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    «Que faire: mon enfant a vu du porno!»

    Dans un monde ultraconnecté, difficile d’éviter la confrontation à des images non souhaitées. Il s’agit de s’y préparer avant que ça n’arrive.

    Publié le 
    14 Mai 2018
     par 
    Nicolas Leuba

    La question

    «Mon fils de 9 ans a vu des vidéos porno sur la tablette familiale. Je ne veux pas que cela le traumatise. Que faire?» Esther, 35 ans

    La réponse

    Cela devait arriver. Nous sommes d’accord, 9 ans est un âge précoce pour cette première expérience. Selon une étude américaine menée en 2002 sur un échantillon d’étudiants, 19,7% des garçons et 12,7% des filles entre 6 et 10 ans rapportent avoir visionné du matériel pornographique. En 2018, alors que la technologie et l’accès à internet se sont démocratisés, il est probable que ce nombre ait augmenté. Cette recherche conclut qui si 80% des enfants ont eu une activité sexuelle avant 13 ans, une large majorité pensent que leurs expériences étaient normales. Il s’agit de rappeler ici que la sexualité fait déjà partie du monde de l’enfance, bien qu’elle ait une forme et un sens différents de celle des adultes. Cela dit, les enfants ont besoin d’un encadrement pour entrer dans l’espace de la sexualité.

    Le web sécurisé pour les enfants

    De la fiction!

    La pornographie est un support qui va donner des points de référence aux enfants. Elle va créer des systèmes de normes sexuelles sur lesquelles ils s’appuieront. Décriée pour ces normes trop souvent réductrices, elle tend à se diversifier et à proposer d’autres références.
    Cependant, l’enfant a besoin d’être accompagné pour comprendre qu’il existe une différence fondamentale entre ce qu’il voit à l’écran et ce qu’il vit au sein de son propre érotisme. Que ce soit du porno éthique ou mainstream, ce sont des mises en scène. Le parent peut évoquer ces différences avec l’enfant afin de planter des graines qui germeront au fil du développement et des rencontres qu’il fera.

    Tenter d’éloigner ses enfants du porno n’est pas forcément une solution, car ils y auront accès malgré les interdits. D’ailleurs la pornographie n’est pas mauvaise en soi. C’est le rapport que l’on entretient avec elle qui définit si elle est un bon ou un mauvais objet. Le parent peut aider à construire un rapport le plus sain possible avec ces images.

    Notre expert

    Cette semaine envoyez vos questions à Nicolas Leuba, psychologue, psychothérapeute FSP, thérapeute de couple, spécialiste en sexologie SSS: nicolas.leuba@femina.ch

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