L'augmentation du flux sanguin va augmenter, les corps caverneux seront élargis, et le pénis sera donc plus grand», écrit le médecin. L’effet resterait néanmoins assez limité: aucune canicule n’a encore transformé quiconque en Rocco Siffredi.

    On est moins vigilant. Oui

    C’est une thématique certes un peu moins légère, mais il faut le souligner: on enregistre davantage de demandes d’IVG durant l’été et à la rentrée.

    L’explication réside dans plusieurs des points abordés précédemment: relations sexuelles plus fréquentes, esprit d’insouciance et de légèreté plus prononcé, spontanéité plus aisée… ainsi, selon des chiffres du Summer Loving Survey, 27% des personnes sexuellement actives confient être plus enclines à oublier ou négliger la contraception en été.

    15% ayant eu une aventure d’un soir n’ont utilisé aucun moyen de contraception et 27% ont fait l’impasse sur le préservatif.

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