santé

    Se soigner par le stretching

    Méthode douce visant à allonger les tissus pour gagner en mobilité musculaire et articulaire, le stretching thérapeutique est accessible à chacun. Quels que soient l’âge, le sexe ou la condition physique.

    Publié le 
    20 Septembre 2015
     par 
    Edmée Cuttat

    Contraintes diverses liées à un mode de vie trépidant, stress permanent, sport intensif, immobilité forcée ou non, sans oublier les années qui passent inéluctablement: tout concourt au raidissement du corps. Et, par conséquent, à une élasticité moindre des muscles. D’où la nécessité de les étirer pour prévenir les douleurs et se sentir mieux dans sa peau.

    L’idée est de travailler le corps dans sa globalité, en réalisant en douceur et sans à-coups des exercices d’étirements ciblés sur l’un ou l’autre de ses membres pour obtenir davantage de souplesse, d’amplitude et de flexibilité.

    Postural ou sportif, le stretching devient plus précisément thérapeutique, explique la physiothérapeute genevoise Katia Abbondanzieri, lorsqu’il se concentre sur un groupe musculaire par rapport à une pathologie donnée. Il permet de traiter certains types d’arthroses, des articulations en souffrance, des lombaires douloureuses (notamment en raison de la posture assise prolongée au bureau, qui favorise le raidissement des muscles à l’arrière de la cuisse), des sciatalgies (douleurs sur le trajet du nerf sciatique), des tendinopathies ou encore des jambes lourdes.

    Respecter les limites

    Dans cette optique, l’accent est mis sur la méthode dite active, consistant à contracter le muscle opposé à celui à étirer. Non seulement l’étirement se révèle plus efficace, mais on protège les articulations. Contrairement à la méthode passive, où on maintient l’allongement sans bouger et en forçant pendant plusieurs minutes, posture qui risque de porter préjudice aux ligaments. Or le but du stretching thérapeutique est, au contraire, de respecter les limites de chacun.

    Contracter-relâcher

    Pour gagner de l’amplitude et de la flexibilité, on utilise la technique du contracter-relâcher: contraction de cinq secondes, ensuite relâchement de cinq secondes, puis étirement de quinze à vingt secondes. Les différents exercices peuvent s’effectuer dans les positions couchée, assise, ou debout. Ils prennent entre cinq et dix minutes chacun. Pour se révéler vraiment efficaces, ils doivent être pratiqués par le patient quatre à cinq fois par semaine, explique la physiothérapeute genevoise.

    Parfois déconseillé

    En augmentant la mobilité articulaire, le stretching thérapeutique diminue et soulage ainsi les tensions, nerveuses ou non, les maux passagers ou chroniques. Il tend à stimuler la circulation sanguine et aide au drainage des toxines accumulées qui, dès lors, peuvent s’éliminer.

    «Qu’il s’agisse d’un grand athlète, d’un jeune en pleine croissance ou d’une personne âgée, sa pratique permet en outre d’éviter plusieurs problèmes posturaux et rhumatismaux. Pour autant qu’on soit patient, motivé et assidu», insiste Katia Abbondanzieri.

    Mais tout bénéfique qu’il soit, le stretching a ses règles. Il est par exemple déconseillé dans le but de gagner de l’amplitude après une séance de sport intensive, qui risque d’accentuer les microlésions musculaires engendrées par cette activité.

    Il est par ailleurs inefficace, sinon nocif, en cas de courbatures qui consistent en une accumulation d’acide lactique, déchet qui se forme dans les cellules suite à une mauvaise oxygénation des tissus. Le stretching fait ainsi barrage au processus de guérison des microtraumatismes. Il est enfin contre-indiqué sur un muscle blessé en risquant d’aggraver la situation au lieu de l’améliorer.

    Info

    Katia Abbondanzieri reçoit des patients, dispense des cours aux étudiants à HP Formation Genève, tout en enseignant le massage et l’anatomie palpatoire depuis une quinzaine d’années.

     

    Trois exemples de muscles à étirer

    1. Le piriforme (bassin)

    En cas de tensions dans les fessiers ou de sciatalgies chroniques. S’auto-agrandir puis replier un membre inférieur par-dessus l’autre et tirer le genou vers l’épaule opposée. L’étirement se ressent dans la fesse. Contre-indiqué en cas de sciatalgie aiguës (en crise).

    2. Le psoas (jambe)

    En cas de lombalgie. S’allonger sur le dos, tendre fermement le genou de la jambe au sol. Replier l’autre genou vers la poitrine. L’étirement se ressent dans le pli de l’aine de la jambe au sol.

    3. Le quadriceps (cuisse)

    En cas d’arthrose du genou (arthrose fémoro-patellaire). S’auto-agrandir. Tenir la cheville, tirer le genou en arrière. Serrer les fessiers et les abdominaux pour basculer le bassin afin d’accentuer l’étirement. Celui-ci se ressent sur le devant de la cuisse.

    Dessins: Sylvie Pinsonneaux / Comillus

     

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