santé

    Petit dico des médecines alternatives

    Elles sont toujours plus en vogue.

    Publié le 
    20 Mars 2014
     par 
    Saskia Galitch

    En Suisse, une personne sur trois recourt aux médecines non conventionnelles au moins une fois par année. Pourtant même si leur succès ne cesse de croître, on ne sait pas toujours sur quels principes ces thérapies se basent ni comment elles agissent. Partant de l’évidence que le corps et l’esprit sont liés, la plupart d’entre elles travaillent sur le concept de l’énergie vitale – les fameux «Chi» ou «Qi» en Chine et au Japon, les «Doshas» ou le «Prana» en Inde. De fait, si cette force invisible mais essentielle qui circule à l’intérieur du corps le long des méridiens se bloque ou vient à manquer, l’organisme ne «marche» plus tout à fait comme il le devrait. Les préparations à base de plantes, massages, régimes et soins propres à chaque méthode servent donc à rétablir cette circulation.

    L’acupuncture

    En plantant des aiguilles en des points précis, l’acupuncteur cherche à restaurer le flux énergétique perturbé. Ce faisant, il peut atténuer, voire éliminer des troubles tels que migraines, allergies… Depuis 2012, cette technique millénaire chinoise est remboursée par l’assurance-maladie de base lorsqu’elle est pratiquée par un médecin.

    L’aromathérapie

    Cette branche de la phytothérapie repose sur l’utilisation d’huiles essentielles par diffusion atmosphérique, par application cutanée ou par ingestion. Elle est notamment recommandée en cas de problèmes de peau, d’anxiété, d’insomnie ou de rhume des foins. La prise orale n’est pas anodine. Fabienne Millet, docteure en pharmacie, estime que l’avis d’un médecin ou d’un spécialiste reste primordial. Tandis que Monica Delastre, naturopathe et présidente de l’Association suisse des praticiens de thérapies naturelles (APTN), s’inquiète du fait que «ces produits sont en vente libre alors qu’ils sont potentiellement dangereux s’ils sont mal utilisés».

    L’ayurveda

    Médecine traditionnelle indienne, l’ayurveda accorde une grande importance aux toxines dont l’accumulation perturbe l’organisme. Tout traitement commence donc par une détoxification générale puis est suivi de soins personnalisés comprenant, le cas échéant, des régimes alimentaires spécifiques, des préparations à base de plantes, des séances de méditation…

    Le drainage lymphatique

    Ce type de massage – plutôt doux – sert à stimuler la circulation de la lymphe et, partant, à détoxiquer l’organisme. Il est recommandé en cas de jambes lourdes, de rétention d’eau ou de peau d’orange.

    La florithérapie

    Elaborée par le Dr Edward Bach, cette méthode ne traite pas directement les désordres physiques mais agit sur les émotions au moyen d’élixirs floraux. Des complexes de fleurs de Bach sont disponibles en granules et sans alcool.

    La gemmothérapie

    Cette forme concentrée de phytothérapie utilise «les bourgeons, les jeunes pousses et les radicelles», note Fabienne Millet. Le macérât contient de l’alcool et de ce fait ne convient pas à tout le monde.

    L’homéopathie

    Une proposition thérapeutique de soigner le mal par le mal… ce dernier étant administré par granules en doses infinitésimales. L’homéopathie est depuis janvier 2012 prise en charge par l’assurance de base sous certaines conditions.

     

    La méditation

    Cette pratique ne soigne pas à proprement parler. La naturopathe Alessandra Moro Buronzoles rappelle toutefois qu’elle permet de calmer le jeu mentalement et physiquement. Elle se révèle donc souvent très efficace pour lutter contre le stress et les troubles qui y sont liés.

    La mésothérapie

    Exclusivement réservée aux médecins allopathes, cette méthode consiste à administrer des médicaments par micro-injections à proximité de la lésion à soigner. Elle est réputée très efficace contre la cellulite, en médecine sportive (traumatismes articulaires, tendinites ou élongations) ainsi que lors d’infections récidivantes (rhino-pharyngite, otite, sinusite, cystite, etc.). Cette manière de faire évite que le principe actif passe dans le système sanguin, l’estomac ou le foie.

    La naturopathie

    Comme le stipule Monica Delastre, il s’agit moins ici de soigner un symptôme que d’identifier les causes du trouble afin d’aider l’organisme à le combattre. Pour ce faire, le naturopathe doit maîtriser plusieurs disciplines, de la phytothérapie au drainage, en passant par l’aromathérapie. Il doit aussi être capable de déceler un problème nécessitant l’intervention d’un spécialiste.

    L’ostéopathie

    Cette thérapie est fondée sur des manipulations manuelles du système musculo-squelettique grâce auxquelles certains troubles fonctionnels sont soulagés. Elle est prise en charge par la plupart des assurances complémentaires pour médecines alternatives.

    La phytothérapie

    Toutes les civilisations l’ont pratiquée au cours des millénaires! Les plantes contiennent des principes actifs qui agissent tant physiquement que moralement. La phyto thérapie se décline en tisanes, ampoules, gélules, huiles essentielles ou comprimés. Elle est remboursée sous condition.

    La réflexologie

    Cette technique se base sur le lien entre plante des pieds et organes. La stimulation des points réflexes entraîne un effet sur certaines zones précises.

    Nos conseils

    1. 1. Bien choisir son thérapeute. N’importe qui peut se prétendre spécialiste. Alors comment faire? Selon Monica Delastre, l’appartenance d’un thérapeute à une association professionnelle faisant partie de l’Organisation du monde du travail thérapie complémentaire et médecine alternative (OrTras) reconnue par la Confédération est un gage de sérieux. Pour faire partie de l’APTN, par exemple, outre un cursus très exigeant, il faut «suivre des cours de formation continue chaque année, respecter des codes éthiques stricts» et accepter des contrôles.
    2. 2. Ne pas rejeter la médecine allopathique. «Les patients doivent envisager les choses de manière complémen taire et non exclusive, martèle Monica Delastre. Heureusement, la tendance à collaborer s’installe doucement, notamment au Département d’oncologie du CHUV.
    3. 3. Etre honnête. Si vous suivez parallèlement un traitement «classique», il est important de le communiquer. Si vous vous taisez, vous risquez de vous voir prescrire une préparation contre-indiquée!
    4. 4. Considérer que votre cas est unique. «Le traitement d’aromathérapie qui a permis à Madame X de ne plus avoir de brûlures d’estomac ne fonctionnera pas forcément avec Madame Y, rappelle la présidente de l’APTN. Une partie de notre travail consiste à remonter à la cause du mal. Or les réponses diffèrent d’une personne à l’autre…»

     

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